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 Le blog de Léonce Lebrun

Dans aucun pays du Monde il n’y a un tel vocabulaire de marginalisation des minorités, qu’elles soient politiques ou sociétales, en vertu des diktats de la "Démocratie" qui impose la loi d'une majorité, certes légale, mais non légitime, d’un point de vue morale, car elle peut être idiote, obtenue sous le coût d’un enfumage  bien rodé, destiné aux naïfs d’un Système à bout de souffle…

... Et vous avez : communautarisme, diversité, populisme, islamisme radical,  radicalisation et le dernier né, terrorisme, dont le Pouvoir exploite politiquement les conséquences, avec le concours de médias affidés, tout  en  niant délibérément les causes, par exemple la destruction de l’Etat libyen….

Fenêtre de tir -2-

 

 

Fenêtre de tir…toute personne a sa chance, la deuxième, voir même une dernière, de reconsidérer son destin, sa trajectoire de vie, c’est la version individuelle…

 

Il en de même pour une communauté, une nation, un peuple, et l’on se place dans le domaine collectif, qui est l’objet de cet éditorial…

 

Précisément en cette année du 100è anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire, nous peuples de la Caraïbe, Martiniquais, Guadeloupéens, avions une fantastique fenêtre de tir pour remodeler l’avenir politique de nos territoires.

 

Car il ne suffit pas de commémorer pour la forme , mais de mettre un contenu dans le rappel de la vie du célèbre écrivain-militant en l’espèce Césaire Aimé, dont la combat politique a porté sur un certain respect de sa race, une  dimension planétaire pour l’Afrique et surtout  un virage institutionnel concernant la Martinique, par la voie de l’autonomie interne, avec la création en 1956, du parti progressiste martiniquais, le PPM… une formation qui n'a du reste jamais dépassé la zone de la Capitale en terme d'adhésion ou d'influence populaire. 

 

 Et c'est au regard ce dernier scénario qu’apparaissent toutes les contradictions,  les incohérences, dégageant un certain malaise au sein de la société martiniquaise, au même titre que celle de la Guadeloupe et la Guyane, ces mêmes  problématiques que l'on observe dans les mouvances de la diaspora caribéenne en Europe, mais c'est un autre débat bien entendu...

 

C’est un fait historique qu’Aimé Césaire a été l’un des acteurs du vote de la loi du 19 Mars 1946, faisant de la Guyane, la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe, des départements dits d’Outre Mer, avec l’espoir pour nos parlementaires de l’époque de voir instaurer pour les habitants de ces territoires, une égalité de traitement dans tous les domaines, notamment la couverture sociale, mais avec le temps et la pratique sur le terrain, ils déchantèrent.

 

Et il s’avère qu’Aimé Césaire n’a jamais été un départementaliste affectif, sans devenir pour autant  un chef de guerre, ça se saurait, seulement en revisitant l’Histoire, il a dû se raviser face à une situation politique désespérée, une société  bloquée, sans issu, mais sans se renier, demeurant  sur sa terre natale jusqu’à la fin de son  existence, alors que Frantz Fanon brillant  psychiatre, écrivain-militant, d'origine martiniquaise, étant arrivé sans doute à la  même conclusion , a franchi le Rubicon se mettant au service de la lutte du peuple algérien pour son indépendance.

 

Mais nos hommes politiques actuels, dont certains se déclarent autonomistes..., indépendantistes..., ont –ils retenu la pensée d’Aimé Césaire, à mon humble avis nous y sommes loin..

 

Effectivement, en ces journées des 20 et 21 Juin 2013 à Fort de France (Martinique) c’est l’effervescence devant Conseil général, avec la réunion du Congrès, une spécificité martiniquaise, réunissant les membres du Conseil Général et Régional…

 

Bien que connaissant l’ordre du jour, et les objectifs de ce Congrès qui va à Canossa pour quémander de l’habilitation et une extension de compétences octroyées par  la bienveillance Paris (France) je veux connaître le sentiment de l'homme de la rue en interpellant un honorable passant...

 

… «Dites Monsieur, pourquoi tout ce hotu bohu devant le siège du Conseil général » et je fus servi...

 

…Ou paka viv ici missié ya, cés mounes ta la ka fai nous chié, tout la jouné en lo dien dien pou a hien, yo ka volé l’agent pays ya…

 

 

Sans commentaire avec la traduction…

 

…Vous ne vivez pas  à la Martinique Monsieur, ces personnes nous emmerdent toute la journée avec leurs comédies qui ne mènent à rien, ils volent l’argent du pays…

 

A vrai dire en tant qu’observateur averti, il m'est difficile d’abonder en ce sens, mais c’est une opinion comme une autre qui ne fait pas honneur aux élus du pays..

 

Car en ces périodes de commémoration et de souvenir tous azimuts, nous  eûmes, partisans d'une Nouvelle Caraïbe, apprécié un remake du Serment actualisé du jeu de paume (20 Juin 1789) un temps fort  de ce prologue de la Révolution, qui présageait  le glas de la monarchie absolue dans ce royaume d’antan, conduisant fatalement Louis le XVIe et son épouse Marie-Antoinette là où vous savez, en ce 21 Janvier 1793... et 16 Octobre 1793...

 

Oui, une déclaration forte du genre...

 

Peuple de la Martinique, par votre volonté nous sommes réunis dans cette enceinte, et en ce jour nous proclamons sonnanellement avec vous, l’autonomie pleine entière de ce territoire, notre Patrie...

 

 

 ...Nous siègerons sans défaillance, jusqu’à ce que le Gouvernement de Paris accède à notre légitime revendication, au nom du droit des peuples à disposer d’eux mêmes...

 

Mais il ne faut pas rêver, car les hommes sont de moins en moins courageux depuis l’invention de la poudre à canon, et puis ces honorables élus, attendent avec patience la mise en place de ce serpent de mer, du nom d'Assemblée unique oubliant au passage l'adage de Fanon...le droit, ça s'arrache...

 

 Voilà une fenêtre de tir évaporée, ce n’est ni la première, ni la dernière, car en terre caribéenne nous y sommes tristement coutumiers.

 

Et si vous le voulez bien, nous revisiterons l’Histoire prochainement pour mieux comprendre ces déconvenues avec le dernier volet de fenêtre de tir  ( Fenêtre de tir acte 3, ou -le big bang cérébral-... page d'accueil)  

 Léonce Lebrun

 

Et voilà que le Pouvoir aux abois, décide de faire droit à une requête dérisoire présentée par un lobby sans intérêt en supprimant dans une démarche électoraliste, le mot  Race   expressément inscrit dans l’article premier de la Constitution du 27 Septembre 1958 et pourquoi pas Religion…

Oui mais que deviennent les expressions populaires…Jaune, Noir, Rouge, Blanc , gens de couleur, directement rattachées au vocable« Race »

Au fait les membres de ce lobby s’engagent-ils à ne pas utiliser dans leurs échanges ces mots humiliants et colonialistes que sont…Métropole, métropolitain (ne) Antilles, antillais (se) , ultramarin, hexagone domiens etc, signifiant que nous sommes incapable d’ assumer notre destin en toute liberté…

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