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Le point de vue de Léonce Lebrun  

Le terrorisme

 

Immigration, insécurité, terrorisme, voilà le triptyque sécuritaire sociétal en vogue dans certaines Nations de l’Occident.  

Chaque composant de cet attelage, appelle un long développement, faisant  ressortir  pour les populations visées …  

…que  la mouvance  maghrébine est en pole position pour un rejet à base de rancœur vis à vis des peuples qui  se sont émancipés de la tutelle colonialiste.

Car après plus de 60 ans une certaine opinion a bien du mal à digérer   ce concept universel …

 

du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

 

Et donc l’islam est devenu  un excellent repoussoir  avec cette propagande dérisoire de rendre collectivement  responsable, des actes criminels isolés …

 

…, les musulmans qui aspirent à vivre en paix dans ce pays…

 

… à moins de démontrer qu’ils ne sont pas des citoyens à part entière.

 

Mais qu’est ce que le « terrorisme » qui a fait naître en un temps record un vocabulaire islamophobe insupportable depuis cette journée sanglante à Paris du 7 Janvier 2015.

 

Au cours de l’Histoire on a toujours confronté à des situations dangeuruses de guerre, isolées...

 

... Si nous remontons au Conflit mondial de 1939- 1945, les maquisards en France  avaient recours à tous les moyens pour contrarier la présence militaire  allemande...

 

...des actions considérées comme du terrorisme par l'Etat major du 3è Reich, dont les auteurs arrêtés par la Gestapo,(Police politique allemande à l'époque) les SS, et autres "collabos" français s’exposaient aux pires châtiments.

 

Mais après l’Armistice de 1945  ces hommes de l’ombre ont été considérés comme des héros.

 

Par ailleurs ,durant l’occupation de la Palestine par les Britanniques, le bras armé l’Irgoun de l’Organisation nationaliste hébraïqueHaganah, multiplia les opérations et autres missions de terreur...

 

...dont l’explosion de l’Hotel de David, le 22 Juillet 1946, logeant des familles militaires, faisant des centaines de tués et blessés.

 

Et  de nos jours l' Etat hébreu est bien mal placé pour accuser les résistants palestiniens de terrorisme.

 

Car l’Histoire choisit toujours son camp, terroriste aujourd’hui, héros demain.

 

Et donc, qu’on ait présent à l’esprit, que des Occidentaux sont sur le pied de guerre depuis 1945,  détruisant et destabilisant sans motif, des pays entiers Arack, Libye, Syrie …

 

…que demain et tôt où tard, la mouche ayant changé d'âne, les descendants de ces victimes innoentes d’hier, exigeront  des comptes aux nations de l'Occident, responsables…

 

…alors là, bonjour les dégâts, car voici venu le temps des commandos puissamment armés, avec des hommes obéissant aux ordres ,opérant sur des cibles déterminés...

 

...car la roue tourne toujours, ainsi va l'Histoire de notre Humanité...

 

… mais au fait ,devra- t-on les qualifier de "terroristes"…

Une Histoire de la Guyane 
 
Les premiers habitants de la Guyane ont été les Amérindiens appartenant aux familles de langues, tupi-guarani , les Emerillon et les Wayampi , arawak , les Arawak et les Palikour, caraïbe les Kalihna et les Wayana

 

 Avant l’arrivée des premiers Européens , XVIe et XVIIe siècles , on comptait environ 30 000 Amérindiens en Guyane , puis 25 000 au siècle suivant.

 

 Après 1885, la ruée vers l’or et les maladies ont eu pour effet de décimer ces populations qui ne comptaient au début du XXe siècle que 1500 survivants.

 

 Présentement, selon les estimations, leur nombre varierait entre 5000 et 9000 individus. Les Amérindiens vivent dans des zones protégées à l'accès strictement réglementé par la préfecture de Cayenne.
 
 
Sur le plan historico-politique, la Guyane , à l’exemple du Surinam et de Guyana, fait partie d’une bande de territoires nés dans une certaine marginalité puisque les Guyanes furent dédaignées, après la bulle papale de 1494, tant par les Portugais que les Espagnols.

 

 En effet, on sait qu’en 1494 le pape Alexandre VI avait contraint les Espagnols et les Portugais à signer le traité de Tordesillas  qui traçait les limites territoriales entre l'Espagne et le Portugal, tout ce qui serait découvert à l'ouest du méridien appartiendrait à l’Espagne et à l'est ,Brésil et Afrique, au Portugal.

 

 C’est pourquoi les Guyanes ont été plus tardivement colonisées mais par les Hollandais, les Anglais et les Français. Contrairement aux Portugais et aux Espagnols, les trois pays coloniaux n’y ont jamais pratiqué une politique de métissage triracial. C’est ce qui explique que les Amérindiens y ont reçu un héritage différent.
 
 
Une colonie aux débuts précaires
Vers 1498, Christophe Colomb passa devant la Guyane sans s’y arrêter. En janvier 1500, Vincent Pinson découvrit la région. Vers 1503, un groupe de colons français se serait installé dans l’île de Cayenne pendant quelques années.

 

 Sous le règne d’Henri IV , 1589-1610,  une première expédition ,1604, dirigée par le capitaine Daniel de la Rivardière fit connaître la colonie de la Guyane .

 

 En 1626, le cardinal de Richelieu autorisa la colonisation de la Guyane, mais la ville de Cayenne ne fut fondée qu’en 1637.
 
 
Deux nouvelles expéditions furent tentées afin de peupler la Guyane, l’une, en 1643, avec l’arrivée de 300 hommes , la Compagnie de Rouen,  et l’autre, en 1662, avec quelques 800 recrues , Compagnie des Douze Seigneurs,
 
 
 Ces expéditions ne donnèrent pas les résultats escomptés puisque, dès 1663, les Hollandais trouvèrent la place vacante et s’y installèrent.

 

 Les pluies diluviennes, la promiscuité, les mauvaises conditions d'hébergement, la famine, les épidémies , syphilis, fièvre jaune et paludisme, et les guerres avec les Amérindiens avaient décimé la population française.

 

 Dès lors, la Guyane gagna la réputation d'un pays terriblement malsain, dont le peuplement par des Européens était d'avance voué à l'échec, l'européen n'étant pas censé supporter le dur climat équatorial.
 
 
Quoi qu’il en soit, le duc de Choiseul décida en 1763 , alors que la Nouvelle-France était définitivement perdue, d’envoyer 15 000 Européens pour la colonisation officielle de la Guyane.

 

 Ce n’est d’ailleurs qu’à partir de cette époque que l’implantation française a pu se fixer durablement en Guyane.

 

Néanmoins, pendant des années, la Guyane fut ainsi occupée tantôt par les Hollandais tantôt par les Français. Puis les rivalités franco-anglaises firent passer la Guyane sous l’autorité de l'Angleterre qui, après s'être emparée du territoire, le céda en 1667 à la Hollande lors du traité de Breda.
 
 
Enfin, en 1677, l'amiral français d'Estrées reconquit, pour le compte de Louis XIV, le territoire de la Guyane.
 
 
L'Esclavage
La traite négrière et l'esclavage ont été pendant plusieurs siècles les moteurs de l'économie de la  Caraïbe et de l’Amérique du Sud. Au XVIe siècle, les colons espagnols avaient d’abord obligé les populations amérindiennes à travailler la terre.

 

 Ces populations indigènes n’ayant pas survécu aux dures conditions d'esclavage en raison des maladies et du travail harassant, les Espagnols commencèrent alors à importer des Africains dans les colonies parce qu'ils étaient réputés mieux supporter le travail forcé dans le climat éprouvant de la  Caraïbe et de l'Amérique équatoriale.

 

 La France, à l’exemple des autres puissances européennes, n’a pas fait exception et s’est mise aussi à l’esclavagisme.
 
 
En 1673, le roi Louis XIV autorisa la création de la Compagnie du Sénégal, qui devait conduire les  africains dans la Caraïbe et à la Guyane.

 

 Cependant, contrairement à la Hollande qui avait organisé la traite des Africains en faveur du Surinam , plus de 400 000 déportés jusqu’en 1823, année de la suppression de l’Esclavage. 

 

La France, par la Compagnie de la Guyane, préféra vendre ses cargaisons d'africains à Saint-Domingue , île d’Hispaniola, Haïti et République Dominicaine plutôt que de les envoyer en Guyane dont le développement économique semblait beaucoup moins important.

 

 De fait, plus de 700 000 esclaves furent déportés dans la Caraïbe entre 1673 et 1789, dont 600 000 juste à Saint-Domingue, les autres furent envoyés en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Christophe ,devenu aujourd’hui Saint-Kitt-et-Nevis .

 

 Au moment de la suppression de l’esclavage en juin 1848, la Guyane ne comptait que quelque 12 500 esclaves.

 

 Grâce à cette modeste main-d’oeuvre, la colonie effectua la prospection des forêts, l'établissement de plantations de sucre et l'exploitation du sous- sol.

 

 Quant aux efforts de colonisation française, ils se soldèrent par des échecs, la plupart des colons européens ayant trouvé la mort. C’est pourquoi les Africains déracinés constituèrent très vite la majorité de la population guyanaise.
 
 
Afin de protéger les esclaves des îles françaises et la Guyane, contre les excès de leurs maîtres, le ministre Colbert avait obtenu de Louis XIV une ordonnance , en 1685,  instaurant un régime précisant les devoirs des maîtres et des esclaves.

 

 Ce code, appelé le Code noir, restera en vigueur dans la Caraïbe  et en Guyane jusqu'en 1848 , date de l'abolition définitive de l'esclavage par la France, mais il fut rarement respecté.
 
 
Bien que ce code ne traitât pas des questions de langue, il dépouillait l’esclave de toute son identité.

 

 En effet, après le baptême catholique obligatoire, l'Africain devenait un esclave et changeait de nom, abandonnant ses habitudes vestimentaires et sa langue, puis était marqué au fer rouge et affecté au travail servile.
 
 
Dans l’incapacité ou l’impossibilité d’apprendre la langue du maître, les esclaves s’approprièrent néanmoins les mots de celui-ci en recourant à la grammaire africaine, qu’ils connaissaient.

 

 Du contact entre les maîtres dominants et les ethnies africaines dominées vont naître de nouvelles langues, les créoles.

 

 C’est donc à l’époque de l’Esclavage que se formèrent les différents créoles.
 
 
Le terme de créole possède deux étymologies, l'une portugaise -crioulo- l'autre, espagnole -criollo-, qui viennent du même mot latin criare, signifiant , nourrir,  ou plus précisément , serviteur nourri dans la maison, et servant à désigner l'enfant indo européen né et élevé dans les colonies européennes.
 
 
Puis, ce mot sera utilisé pour désigner également la population africaine et, par voie de conséquence, la langue de cette population.

 

 En Guyane, comme dans les anciennes colonies françaises , Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue, La Réunion, la base lexicale du créole s’est élaborée à partir du français.
Une colonie pénitentiaire
En 1794, la Convention de Paris vota un décret qui abolissait l'esclavage. À partir de cette année-là et jusqu'en 1805, la Guyane servit de lieu de déportation , bagne de Sinnamary, pour les opposants politiques aux différents régimes révolutionnaires qui se succédèrent en France.

 

 Cependant, en 1802, le rétablissement de l'esclavage par Bonaparte provoqua la fuite d'une partie de la population africaine de la Guyane, privant ainsi de main-d'œuvre l'économie locale.

 

En représailles à l'invasion française du Portugal menée par Napoléon, des troupes portugaises en provenance du Brésil voisin annexèrent la Guyane en janvier 1809.

 

 Le Portugal maintint sa souveraineté sur la Guyane jusqu'en 1814, date de son retour à la France, au lendemain de la première abdication de Napoléon.

 

 La colonie connut alors une période de stabilité et de développement économique grâce à l'esclavage dans les plantations agricoles.
 
 
Afin de renouveler la main-d’oeuvre, le prince Louis Napoléon futur Napoléon III décida, en 1852, de faire passer un certain nombre de condamnés en Guyane.
 
 Ce fut le début de l’établissement d’une colonie pénitentiaire avec les bagnes de Saint-Laurent-du-Maroni, de Saint-Jean-du-Maroni et des îles du Salût au nord de Kourou , dont l’île Royale, l’île Saint-Joseph et la célèbre île du Diable .
 
  Il avait été décidé, dans le but de peupler enfin la Guyane, que les bagnards, tant les hommes que les femmes, devaient rester sur le territoire une durée égale au nombre d'années d'emprisonnement effectuées.

 

 Dans l’intention des dirigeants, la colonie pénitentiaire permettait non seulement de soulager les coûteuses prisons françaises, mais également de contribuer au développement économique de la région puisque, à la fin de leur peine, les bagnards devaient rester en Guyane.
 
 
Mais la politique visant à accroître la population s’est encore avérée un échec lamentable bien que, entre 1852 et 1939, la Guyane devait accueillir plus de 70 000 condamnés aux travaux forcés , dont 2000 femmes qui, appelés transportés , déportés ou relégués , ont été expédiés de Saint-Martin-de-Ré , près de La Rochelle, vers la lointaine colonie pénitentiaire.
 
 
En juin 1855, un navire français, le trois-mâts Sigisbert-Cézard, fut en difficulté au large des côtes de la Guyane, avec 800 personnes à bord. Il fut dans l'obligation de débarquer des travailleurs tamouls destinés à la Guadeloupe. À Cayenne, ils furent répartis dans différentes plantations.

 

À partir de ce moment, des contrats furent conclus afin d'introduire en Guyane un millier de 1000 coolies tamouls par année. Malgré tous les soins prodigués en partance pour la Guyane, tous les encouragements d'ordre financier, l’immigration indienne connut un échec lamentable.

 

 En effet, entre 1855 et 1877, plus de 8400 Indiens tamouls des deux sexes furent introduits en Guyane. En 1885, le nombre total des rapatriés s’élevait à 1368 et il ne restait plus que 2931 coolies tamouls en Guyane.

 

 En vingt ans, la moitié soit 4621des Indiens immigrants étaient décédés. D'ailleurs, en raison de l’importance du taux de mortalité, le gouvernement de Madras la Présidence de Madras, -Madras Presidency- avait, en octobre 1876, interdit l’émigration indienne vers la Guyane.

 

 Cette décision des autorités britanniques fut bien accueillie par Victor Schoelcher qui déclara à ce sujet .
 
 
...Est-on vraiment bien venu à reprocher à l’Angleterre ses ruineuses tracasseries et à se plaindre qu’elle ait fini par interdire l’immigration de ses sujets Indiens vers une colonie qui s’inquiète si peu des diverses clauses de la convention qu’elle a souscrite pour les obtenir.
 
 
Puis les immigrants tamouls furent affectés dans les mines d’or, où ils furent décimés dans la plus totale indifférence des autorités coloniales françaises.

 

 Aujourd’hui, les rares descendants des survivants tamouls à la Guyane se sont fondus et assimilés dans l’ensemble de la population guyanaise.
 
 
Dans les années 1855, la découverte de gisements aurifères provoqua une ruée vers l'or et l'abandon du travail de la terre par les colons.

 

 De plus, près de 90 % des bagnards sont morts des suites du paludisme ou de la fièvre jaune. Durant tout le XIXe siècle, le taux de mortalité avoisinait les 40 % et l’espérance de vie n’était souvent que de quelques mois.

 

 Ce n'est qu'en 1938 que furent abolies dans le droit pénal français toutes les peines de travaux forcés. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1945.

 

 La colonie pénitentiaire fut définitivement fermée, mais non sans avoir provoqué au préalable un scandale à travers le monde en raison des excès et des horreurs vécus dans les bagnes de la région. Les derniers forçats regagnèrent la France en 1953.
 
 
Henri Charrière, dit Papillon , est resté le plus célèbre bagnard de la Guyane , en raison de ses multiples évasions, dont celle de 1933 et celle de 1941 qui lui a permis de recouvrer définitivement sa liberté.

 

 Charrière a rédigé le récit de ses aventures dans un livre à grand succès, Papillon , vendu à plusieurs millions d’exemplaires .

 

 Papillon n'a pas vécu le centième de ce qu'il a écrit, car il s'est prêté à lui-même les aventures d'autres nombreux bagnards. Néanmoins, il reste que son récit donne un aperçu condensé et assez réaliste de que pouvait être ce terrible bagne.

 

 S’il est vrai que le bagne, appelé la guillotine sèche ou la mangeuse d'hommes, a marqué à jamais la vie des Guyanais de l'époque et celle de leurs descendants.

 

 Il faut reconnaître que les aspects sordides de la colonie pénitentiaire et son vocabulaire, transportation, relégation, réclusion, déportation, doublage, quartier disciplinaire, tribunal maritime spécial, se sont estompés peu à peu dans les esprits.

 

 En effet, les anciens bagnes, surtout ceux des îles du Salût, sont devenus aujourd'hui des destinations touristiques incontournables.
 
 
Le dynamisme économique et démographique
La Guyane ne connut un certain dynamisme économique qu’à partir de 1885, lors de la ruée vers l’or. Ce sont les chantiers d’orpaillage qui attirèrent des immigrants originaires de la  Caraïbe, notamment de Sainte-Lucie. À la fin du XIXe siècle, arrivèrent aussi des Chinois  de Formose, de Singapour et de la Chine et des Libanais.

 

 En Martinique, suite à l’éruption de la Montagne Pelée le 8 mai 1902, qui avait détruit la ville de Saint-Pierre et causé la mort de 28 000 habitants en quelques minutes, une vague d’émigration survint et la Guyane  devint la principale destination des réfugiés.

 

 C'est pour cette raison que l'on trouve une si forte colonie martiniquaise en Guyane , particulièrement aux environs de Saint-Laurent-du-Maroni et à Rémire-Montjoly près de Cayenne.

 

 
Plus récemment , dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix , des milliers d’Haïtiens et des réfugiés asiatiques ,Hmongs, se sont implantés en Guyane, près de Cayenne.

 

 Bref, l’arrivée clandestine , au moins 30 000 sans-papiers, des populations d’Haïti et des pays voisins, surtout le Brésil, le Surinam, le Guyana et la République Dominicaine, constitue le mouvement migratoire le plus important en Guyane .
 
 
Une collectivité territoriale
En 1946, près de 100 ans après la recommandation de Victor Schoelcher, la Guyane devient un département  d'outre-mer ,  à l’instar de la Martinique et de la Guadeloupe, mais aussi de l’île de la Réunion dans l’océan Indien.

 

 Le Centre spatial guyanais , CSG , créé en 1964, a contribué à dynamiser l'économie de ce département en devenant un centre mondial de la technologie spatiale , le lancement des fusées Ariane.

 

 Le secteur spatial représenterait maintenant 50 % de l'activité économique totale de la Guyane. Même s’il fournit 27 % des emplois, 41 % des impôts locaux d'entreprise et absorbe 59 % des importations.

 

 Les effets d'entraînement semblent relativement faibles au sein de la population, car cette activité, d’ailleurs très particulière et très technique, demeure une chasse gardée des Européens.

 

Cela dit , la Guyane  revendique maintenant un nouveau statut constitutionnel qui devra être approuvée par un référendum local.

 

 Après le processus de Matignon commencé par le premier ministre français pour ramener le calme sur la Corse, voici celui d’Oudinot destiné à contrecarrer les volontés indépendantistes à Cayenne. Bref, après la Corse, la Guyane .

 

 Aux mêmes maux les mêmes remèdes, le gouvernement français devrait accorder à la région davantage d’autonomie.

 

 L’aboutissement de ce processus d’évolution institutionnelle, qui nécessiterait probablement une révision de la Constitution française, semble pour le moment en état de dormance. 
 
 
Le 10 janvier 2010, eut lieu une consultation sur le statut de la Guyane. Il s'agissait de savoir si les Guyanais désiraient que leur DROM devienne une collectivité d'outre-mer dotée d'une autonomie élargie, comme le prévoit l'article 74 de la Constitution.

 

 La question était celle-ci, -Approuvez-vous la transformation de la Guyane en une collectivité d'outre-mer régie par l'article 74 de la Constitution, dotée d'une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République-
En cas de victoire du oui, la nouvelle collectivité aurait pu disposer de moyens supplémentaires conférés par cette autonomie, afin de réglementer en faveur de ses intérêts propres, en dehors des pouvoirs régaliens de l'État.

 

 Mais les électeurs ont répondu non dans une proportion de 69,8 %, rejetant ainsi la transformation du DROM en collectivité d'outre-mer.
 
 
Dans le cas d'une victoire du non au référendum du 10 janvier 2010, un second référendum devait avoir lieu le 24 janvier 2010 sur l'article 73 , régime actuel proposant en sus la fusion du département et de la région en une collectivité unique d'outre-mer.

 

 Cette fois, la question était la suivante -Approuvez-vous la création en Guyane ou en Martinique d'une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région tout en demeurant régie par l'article 73 de la Constitution- Le gouvernement français avait précisé le sens du référendum du 24 janvier,

 

Les Guyanais ont répondu oui dans une proportion de 57,4 %.
 
 Il convient de souligner le très faible taux de participation , 27,4 % en Guyane et 35,8 % en Martinique.

 

 L'enjeu consistait, d'une part, à démontrer aux indo-européens qu'ils avaient intérêt à rester un département , eux qui ont toujours été choyés par la France et qui ne sont certainement pas disposés à laisser leurs terres et leur profits aux mains de l'économie guyanaise.

 

 Il s'agissait, d'autre part, de faire suffisamment peur aux autres Guyanais qu'ils pouvaient perdre leurs acquis sociaux et que l'aventure était incertaine.

 

 Comme la question posée aux électeurs de la Guyane était celle du degré d’autonomie et de responsabilités, la question l’indépendance ne s'appliquait pas, ni aucune question d'ordre linguistique.

 

Quoi qu'il en soit, les indépendantistes ont une audience plutôt faible, car les véritables préoccupations actuelles concernent surtout l'immigration irrégulière phénoménale, estimée aujourd'hui à 50 000 à 70 000 personnes pour une population régulière estimée à près de 190 000 habitants.

 

 Cette immigration entraîne une insécurité grandissante, mal traitée par une justice encore plus sous-équipée qu'en France

 

Par exemple, le tribunal de Cayenne traite autant d'affaires que celui de Toulouse avec quatre fois moins de personnel. L'autre problème majeur est celui de la santé.

 

 Il y a en Guyane  une trentaine de médecins généralistes par 100 000 habitants, quand la moyenne nationale française est de 140 pour 100 000. Alors, la réforme constitutionnelle n'est pas encore pour demain.

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