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 Le blog de Léonce Lebrun

Dans aucun pays du Monde il n’y a un tel vocabulaire de marginalisation des minorités, qu’elles soient politiques ou sociétales, en vertu des diktats de la "Démocratie" qui impose la loi d'une majorité, certes légale, mais non légitime, d’un point de vue morale, car elle peut être idiote, obtenue sous le coût d’un enfumage  bien rodé, destiné aux naïfs d’un Système à bout de souffle…

... Et vous avez : communautarisme, diversité, populisme, islamisme radical,  radicalisation et le dernier né, terrorisme, dont le Pouvoir exploite politiquement les conséquences, avec le concours de médias affidés, tout  en  niant délibérément les causes, par exemple la destruction de l’Etat libyen….

Toussaint Louverture, 1743-1803

 

Toussaint Louverture  né François-Dominique Toussaint le 20 mai 1743 dans une habitation près de Cap-Français , mort le 7 avril 1803 au Fort de Joux, à La Cluse-et-Mijoux en France est le plus grand dirigeant de la Révolution haïtienne, devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue , le nom d'Haïti à l'époque.

Il est reconnu pour avoir été le premier leader d'origine africaine à avoir vaincu les forces d'un empire colonial européen dans son propre pays. Né esclave, s'étant démarqué en armes et ayant mené une lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens, il est devenu une figure historique d'importance dans le mouvement d'émancipation des africains en Amérique.

Origine et jeunesse

Son grand-père, Gaou-Guinou, serait un Africain né au Dahomey , actuel Bénin, issu d'une famille royale d'Allada. Déporté à Saint-Domingue, son père Hippolyte Gaou est vendu comme esclave au gérant de l'habitation du Comte de Bréda, dans la province du Nord, près du Cap- Français.

Dans la plantation de ce domaine naît Toussaint, recevant alors le nom de son propriétaire, Bréda, selon l'usage.

Son maître, M. Baillon de Libertat, relativement humain, encourage Toussaint à apprendre à lire et à écrire, et en fait son cocher, puis le commandeur , c’est-à-dire le contremaître de l'habitation.

Toussaint, malgré une petite taille et une laideur qui lui vaut le surnom de Fatras-Bâton, gagne une réputation d'excellent cavalier et de docteur feuille, maîtrisant la médecine par les plantes. Il épouse une femme libre du prénom de Suzanne dont il a deux fils , Isaac et Saint-Jean.

Il adopte aussi un premier fils de Suzanne, le métis, Placide, et a une nombreuse descendance illégitime. Il est affranchi en 1776, à l'âge de 33 ans. Selon les archives coloniales, il loue une ferme de café d'une demi quinzaine d'hectares avec treize esclaves.

Le révolté allié à l'Espagne

La Révolution française provoque d'énormes répercussions dans l'île. Dans un premier temps, les riches propriétaires européens, administrateurs et aristocrates locaux, envisagent l'indépendance, les petits  ,paysans, artisans et employés, revendiquent l'égalité avec les premiers et les africains libres.

En août 1791, les esclaves de la plaine du Nord se révoltent suite à la cérémonie de Bois-Caïman. Toussaint Bréda devient aide-de-camp de Georges Biassou, commandant des esclaves qui, réfugiés dans la partie orientale de l'île, s'allient en 1793 aux Espagnols, qui l'occupent pour renverser les Français esclavagistes.

Toussaint est initié à l'art de la guerre par les militaires espagnols. À la tête d'une troupe de plus de trois mille hommes, il remporte en quelques mois plusieurs victoires. On le surnomme dès lors Louverture. Il devient général des armées du roi d'Espagne.

Le 29 août 1793, Toussaint lance sa proclamation où il se présente comme le leader d'origine africaine frères et amis. Je suis Toussaint Louverture , mon nom s'est peut-être fait connaître jusqu'à vous.

J'ai entrepris la vengeance de ma race. je veux que la liberté et l'égalité règnent à Saint-Domingue. Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l'arbre de l'esclavage. 

Votre très humble et très obéissant serviteur, Toussaint Louverture, Général des armées du roi, pour le bien public.


Mais il excite la jalousie de ses chefs, Jean-François et Biassou, qui fomentent un complot auquel il échappe, mais où il perd son jeune frère Jean-Pierre. Le peu d'attention que lui montrent les Espagnols achève de le convaincre que ceux-ci ne vont pas abolir l'esclavage.

La situation est différente avec les autorités françaises. Les commissaires de la République française, Léger-Félicité Sonthonax et Etienne Polverel, sont en effet arrivés à Saint-Domingue en septembre 1792 pour garantir les droits des gens de couleur.

L'île est envahie par la marine britannique et les troupes espagnoles, auxquelles se sont ralliés de nombreux européens royalistes.

Le 29 août 1793, le même jour que la proclamation de Toussaint, Sonthonax émancipe l'ensemble des esclaves, pour que ceux- ci se joignent à la Révolution. Le 16 pluviôse an II , 4 février 1794 , la Convention ratifie cette décision en abolissant l'esclavage dans tous les territoires de la République française.

Le général de la République

Par l'intermédiaire du général en chef Étienne Laveaux, les commissaires tentent de convaincre Toussaint de rejoindre la République. Ce n'est que le 5 mai 1794, que Toussaint effectue une volte-face.

L'armée sous son commandement, qui compte des soldats africains, mulâtres et même quelques européens , défait en quinze jours ses anciens alliés espagnols et enlève une dizaine de villes.

En un an, il refoule les Espagnols à la frontière orientale de l'île, et bat les troupes de ses anciens chefs qui leur sont restés fidèles. En juillet 1795, la Convention l'élève au grade de général de brigade.

En mars 1796, il sauve Laveaux, malmené pour sa rigueur lors d'une révolte de mulâtres au Cap Français. En récompense, celui-ci le nomme lieutenant général de la colonie de Saint-Domingue.

Le Directoire l'élève au grade de général de division en août 1796. Cependant, le flot des réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique grossit.

La marche vers le pouvoir absolu

Son talent n'est pas seulement militaire. Partout où il passe, il confirme l'émancipation des esclaves.

Il organise la remise en marche des plantations en invitant les colons à revenir, y compris ceux qui ont combattu contre la République, et ce, malgré l'avis des représentants de l'autorité française.

La lutte contre les Britanniques est plus difficile. Toussaint ne peut les déloger du Nord et de l'Ouest. Au Sud, le général mulâtre André Rigaud les contient courageusement, mais sans les repousser.

Le retour de Sonthonax comme commissaire civil en mai 1796 constitue une ombre à l'ambition de Toussaint de diriger seul.

Il réussit en septembre 1796 à faire élire Lavaux et Sonthonax comme députés auprès du Directoire afin des les renvoyer en métropole , le premier dès octobre, le second en août 1797.

Pour rassurer la France, il envoie ses deux fils aînés, Isaac et Placide, étudier à Paris à l'École de Liancourt  rebaptisée , Institut des colonies  sous la direction de l'abbé Coisnon.

Grâce aux armes arrivées avec la commission de 1796, Toussaint dispose d'une armée de 51 000 hommes ,dont 3 000 blancs.  Il reprend la lutte contre les Britanniques, et connaît quelques succès, mais pas décisifs. Fatigués d'une telle résistance, les Britanniques se décident à négocier.

Toussaint sait écarter des négociations le dernier commissaire civil Julien Raimond, comme le dernier général en chef Hédouville, arrivé en mars 1798. Le 31 août 1798, les Britanniques abandonnent Saint-Domingue.


Pour se débarrasser d'Hédouville, Toussaint alerte les noirs du Nord. Le général ayant ordonné le désarmement des noirs, ceux-ci se révoltent le 16 octobre 1798, obligeant Hédouville à rembarquer précipitamment pour la métropole avec de nombreux européens.

Délivré de tout contrôle, Toussaint se tourne contre son rival, le chef des mulâtres Rigaud. Profitant d'un incident, il le provoque. Rigaud engage les hostilités en juin 1799. Toussaint, secondé par Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe vainc les troupes de son adversaire en un an au prix d'un bain de sang.

Décidé à remettre l'économie sur pieds, Toussaint publie le 12 octobre 1800 un règlement reconduisant le travail forcé des noirs sur les plantations tel qu'il a été organisé par Sonthonax, Laveaux et Hédouville.

Cela provoque de nombreux mécontentements. À la fin octobre 1801, les noirs du Nord se révoltent, allant jusqu'à égorger les européens.

En quelques jours, Toussaint disperse les révoltés et fait fusiller treize meneurs, dont son propre neveu, le général Moïse. Pour rallier les européens à sa cause, il rappelle les émigrés et proclame le catholicisme religion officielle.

On peut véritablement douter de la sincérité de Toussaint Louverture lorsqu'il proclamait vouloir la fin de l'esclavage ,lui-même fut maître d'esclaves.

Ainsi, s'il rétablit l'esclavage en 1800 , c'est bien ce que signifie -travail forcé des noirs- ce n'est peut-être pas seulement par nécessité économique, mais peut-être aussi par idéologie ou/et par intérêt personnel.

Il est d'autant plus légitime de douter de sa sincérité que Toussaint est la figure parfaite du traite ,ce retournement vis à vis de l'esclavage n'est-il pas semblable au retournement militaire contre les espagnols que Toussaint a trahis en 1794 . Toussaint Louverture ou Toussaint le Traitre.

Il y a fort à parier que tous ces retournements furent le fruit de stratégies préméditées. Nous pouvons donc au moins reconnaître à Toussaint une qualité , son intelligence maligne.


Voir en ces trahisons et retournements des stratégies est d'autant plus justifié que le but ultime de Toussaint semble finalement être la possession du pouvoir  et d'un pouvoir absolu.

En ces conditions, l'on peut douter que ces déclarations contre l'esclavage découlait uniquement d'un altruisme humaniste et il n'y en avait probablement même pas l'ombre.


Ainsi, s'il conquiert la partie espagnole de l'île ,partie est en janvier 1801 afin d'unifier l'île, c'est pour avoir l'île entière sous sa domination personnelle.
Le 9 mai 1801 il proclame une constitution autonomiste qui lui donne les pleins pouvoirs à vie.

La fin de l'aventure

Malgré les proclamations de loyauté de Toussaint Louverture, Bonaparte s'inquiète du risque de perdre une colonie rentable, et cède aux arguments des grands propriétaires et des négociants qui veulent rétablir l'esclavage.

Il décide alors d'envoyer son beau-frère, le général Leclerc, reprendre le contrôle de l'île à la tête d'une troupe de 30 000 hommes.

Le 20 janvier 1802, l'expédition de Saint-Domingue débarque sur l'île et se porte à l'assaut des partisans de Toussaint Louverture

. Malgré quelques succès, le combat devient rapidement inégal et certains de ses officiers décident de rallier le camp des Français.

Le 7 mai 1802, Louverture signe à Cap-Haïtien avec les Français un traité qui stipule notamment que l'Esclavage ne sera pas rétabli sur l'île. Il se retire alors dans son domaine d'Ennery.

Trois semaines plus tard, sur une dénonciation de Dessalines, Leclerc arrête Toussaint Louverture, soupçonné de complot et de rébellion, ainsi que sa famille. Le vaisseau le Héros les conduit alors en France.

Le 25 août 1802, Toussaint est emprisonné au Fort de Joux, dans le Doubs, où il sera maintenu isolé et soumis à des interrogatoires répétés. Il y mourra d'une pneumonie le 7 avril 1803. Sa famille fut exilée à Bayonne, puis à Agen.

Certains de ses partisans jugés comme dangereux ou susceptibles de créer de l'agitation sont envoyés en France.

Ceux qui ne sont pas assignés à résidence sont emprisonnés, notamment en Corse. Ils constituent plus tard une partie des hommes et officiers du Bataillon des Pionniers africains.

Malgré l'exil de Louverture, la révolte continue sous les ordres de Dessalines et les Français ,menés par le général Donatien de Rochambeau,  doivent évacuer Cap Français en novembre 1803 après la bataille de Vertières. Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804.

Toussaint Louverture n'est pas mort d'une pneumonie. Il est mort en prison au château de Joux dans le Jura suite à des infections dentaires.

Comme le veut la loi française, tous les prisonniers morts en captivité doivent être autopsiés, lors de son autopsie, les médecins Français découvrent les raisons de la mort de Toussaint Louverture, dans des souffrances atroces.

Le cerveau de Toussaint Louverture baigne dans du pus dont l'origine est due à des infections dentaires multiples.

Lors de la visite du château de Joux et de la cellule de Toussaint Louverture, on explique que l'odeur qui s'échappa de la boîte crânienne de Toussaint Louverture était tellement forte qu'elle imprégna les murs de sa cellule pour de nombreuses années.

Bibliographie

Jacques de Cauna, Toussaint Louverture et l'indépendance d'Haïti, SFHOM et Karthala, 2004 Jean Métellus, Toussaint Louverture, pièce de théâtre, Hatier, 2003

Jean Métellus, Toussaint Louverture, le précurseur, Roman, Le Temps des Cerises, 2004

Pierre Pluchon, Toussaint Louverture , Fayard, Paris, 1989.

Aimé Césaire, Toussaint Louverture , essai  Club Français du Livre, Paris, 1960 , réédité par Présence Africaine en 1962.

Victor Schoelcher, Vie de Toussaint Louverture, Karthala, Collection Relire, 1982

Alain Foix, Toussaint Louverture, Gallimard, Folio Biographies, 2007

Hommages de la Rochelle

Jean Jacques Dessalines

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