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 Le blog de Léonce Lebrun  

Au pays du "vivre ensemble", et d’absence de race, on supporte difficilement la présence ou la supériorité d’un Nègre en pôle position.  C'est ainsi que  Barack Obamafut l’objet de tous les quolibets des médias français durant sa présidence aux USA  de 2008 à  2017, et voilà q'à l'occasion du Grand Prix de formule 1 (sport automobile) du Mexique, le dimanche 29/10)

Lewis Hamilton, Britannique, ayant été déclaré champion du Monde pour la 4è fois de sa carrière,  ce fut un  déchaînement de haine sur les forums de la presse sportive de ce côté de l’Atlantque..

E vérité , Barck Obama et Lewis Hamiton, même combat pour le prestige de la Race NEGRE

Les békés dans la Caraïbe

 

Business News , le magazine de l’actualité économique des régions de, Guyane,  et la Caraïbe, dans son numéro 19 du mois de Mars 2007, avait présenté un dossier intéressant sur les kékés à la Martinique.


Plusieurs articles permettent la confrontation des opinions, sur cette question, de diverses personnalités des mondes économique, politique, social et médiatique, il s'agit là de l’interview du professeur d’histoire, Camille Chauvet, directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Naïf » indépendantiste, néanmoins recrue récente du PPM.
Il s'agit des extraits essentiels de l’article.

CC : ... Cela veut dire que vous avez un groupe social, les Békés, que l'on appelle encore communément les "Blancs créoles" qui contrôle l'économie du pays.


C'est d'abord une puissance économique "historique". Les Békés tirent cette "puissance économique" d'une série de monopoles dans certains secteurs économiques, à une certaine époque historique, monopoles qui ne pouvaient être obtenus que par eux.

Ce sont les Békés qui pouvaient donner des cautions suffisantes aux investisseurs français pour obtenir ces avantages économiques liés à l'exercice du commerce d'importation par exemple ou l'industrialisation de la production de sucre.

BN : Il y a donc un lien direct avec l'histoire ?

CC : Bien sûr il existe un lien direct avec l'histoire. Comment positionner les Békés ? Il faut bien comprendre qu'ils font partie intégrante de cette société martiniquaise, et qu'ils sont un pôle à la fois isolé et fonctionnellement intégré dans cette société.

Au milieu des années 60, les Békés sont 2300 individus répartis dans 150 familles patronymiques dont 16 seulement rassemblent 50% de l'effectif de la population béké.

Cela veut dire que l'on a là un groupe qui est homogène, même dans son étroitesse, et qui maintient et protège un lien social très fort. Cela explique en partie cette position hégémonique sur le monde économique. Le lien avec l'histoire est permanent.

Au lendemain de l'abolition de l'esclavage, ça peut choquer certains que l'on remonte jusque là, mais les Békés se sont enrichis - je les appelle d'ailleurs les héritiers du crime - grâce aux indemnisations obtenues.

Cela a servi à relancer l'économie du pays. On ne va pas refaire l'histoire de la société esclavagiste, mais il faut bien comprendre qu'au lendemain de l'abolition, les Békés ont mis un dispositif bancaire, le Crédit Foncier Colonial qui permet aux "blancs créoles" d'imposer leur pouvoir économique.

Avec l'argent du Crédit Foncier Colonial, ils vont mettre en place les usines centrales et les féodalités du sucre qui vont durer jusqu'au milieu du 20e siècle.

Au lendemain des événements de décembre 59, il va se produire une redistribution brutale de la carte économique entière du pays. Mais les Békés sont toujours dominants car ils contrôlent le foncier. On va entrer dans l'ère de la société de consommation et se retrouver avec les réseaux de la grande distribution.

BN : Est-ce que l'on est aujourd'hui encore dans une réalité de domination économique ou est-ce que cette domination a pris un sérieux coup de vieux ?

CC : Non, la réalité de la domination n'a pas pris un coup de vieux. Simplement, la domination s'est réorganisée. Moi je crois que le monde béké a bien compris qu'il ne peut plus continuer à dominer ce pays et à garder le monopole de certaines rentes de situation, notamment la consommation, s'il n'ouvre pas l'espace économique au capital français. D'ailleurs, le capital français s'est déjà installé.

On a vu parallèlement émerger quelques capitaux non-békés, notamment dans la grande distribution. On peut les citer, le groupe HO HIO HEN, le groupe PARFAIT, le groupe LANCRY, le groupe ANNETTE.

Mais ils se sont développés essentiellement dans la grande distribution alimentaire et non- alimentaire. Aujourd'hui, il y a une espèce de recomposition de cette espace économique mais le contrôle des blancs créoles est toujours là.

Il est vrai que vous entendez des discours, notamment ceux de Roger de Jaham qui disent que les Békés ne contrôlent plus l'économie. Ce n'est pas vrai. Il suffit de regarder les chiffres.

Vu le faible nombre de Békés, même s'ils ne contrôlent aujourd'hui que 30% de l'économie du pays, c'est de fait une situation de vraie puissance économique. Qu'est-ce que nous reprochons aux Békés ?

Ils n'ont pas joué leur rôle de bourgeoisie nationale comme dans la plupart des pays latino-américains. Les Békés sont la puissance économique du pays, heureusement, mais ils ne remplissent ni leur fonction économique, ni leur rôle historique.

Je suis très content, je préfère que les Békés soient les dépositaires de la puissance économique ici plutôt que les Français. Les Békés, pour moi sont des Martiniquais. Je préfère que Bernard Hayot possède le monopole, même si je condamne cette situation monopolistique. Je préfère 50 Bernard Hayot à un seul Dupont.

BN : Quel regard portez-vous sur l'évolution dans le temps des composantes de cette fameuse puissance économique ?

CC : A mon avis aujourd'hui, qu'est ce qui se passe ? Vous remarquerez que les Békés font faillite mais derrière il y a une recomposition des groupes békés. Pourquoi ? Cette recomposition est utile car ils veulent résister à la montée des autres groupes martiniquais, les groupes non-békés, et les groupes européens.

Aujourd'hui, ils sont en face de grands groupes européens, pas seulement français mais européen. Mais aujourd'hui ils n'ont plus de banque à eux. Quand le Crédit Foncier Colonial a disparu, les Békés ont compris très tôt avant les autres composantes de la société martiniquaise, qu'il fallait une banque de développement. Ils ont fabriqué, ont construit cette banque de développement, le Crédit Martiniquais qui leur a servi de base de développement.

Aujourd'hui, ils se sont bien rendu compte qu'ils n'ont plus cette banque à leur disposition. Ils sont aujourd'hui dans le registre de la re-capitalisation, de l'autofinancement et de l'ouverture de leur capital.

Je crois qu'aujourd'hui on est véritablement en phase de recomposition et cette recomposition est très importante pour l'avenir économique de la Martinique.

BN : Que pensez-vous de l'opinion largement répandue selon laquelle cette puissance économique békée serait un facteur de blocage de la société martiniquaise ?

CC : C'est un blocage évident à mon sens parce que, comme je l'ai déjà dit, les Békés ne remplissent pas leur rôle historique. Les Békés font partie de la bourgeoisie nationale martiniquaise. Ils devraient remplir le rôle des bourgeoisies comprador d'Amérique Latine.
Cette bourgeoisie commerçante, ces entrepreneurs qui ont conduit leurs pays à l'indépendance. A compter du moment où le Béké ne comprend pas qu'il faut qu'il contribue à l'autonomie politique du pays par l'autonomie économique, c'est un facteur de blocage.

BN : Et la réflexion politique ?

CC : Tout. Je vous explique. Quand vous avez Monsieur Bernard Hayot sur ces questions, vous n'arrivez pas à avoir de réponse. Dans le contexte du 22 mai, il a accepté de faire une interview au Naïf mais sur l'essentiel des questions, M. Bernard Hayot ne répond pas. C'est quelqu'un, de très, très intelligent.


Monsieur Hayot a très bien compris qu'il ne faut pas parler politique parce que s'il parle politique, il sait très bien qu'il ne puisse pas avoir un autre discours que celui de ses ancêtres ceux du Gaoulé du Diamant de 1717 qui s'étaient rebellés contre des fonctionnaires français. Il ne peut être que dans cette lignée. Sinon, il tient le silence et le silence c'est le blocage.

BN : Ça veut dire que, intrinsèquement les Békés sont indépendantistes ?

CC : Pour moi, ils sont indépendantistes mais ils finiront par le dire. Il faut que le Béké dise qu'il est indépendantiste si on veut que ce pays avance.

On ne peut rien faire sans cette composante et ils le savent. Rien ne peut avancer en Martinique sans les Békés parce que les Békés, pour moi, je le répète, sont des martiniquais avant tout.

Vous avez des discours obsolètes de gens qui disent que ce ne sont pas des martiniquais, c'est une plaisanterie. Les Békés autant que nous sont des martiniquais. Mais c'est un groupe social qui ne remplit pas sa fonction historique dans le pays.

BN : Concrètement ce serait quoi cette fonction historique ?

CC : Ils auraient dû mener ce pays à l'indépendance bien avant la catastrophe de Saint-Pierre. Parce que la catastrophe de Saint-Pierre a bloqué l'évolution du monde béké.

Je crois que la catastrophe de Saint-Pierre a des répercussions économiques et sociologiques extrêmement importantes sur le monde d'aujourd'hui. L'autre étape, cela a été le choix de la Départementalisation.

Je ne peux pas demander à Césaire d'avoir fait un autre choix. On ne refait pas l'histoire. Comme dit Marx, l'histoire se fait dans des conditions que les hommes ne déterminent pas.

C'était ce qu'il croyait être bon pour la Martinique et que le peuple martiniquais croyait être bon pour lui, ils se sont engouffrés dedans.

Mais aujourd'hui ce qui est bon pour ce pays c'est dans un premier temps d'avoir une souveraineté, une autonomie politique pas seulement une autonomie économique comme le veut Monsieur Sarkozy qui sera probablement à mon avis élu président dans les mois qui viennent.

Quand il parle de l'autonomie économique, il pense aux Békés et au libéral-fascisme européen. Il faut faire attention à cela parce qu'on va partir sur un registre de violence.

Parce que, comme je le répète assez souvent, ça va confirmer que le peuple martiniquais aujourd'hui est en état de légitime défense et doit se défendre avec tous les moyens dont il dispose, les armes miraculeuses de Césaire c'est-à-dire la politique, mais aussi d'autres armes, peut-être.

BN : Parlons de l'avenir. Si on reprend cette puissance économique béké effective ou supposée, comment la voyez-vous évoluer ? Comment vous voyez l'avenir de ces groupes békés ?

CC : Beaucoup de groupes békés ont disparu en nombre même si le poids économique des Békés reste très important. Ils emploient combien d'employé en Martinique ? Quel est le capital qu'ils possèdent ?

Quels sont les secteurs qu'ils contrôlent ? Aujourd'hui vous prenez le port et l'aéroport. Pourquoi on n'a pas donné le port et l'aéroport au Conseil Régional. Parce que les Békés sont montés à Paris pour leur dire de ne pas confier ça à Alfred Marie- Jeanne.

Pourquoi ? Parce que le port et l'aéroport c'est l'économie du pays et l'économie du pays est contrôlée par les Békés. Et pour que ça fonctionne bien ils sont prêts à faire toutes les concessions du monde aux dockers.

Mais ce qui pose problème, c'est que l'effort d'investissement des Békés ne s'exerce pas sur le pays où ils prennent leur capital. Il y a un détournement du capital martiniquais par ces groupes békés, par certains groupes français, et maintenant certains groupes européens.
C'est ça le problème de fond de ce pays. Si personne ne veut le poser c'est leur problème. A un moment ou à un autre, il faudra faire le bilan. Le bilan de ces locomotives économico-historiques.

BN : Selon vous les Békés sont amenés à durer ou sont-ils menacés par les grands groupes, les multinationales françaises ?

CC : Je crois qu'il faut nous les non-békés que nous protégions nos Békés. Les Békés c'est nous. Je préfère, comme je vous le disais, 50 Bernard Hayot avec moi dans mon pays qu'un seul Dupont. Nous sommes martiniquais nous devons vivre ensemble. On vit ensemble, on gagne ensemble, on meurt ensemble avec les Békés. Ça c'est clair ça aujourd'hui.

BN : Il faut simplement réorienter le jeu et redéfinir les règles ?

CC : Il faut réorienter le jeu avec les puissances politiques qui doivent leur faire comprendre quel est le rôle, quelle est la mission qu'ils doivent remplir dans ce pays. Ils sont prêts à l'accepter s'il y a une puissance politique que le leur dit.

Je ne vois pas pourquoi Monsieur de Lucy ne pourrait pas être dans un conseil municipal avec moi. Mais je ne veux pas de français avec moi. Je crois que c'est ça l'enjeu aujourd'hui.

Ca va aller très vite parce que la MARTINIQUE est en train de se caldochiser. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un contexte de mondialisation. Il faut réagir.

Quand vous avez un jeune comme le petit Mouriesse, je suis fier de lui comme je suis fier de mes békés. On a besoin de centaines de Alick Mouriesse.

Je suis fier de ce garçon parce qu'il est martiniquais. Nous avons des intelligences ici, il faut les valoriser. Il nous faut construire notre pays et les Békés ne font rien pour nous aider dans cette construction alors qu'ils en sont un élément.

C'est une construction la MARTINIQUE, c'est une pierre, une autre pierre, une autre pierre pour construire ce pays et le ciment c'est notre cohésion nationale, notre appartenance à ce même pays, c'est ça le ciment.

La brique béké à côté de la brique de non- béké aux côtés des autres briques. Les Français qui viennent ici et qui décident de s'installer ce sont des martiniquais. Nous sommes une société en formation.

BN : Est-ce qu'il y a un désir de vivre ensemble ?

CC : Ce désir de vivre ensemble, oui il est là même si ce n'est pas facile. Vous imaginez qu'il y a des gens qui estiment qu'il ne faut pas que les Békés viennent à la manifestation du 22 mai.

Ces comportements sont des comportements de gauche réactionnaire, c'est une gauche nationaliste réactionnaire quand on dit qu'on ne veut pas voir les Békés au 22 mai. On veut continuer à fabriquer les Békés comme ennemis. Moi je ne veux pas les fabriquer comme ennemis.

Un moment, j'ai pensé qu'il fallait éliminer les Békés, mais j'ai dit non. C'est une composante du pays. Donc je le répète, on vit ensemble, on gagne ensemble, on meurt ensemble. Je crois que c'est ce qu'il faut retenir de cette société.

BN : Camille Chauvet, nous vous remercions.

Propos recueillis par Eddie Marajo

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