MOI2

 Le point de vue de Léonce Lebrun  

 

La bombe atomique

 

Depuis Adam et Eves Caên et Abel, donc la nuit des temps ,les hommes n’ont pas cessé de se battre en perfectionnant leur instrument de combat, pour débouher... 

...depuis le 20è sièle sur ce redoutable outil de destruction massive qu’est la  bombe atomique...

 

...,q’Albert Einstein et Robert Oppenheimerdeux éminents physiciens, se retounent dans leur tombe en contatant l’énorme  chienlit mondiale qu’a povoqué « l’appropriation monopolistique » de cette haute technologie

 

En effet, comme suite aux bombardements  des villes du Japon en Aout 1945 par les forces américaines, ce qui stratégiquement n’était pas nécessaire, tenant compte à cette période de l’état de faiblesse des armées nippones. qui sans doute étaient en voie de capituler...

 

.., nous avons assisté à un déferlement de propos indigestes, de mensonges et de gigantesques manipulations des opinions publiques …

 

… qui aura la plus « grande gueule » entre Américains, Français  à un degré moindre, Britaniques, pour intimider des ennemis potentiels supposés…Russes  Chinois et autres  partenaires de faiblesse

 

Bizarre, mais c’est ainsi quele Conseil de Sécuité de l’ONU  est composé notamment de 5 membres titulaires atomistes, avec droit de véto …

 

...les USA,  la République Populaire de Chine,  la France, la Fédération de Russie et la Grande Bretagne...

 

... que dans ce bassin de requins, d’autres Nations tombent dans l’eau, pour ne pas se laisser dévorer diplomatiquement...

 

...c’est le cas de l’Inde, du Pakistan, de la Corée du Nord, placés sous la surveillance subjectve de l’AIEAl’Agence internationale de l’Energie Atomiqueentièrement dévouée à la machine de domination occidentale...

 

...A ne pas oublier surtout l’Iran et l’Etat Hébreu, par  qui passent toutes les crises internationales  actuelles…

 

…avec une mention spéciale pour Israêl, bien  pourvu en ogives nucléaires non comptablisés officiellement, pratiquant une politique colonialiste et impéraialiste impitoyable au Proche -Orient en partiulier contre le peuple palestinien…

 

…mais qui joue à la grande victime du siècle, avec la  complicité de la France (auteur historique de la dissuasion nucléaire) et les Etats Unis pour empêcher l’Iran de disposer de l’arme atomique…

 

…une stratégie, un jeu dangéreux, stupide et mesquin, car en cas de conflit généralisé aucune Nation n’aura recours à l’arme atomique...

 

...qui est donc une dépense inutile, dont les sommes disponibles auraient servi à d'autres priorités du quotidien...

 

...mais quelle horreur, vous n'y pensez pas mon bon Monsieur, car dans un régime de monarchie républicaine, le monarque virtuel a besoin de cet instrument de prestige...

 

...pour justifier de sa verticalité vis à vis de son peuple...

 

... soit, mais Américains et Européens ne feront pas le poids face à la puissance de la machine de guerre russe et  chinoise…

 

...Alors que les Occidentaux cessent de manipuler leurs opinions respectives, avant que ne rentre tôt ou tard dans ce bal des maudits...

 

...un mastodonde non désiré mais redoutable de notre Monde

 

…et gare à l’armaggédone

 

Une Histoire de la Martinique

 

Le peuplement de la Martinique est récent. Son histoire, tout comme l'histoire de la Guadeloupe et l'histoire de la Jamaïque se caractérise à partir des années 1670 par l'immigration massive d' africains, qui a marqué dès 1640 l'histoire de la Barbade puis vers 1700 l'histoire de Saint- Domingue.

 les guerres d’influence entre empires coloniaux européens, l’évolution des activités agricoles, l’éruption de la Montagne Pelée de 1902 et les calamités climatiques, puis des revendications indépendantistes modernes.

Les premiers peuplements de la Martinique

Les premiers amérindiens, ont été archéologiquement attestés du Ier siècle. Aucune donnée fiable ne permet d'en faire remonter le peuplement à une période plus ancienne.

Les premiers habitants sont de culture saladoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Saladero. Ils viennent de la forêt amazonienne.

Le nom d'arawaks qui leur est donné désigne plus largement une famille linguistique à laquelle se rattachent de nombreuses populations amérindiennes d'Amazonie dont les populations Kalina ou caraïbe.

Cette population produisait une céramique extrêmement décorée. Elle a occupé surtout les contreforts de la Montagne Pelée. Il s'agit d'une population pratiquant l'agriculture et la pêche-cueillette.

Le site archéologique de Vivé, sur la commune du Lorrain, illustre parfaitement cette première occupation. Ce site d'habitat sur le bord de mer a fait l'objet de fouilles entre 1996 et 2001.

Le niveau d'occupation saladoïde est scellé par une couche éruptive de la Pelée datée du troisième siècle de l'ère chrétienne. La campagne de 1999 a fait apparaître une couche d'abandon en place recouverte par la cendre d'une éruption du volcan.

Les populations les plus récentes semblent par contre s'installer préférentiellement dans la zone sud de la Martinique.

Dans leur phase la plus récente, elles se rattachent à la culture suazoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Suazeï, et ont été pendant longtemps désignées sous l'appellation de -caraïbe-

Le site archéologique de la plage de l'Anse Trabaud, sur le littoral atlantique de la commune de Sainte-Anne, qui a été en partie fouillé par Louis Allaire, archéologue canadien, est un site de cette période finale, peut-être pratiquement contemporain de l'arrivée des premiers européens dans la Caraïbe . Le site de la plage de Dizac au Diamant est lui daté du IXe siècle.

Ces populations ne sont pas des populations radicalement différentes des populations saladoïdes, comme on a souvent voulu le faire croire en suivant de trop près le témoignage de chroniqueurs, premiers auteurs d'écrits sur les nouveaux territoires de l'Amérique.

Ces chroniqueurs, souvent religieux, sont notre seule source écrite sur les premiers temps de la colonisation, les populations amérindiennes de la Caraïbe ne possédant pas d'écriture.

Pour l'instant, on ne possède que peu de données sur les populations ayant occupé l'île entre le site de Vivé , vers 300, et l'occupation du Diamant vers 800.

La connaissance du néolithique caribéen est encore très lacunaire, les études et les fouilles répondant aux critères modernes étant encore rares. Cependant, une thèse de doctorat a été soutenue en 2003 sur les premières occupations amérindiennes de la Martinique.

Caraïbes et Arawaks

Il était, jusqu'à très récemment, couramment admis que les Arawaks avaient été exterminés par les Caraïbes. Cependant, il semble que cette affirmation ne soit plus aussi nettement acceptée.

Histoire

Les débuts de la colonisation

Christophe Colomb découvre la Martinique le 15 juin 1502, au cours de son quatrième voyage vers les Indes. Des versions contradictoires attribuent la paternité du nom à Christophe Colomb, au cours de son deuxième voyage, en 1493.

Celui-ci aurait aperçu de loin seulement les fleurs de l'île le 11 novembre 1493, jour de la Saint-Martin ,de ce fait, il lui aurait donné le nom de Martinica, ou Madinina -Ile aux fleurs-. Il n'y débarqua finalement que neuf ans plus tard, lors de son quatrième voyage dans la région.

C'est en 1635, que Pierre Belain d'Esnambuc y installe la première colonie -Saint-Pierre-, pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des Îles de l'Amérique.

Entre le quatrième voyage de Colomb et la prise de possession par les Français, la Martinique ne reste cependant pas sans contact avec les Européens.

Si les Espagnols délaissent ces îles qu'ils jugent trop petites et peuplées d'Indiens dangereux, les Hollandais, les Français et les Anglais y font souvent relâche pour faire aiguade -ravitaillement en eau-, s'approvisionner en vivres, et commercer avec les Amérindiens.

Les premiers établissements français en Martinique sont Le Fort Saint-Pierre actuelle ville de Saint-Pierre fondé par d'Esnambuc, et la ville du Fort- Royal actuellement Fort-de-France fondée par les Gouverneurs De Baas et Blenac.

La Guerre de 1658 contre les caraïbes, menée par plus de 600 hommes avec la bénédiction des prêtres de l'île va jouer un rôle important dans les progrès de la colonisation  et se traduire par l'installation de colons plus à l'est, comme Pierre Dubuc de Rivery, qui fonde une dynastie de planteurs de sucre.

L’essor économique

Durant les premières décennies de l'occupation française, l'île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits ,  tabac , petun , roucou, indigo, cacao, le tabac de la Martinique étant alors très apprécié.

La crise du tabac de la seconde moitié du XVIIe siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre.

La monoculture de la canne à sucre va bientôt modeler le paysage et devenir partie intégrante de la culture créole. Elle dominera l'économie du pays jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle.

La culture de la canne à sucre telle qu'elle est pratiquée dans l'habitation sucrière demande une importante main-d'œuvre que la métropole n'est pas susceptible de fournir.

 Si la culture du tabac ou de l'indigo avait pu se faire avec les engagés, la traite négrière provenant des côtes de l'Afrique est avancée comme unique solution susceptible de fournir les effectifs nécessaires à la culture de la canne à sucre.

Les engagés venaient sous contrat avec un planteur pour une durée de trois ans d'où leur surnom de -trente-six mois-. Le planteur couvrait les frais du voyage et exigeait ensuite de l'engagé un travail semblable à celui de la main d'œuvre servile.

Mais, à la différence de l'esclave, s'il réussissait à survivre aux terribles conditions de vie et de travail qui lui étaient imposées, l'engagé recouvrait sa liberté à l'issue des trois années de son contrat et se voyait allouer une terre lui permettant de devenir à son tour planteur.

La culture de la canne est donc à l'origine de la mise en place du commerce triangulaire -Europe, Afrique, Amérique- qui entraîne rapidement l'afflux d'une population africaine réduite en esclavage vers les possessions françaises de l'Amérique, population qui dès la fin du XVIIe siècle dépasse rapidement et de beaucoup la population européenne des origines.

Les Amérindiens, constituant probablement une population à la densité relativement faible, sont peu à peu repoussés vers la côte atlantique avant d'en être finalement chassés, dans les années 1670.

Cependant, une frange de cette population caraïbe demeure sur place dans un fort état d'acculturation se fondant petit à petit dans le reste de la population.

Le commerce du sucre entraîne une intense activité maritime à la Martinique au cours du XVIIIe siècle.

Si le circuit effectué par certains navires passe par l'Afrique pour y charger une cargaison d'africains avant de l'échanger en Martinique contre des denrées coloniales, d'autres, encore plus nombreux, font le voyage directement, en droiture, entre les ports français , Bordeaux, Nantes et la colonie.

Les profits de la vente d'une cargaison d'africains sont tels qu'il faut le plus souvent plusieurs voyages en droiture pour acheminer la contre-valeur en denrées coloniales des personnes vendus.

Le manque chronique d'espèces métalliques dans les îles se faisant ressentir pendant toute la période coloniale, la plupart des échanges se font sur le mode du troc.

Cette navigation commerciale suscite la convoitise des autres grandes nations européennes, essentiellement les Hollandais et les Anglais. Un état de guerre permanent caractérise l'époque coloniale, et la course et la piraterie maintiendront le danger, même au cours des périodes de paix.

Guerres entre empires européens

Les Hollandais rapidement évincés dès la seconde moitié du XVIIe siècle, la lutte se concentre entre les Français et les Anglais , et, après 1707, date de la fondation du Royaume-Uni, les Britanniques.

Tous les grands conflits européens ont leur composante caraïbe. C'est notamment le cas de la guerre de Sept Ans qui vaudra à la France la perte de nombreuses possessions au profit de la Grande- Bretagne.

La Martinique deviendra ainsi, par deux fois, possession britannique, mais pour d'assez courtes périodes. Elle restera définitivement française après 1816.

Au XIXe siècle, l’activité économique de la Martinique bénéficie de la perte par la France de Saint-Domingue aujourd’hui Haïti et la République dominicaine, principale colonie dans la Caraïbe au XVIIIe siècle.

Saint-Pierre, capitale de la Martinique et principale ville au XIXe siècle, connaît alors une prospérité que seule l’éruption volcanique catastrophique de la Montagne Pelée du 8 mai 1902 viendra interrompre, et dont elle ne se remettra jamais complètement.

L’Esclavage se développe à partir de la période 1671-1674

Le Père Labat décrit dans ses ouvrages la société esclavagiste du 17ème siècle. Les pratiques religieuses et militaires européennes y sont jugées plus ritualisées et ordonnancées que celle des amérindiens.

Des engagés européens de 36 mois sont utilisés pour la fortification de l'île. Une fois affranchis, ils obtiennent des lopins de terre.

Les plus riches planteurs recherchent alors une nouvelle main d'œuvre meilleur marché, en s'inspirant du succès des planteurs de sucre de la Barbade, où une élite militaire proche de la dynastie Stuart a importé des esclaves noirs en masse.

En 1638 l'administration refuse le droit à un capitaine de la Martinique de s'approvisionner en esclaves en Afrique.

La culture du sucre fut tentée en Martinique dès les années 1640, en s'inspirant de la réussite de la Barbade, mais sans succès. Il faut attendre les années 1650 pour qu'elle s'implante, et plus lentement qu'ailleurs.

Les  Caraïbes résistent plus longtemps qu'à la Guadeloupe où un traité fut signé dès 1641 par Charles Liènard de l'Olive pour les déporter à la Dominique. Mais les africains n'arrivent pas assez vite, faute de filière pour la traite négrière, alors pratiquée, à petite échelle, par les seuls hollandais.

Le sucre est une culture violente, qui nécessite de grandes propriétés et consomme des esclaves jeunes, rapidement épuisés au travail intensif de la coupe et du transport des cannes, effectué sous la menace du fouet.

Leur espérance de vie étant ainsi dérisoire, il faut régulièrement les remplacer par de nouvelles recrues.

Le martiniquais d'origine normande Pierre III du Buc, sieur de La Caravelle organisa en 1658 une milice dans le bourg de Trinité pour repousser les indiens.

En récompense il reçut en 1671 des terres à défricher, allant de la presqu'île de la Caravelle au bourg de Trinité.

La famille du Buc y construisit 7 sucreries. En 1671, la canne à sucre est encore peu dévelloppée en Martinique , elle occupe deux fois moins de terre que la culture du tabac, pratiquée par de nombreux petits colons , sur des plantations nécessitant très peu de capitaux.

L'explosion du nombre d'esclaves correspond aux décisions prises à Versailles par Louis XIV entre 1671 et 1674 pour favoriser la culture du sucre au détriment de celle du tabac. Entre 1674 et 1680, le nombre d'esclaves en Martinique double. Entre 1673 et 1700, il a déjà sextuplé.

Les années 1680: explosion du nombre d'esclaves à la Martinique et à la Guadeloupe

Le nombre d'esclaves baisse après 1664 dans les deux îles. La Guadeloupe, défrichée dès les années 1640 et contrôlée par un seul propriétaire, avait en 1660 environ 6000 esclaves soit deux fois plus que les 3000 de la Martinique, qui met les bouchées doubles à partir de 1674 et prend l'avantage dès 1680.

La population d'esclaves en Martnique diminua d'abord, dans les neuf années qui suivent la création en 1664 de la Compagnie des Indes occidentales de Colbert, avant d'être multipliée 4,5 dans les 14 années qui suivent son remplacement, en 1673, par la compagnie du Sénégal.

Ensuite, de 1687 à 1700, la progression se poursuit, plus lentement , +32% en 13 ans , selon L'administration des finances en Martinique, 1679-1790, de Gérard Marion.

En 1673, les planteurs martiniquais ne possédaient toujours que 2400 esclaves, contre 2700 dix ans plus tôt en 1664, au moment la création par Colbert de la Compagnie des Indes occidentales.

Le Roi et les grands planteurs reprochent à cette compagnie -fourre-tout- de se disperser en Nouvelle-France -présent Québec- et d'être peu efficace dans la traite négrière.

C'est la raison pour laquelle Louis XIV abolit en 1671 le monopole de la Compagnie des Indes occidentales. La traite négrière est alors ouverte à tous les ports français, pour la doper par la concurrence. La Compagnie des Indes occidentales, en faillite, est dissoute en 1674.

La Guadeloupe et la Martinique passent sous l'autorité directe du roi Louis XIV, qui pousse la culture de la canne à sucre, plus gourmande en capitaux mais beaucoup plus rentable, en donnant des terres à des officiers supérieurs en Martinique, où le sucre est alors moins développé qu'à la Guadeloupe.

Les planteurs de sucre de Guadeloupe, se plaignent encore plus de la Compagnie des Indes occidentales de Colbert , leur population d'esclaves a diminué de 40% en 7 ans, passant de 6323 personnes en 1664 à 4627 personnes en 1671.

La diminution se poursuit dans dans les années 1670 la Guadeloupe ne compte plus que 2950 esclaves en 1680, deux fois moins qu'en 1664.

L'expansion de la traite négrière après 1674 donne d'abord la priorité à la Martinique.

La Guadeloupe suit à partir de 1680, le nombre d'esclaves doublant en 20 ans pour atteindre 6587 en 1700, puis 9706 en 1710, selon Histoire et civilisation de la Caraïbe de Jean-Pierre Sainton et Raymond Boutin.

Louis XIV avait croisé dès 1669 la veuve Scarron, Marquise de Maintenon, dite la belle indienne car elle a passé son enfance en Martinique.

Le roi prête aussi l'oreille à son ministre de la Défense, contre l'avis de Colbert, Louvois dirige la coûteuse guerre de Hollande , 1672-1676.

Contre les Pays-Bas, détenteurs de l'asiento, le monopole d'importation d'africains vers le Nouveau-Monde, mis à mal par la création en 1673 de la Compagnie du Sénégal, dirigée par le célèbre amiral Jean-Baptiste du Casse, dans le sillage de la Compagnie Royale d'Afrique, fondée en 1672 par le duc d'York Jacques Stuart, cousin de Louis XIV et futur roi d'Angleterre.

La Compagnie du Sénégal, comme la Compagnie de Guinée qui lui succède en 1700, institue la traite négrière à grande échelle.


L'investissement français et anglais dans le commerce triangulaire, massif et soudain, fait flamber le prix des personnes, alimentant de nouvelles filières.

Les forts se multiplient sur le littoral africain. Mais le coût du transport des africains baisse, au profit des planteurs de sucre.

Dans les sept années qui suivent la création de la Compagnie du Sénégal, le nombre d'africains double en Martinique En 25 ans, il sextuple.La Guadeloupe est rattrapée et dépassée.

La spéculation immobilière éjecte hors des deux îles les européens les moins fortunés, par ailleurs pénalisés par la ferme du tabac. Sa création en 1674 par Louis XIV entraîne la ruine rapide du tabac français.

Moins taxé, celui produit en Virginie par les grands planteurs jacobites comme William Berkeley profite de la contrebande.

La Virginie passe de 2000 esclaves en 1671à 110.000 en 1750. Selon Fernand Braudel, les exportations de tabac de la virginie et du Maryland sextuplent entre 1663 et 1699 avec le passage du travail des européens à la main d'oeuvre africaine,  qui provoque la révolte de Nathaniel Bacon.

Le premier client de la Compagnie du Sénégal est le plus riche planteur de sucre de la Martinique le capitaine Charles François d'Angennes, marquis de Maintenon, gouverneur de Marie-Galante depuis 1678, lui commande 1600 esclaves en 1679.

Il a le monopole du commerce sucrier avec le Venezuela espagnol et habite au Prêcheur, près de Case Pilote, deux paroisses jésuites, où vivent le quart des esclaves de Martinique en 1680

Le Roi précipite en 1680 l'histoire de la culture des plantes sucrières en donnant terres et titres de noblesse à tout planteur qui installe sur ses terres plus de cent esclaves, comme l'intendant Jean-Baptiste Patoulet, ou le capitaine de milice Antoine Cornette.

Autre grand planteur en 1683, Nicolas de Gabaret, qui intègre la Liste des gouverneurs de la Martinique en 1689, associé de Charles François d'Angennes dans la raffinerie de à Mouillage.

L'amiral Jean-Baptiste du Casse assure la livraison de main d'oeuvre. Dès 1680, on recense 99 plantations de plus de 20 esclaves, cinq fois plus qu'en 1669.

Entre 1674 et 1692, le nombre de sucreries double. Saint-Pierre de la Martinique devient la capitale de cette partie de la Caraïbe.

Les esclaves les plus jeunes et les plus résistant sont réservés à l'élite de grands planteurs nobles. Le code noir de 1685 limite le métissage et légalise la torture des esclaves.

La Guadeloupe s'enrichit aussi, mais l'aristocratie y est moins puissante. Cette différence entre les deux îles explique qu'en 1794, un siècle plus tard, Victor Hugues puisse se rendre maître de la Guadeloupe lors de la Révolution de 1789 alors que la Martinique reste sous la domination des grands planteurs, alliés aux anglais par le Traité de Whitehall.

L’abolition de l'Esclavage

En France, en 1788, à la veille de la Révolution , Brissot crée la Société des amis des Négres, mais malgré les efforts de ses membres les plus éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'Esclavage auprès de la Constituante.

Ce n'est que le 4 février 1794 que la Convention abolit l'esclavage. Mais cette mesure ne sera pas appliquée - loin s'en faut- dans toutes les possessions  de l'époque.

À la Martinique, elle demeurera lettre morte, contrairement à la Guadeloupe, car un groupe de colons royalistes mené par Paul-Louis Dubuc va pactiser avec les Britanniques qui occuperont l'île de 1794 à 1802.

Dès le 19 février, deux semaines après l'abolition, les grands planteurs de l'île signent avec les anglais le Traité de Whitehall, en échange de la domination de l'île et de la très lucrative fiscalité sur le sucre, ces derniers s'engagent à maintenir l'Esclavage.


Une fois l'île récupérée par le traité d’Amiens, Napoléon y maintiendra l'Esclavage par la Loi du 20 mai 1802.

Les mariages mixtes sont entravés du fait d'une réapplication progressive du Code noir par Richepance, notamment à partir de son arrêté du 17 juillet 1802 retirant la nationalité française aux africains.

Ce n'est que le 27 avril 1848 que le, alors sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies de la Seconde République, appose sa signature au bas du décret mettant officiellement fin à l'Esclavage

 Avant même que la nouvelle n'arrive, les esclaves martiniquais se sont révoltés et ont obtenu l'abolition de fait le 22 mai 1848.

En 1848, la population de Martinique comptait à la veille de l'abolition 121 130 habitants, répartis comme suit , 9542 européens, 38 729 affranchis et 72 859 esclaves.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la Martinique fut concernée par de nouvelles immigrations.

La plantocratie locale, soucieuse de renouveler la main d'œuvre après l'abolition de l'Esclavage, suscita l'arrivée dans l'île de 37 008 engagés sous contrat ,25 509 Indiens venant de Pondichéry, Madras et Calcutta, 10 521 Congos et 978 Chinois en provenance de Shanghai et Guangzhou.

Aux chiffres de l'immigration officielle, il faut rajouter 119 Indiens arrivés de la Caraïbe anglaise, et 6 Chinois en provenance vraisemblablement des mêmes îles. Il convient enfin de mentionner pour mémoire, la venue à la même période de quelques centaines de Madériens et d'Européens.

En ce qui concerne les mariages mixtes pour les Chinois, il y a eu entre 1858 et 1902 à Fort-de-France , 12 Chinois avec des Chinoises, 15 Chinois avec des Créoles, deux Chinois avec des Congos, et deux Chinois avec des Indiennes.

Les couples mixtes entre Indiens et femmes de couleur durant cette période sont rare mais ont débutés dés leur arrivé en 1853 dû au manque flagrant de femme du côté de leur communauté. En 1900, il restait 4665 Indiens, 5371 Congos et 432 Chinois.

Les Chinois, quant à eux, se sont rapidement intégrés à la population locale en abandonnant rapidement les champs de cannes pour se tourner vers le commerce.

Sur 10 521 Congos, il n'y eut en effet que deux à retourner en Afrique. Au 31 décembre 1900, secondes générations comprises, il restait 5 345 Congos, soit près de treize fois plus que les 432 Chinois, qui n'eurent qu'un rapatrié. Les Indiens comptèrent 11 951 rapatriés.

La Martinique n'a alors jamais connue de graves tensions inter-ethnique malgré son passé trés mouvementé et les différentes communautés vivent en relative harmonie.

Contrairement à beaucoup d'idées réçues, il y a toujours eu des Amérindiens dans la Caraïbe. Cependant à partir du milieu du XIX siècles, les amérindiens ont été de plus en plus confondues avec les immigrants asiatiques à cause de leur ressemblance physique très proche. La mère d'Henri Salvador par exemple était une amérindienne de Guadeloupe.

L’éruption de la Montagne Pelée de 1902

L'éruption de la Montagne Pelée en 1902 a durablement marqué les esprits. Le 8 mai 1902, une terrible éruption provoquant la formation d'une nuée ardente tue tous les habitants de Saint-Pierre , à l'exception d'un prisonnier du nom de Louis-Auguste Cyparis, ou Sylbaris, sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot et des environs de la ville -30 000 morts-.

Le 30 août suivant, alors qu'un géologue s'était déplacé de Paris et avait prévenu du danger d'une nouvelle éruption, une nuée ardente tua encore 1300 personnes au Morne Rouge.
Les ruines de Saint-Pierre et ses épaves sont en train d'être classées au patrimoine mondial de
l'UNESCO.

Les épaves de la rade

De nombreuses épaves sont depuis la catastrophe au fond de la rade, notamment le Roréma, le Dalia, le Diamant, le Tamaya. Ces sites archéologiques sous-marins font partie des plus beaux sites de plongée de la Caraïbe.

En ce début mai 1902, le Belem arrive en rade de Saint-Pierre mais sa place est prise par le voilier Tamaya , capitaine Mahéo, de l’armement Rozier de Nantes. Ce petit incident va sauver le Belem.

Quelques dates relatives à l'histoire de la Martinique

130 après J.C ,  Apparition des premiers habitants de la Martinique, les Arawaks originaire d'Amérique du Sud.

295 après J.C , Les Arawaks sont décimés suite à l'éruption de la Montagne Pelée.

400 après J.C , Retour des Arawaks et repeuplement de l'île.

600 après J.C , Une autre civilisation, les Caraïbes, originaire d'Amérique du Sud, exterminent les Arawaks et s'installent sur l'île pendant plusieurs siècles.

1502, Le 15 juin, Christophe Colomb découvre la Martinique. Il est le premier européen à découvrir officiellement l'île.

1635, Le 17 septembre, prise de possession de la Martinique par Pierre Belain d'Esnambuc, sous la protection de Richelieu, au nom de la -Compagnie des Isles d'Amérique-. Début de la colonisation . P.Belain d'Esnambuc fonde la ville de Saint-Pierre.

1642, Louis XIII autorise la déportation d' africains dans les colonies , début de la Traite négrière.

1669, Le Gouverneur de Baas fonde la ville de Fort-Royal  , aujourd'hui Fort de France.

. 1674, décembre  la Martinique est rattachée au Domaine du roi.

1766, Le 2 août naissance à Saint-Pierre de Louis Delgrès, chef de la résistance contre les troupes du général Richepance envoyées par Napoléon 1er pour rétablir l'Esclavage en Guadeloupe.

1793, Le 4 février, Jean Baptiste Dubuc signe les accords de Whithall à Londres soumettant la Martinique aux Britanniques tant que la royauté ne sera pas rétablie en France. Cela garantit notamment le maintien de l'Esclavage.

1794, La Convention vote l'abolition de l'Esclavage.

De 1794 à 1802, la Martinique est sous occupation anglaise, suite au Traité de Whitehall du 19 février 1974, signé à Londres entre la Couronne britannique et les grands planteurs de l'île, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue, qui leur permet d'échapper à la Révolution française et de bloquer l'abolition de l'Esclavage voté le mois précédent par la Convention.

1800, Le sainte-lucien Jean Kina, colonel dans l'armée d'occupation anglaise, est arrêté alors qu'il tente de se joindre à des esclaves insurgés. Le gouverneur de la colonie le sanctionne en l'expulsant vers les États-Unis.

1802, à la suite du traité d’Amiens Napoléon Bonaparte maintient l'Esclavage à la Martinique par la Loi du 20 mai 1802.

1822, Insurrection d'esclaves au Carbet faisant 2 morts et 7 blessés. La répression fut impitoyable, 19 esclaves condamnés à mort, 10 condamnés aux galères, 6 au fouet, 8 à assister aux exécutions.

1823, Arrestation de Cyrille Bissette, Fabien et Volny pour la diffusion de l'opuscule -De la situation des gens de couleur libres-.

Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français, il fait appel et la Cour Royal le condamne à la marque et aux galères perpétuelles.

1848, Signature le 27 avril par le gouvernement provisoire du décret d'abolition de l'Esclavage dans toutes les colonies françaises.

1848, Les 22 et 23 mai, Révolution antiesclavagiste à Saint-Pierre et signature sous la pression des esclaves insurgés du décret d'abolition de l'Esclavage par le Gouverneur Claude Rostoland.

Aux XIXe siècle, les  défenseurs de l'abolition de l'Esclavage en Martinique furent , Cyrille Bissette, Auguste-François Perrinon et Pierre-Marie Pory-Papy.

1870, Insurrection du sud de la Martinique suite à une altercation entre le béké Codé et l'artisan Lubin. Codé est lynché par la foule et de nombreuses usines à sucre sont incendiées dans le sud de l'île.

La répression fut impitoyable, 74 condamnés dont 12 fusillés, les autres ont été déportés aux bagnes de Guyane et de Nouvelle Calédonie.

Les leaders de cette insurrection sont Louis Telga, Eugène Lacaille et une femme, Lumina Sophie dite -Surprise-

1881, Le 21 juillet 1881, inauguration du lycée de Saint-Pierre, premier lycée laïque de l'histoire de la Martinique.

À partir de 1882, ouverture de nombreuses écoles laïques sur toute l'île grâce à l'acharnement du député Marius Hurard, le père de l'école laïque en Martinique.

1900, Lors d'une grève à l'usine du François, la répression policière occasionne la mort de 10 ouvriers agricoles.

1902, Le 8 mai, l'éruption de la Montagne Pelée détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant 30 000 morts.

Le 25 juin 1913, Aimé Césaire naît à Basse-Pointe.

Le 20 juillet 1925, Frantz Fanon naît à Fort-de-France.

Le 21 septembre 1928, Edouard Glissant naît à Sainte-Marie.

1945, le 27 mai, Aimé Césaire est élu Maire de Fort de France puis député.

Le 19 mars 1946, la Martinique devient un Département d'Outre-Mer. Le premier Préfet de l'île est Pierre Trouillé. Georges Gratiant est élu en 1946 premier Président du Conseil Général du nouveau département.

1948, -L'affaire des 16 de Basse-Pointe-. Le béké Guy de Fabrique est assassiné sur l'habitation Desmares à Basse-Pointe. 16 ouvriers agricoles sont accusés du meurtre. Lors du procès qui s'est déroulé à Bordeaux, les 16 ouvriers ont été acquittés faute de preuve.

1959, 3 jours d'émeute à Fort de France suite à une altercation raciste sur la place de la Savane. La répression des CRS fait 3 morts, Marajo, Rosile et Betzi.

1962, Première revendication indépendantiste en Martinique. Il s'agit de l'affaire autour du Manifeste de l'O.J.A.M -Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique-.

Les auteurs de ce manifeste sont 18 jeunes étudiants Martiniquais. Ils ont été condamnés pour atteinte à la sûreté de l'État et emprisonnés à Fresnes. Puis ils ont été acquittés après 2 ans de procès.

1974, au mois de février, grève agricole dans le secteur de la banane. La répression policière fait 2 morts, Georges Marie-Louise et Rénor Ilmany.

En 1983, la Martinique devient une région à part entière avec la création d'une nouvelle collectivité, le Conseil Régional. Aimé Césaire est élu premier Président du Conseil Régional.

1996, L'égalité sociale avec la France  est réalisée sous la présidence de Jacques Chirac. Alignement du S.M.I.C  sur celui de la France.

1997, L'indépendantiste Alfred Marie-Jeanne est élu député de la Martinique puis en 1998 il est élu Président du Conseil Régional. C'est une première dans l'histoire de la Martinique.

2003, Une évolution institutionnelle était envisagée, dans laquelle le Conseil Régional et le Conseil Général fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée à 50,48% par le referendum du 7 décembre 2003.

2005, le 16 août, Crash d'un vol charter de la compagnie colombienne West Caribbean entre le Panama et la Martinique.

L'avion un MD80 avec à son bord 160 passagers dont 152 martiniquais s'écrasait après quelques heures de vol à proximité de la ville de Machiques au Venezuela. Cet accident d'avion avait provoqué une grande émotion au sein de la population martiniquaise.

2008, Aimé Césaire meurt le 17 avril à l'âge de 94 ans, il fut député et maire de Fort de France durant 56 ans.

Des obsèques sonnelleles lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence de plusieurs milliers de personnes réunies au stade Pierre Aliker.

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