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 Le blog de Léonce Lebrun

Dans aucun pays du Monde il n’y a un tel vocabulaire de marginalisation des minorités, qu’elles soient politiques ou sociétales, en vertu des diktats de la "Démocratie" qui impose la loi d'une majorité, certes légale, mais non légitime, d’un point de vue morale, car elle peut être idiote, obtenue sous le coût d’un enfumage  bien rodé, destiné aux naïfs d’un Système à bout de souffle…

... Et vous avez : communautarisme, diversité, populisme, islamisme radical,  radicalisation et le dernier né, terrorisme, dont le Pouvoir exploite politiquement les conséquences, avec le concours de médias affidés, tout  en  niant délibérément les causes, par exemple la destruction de l’Etat libyen….

Un  Mémorial de la Traite négrière transatlantique à Bordeaux

 

La traite négrière transatlantique est la plus grande tragédie de l'histoire, par sa durée, plus de quatre siècles, et par son ampleur. On estime qu'elle a touché entre 20 millions et 100 millions d'Africains !

Si, dans l'histoire, nous savons de nombreux épisodes de peuples envahis ou déplacés pour des raisons de famine ou de guerre, jamais une population n'a été déportée en si grand nombre, d'un continent à l'autre, de manière systématiquement organisée et sur une période aussi longue.

Or, cette immense tragédie est quasiment absente de la mémoire collective de l'humanité et des livres d'histoire du monde entier, l'Afrique incluse.


Si l'esclavage est un phénomène universel, la traite négrière a une triple spécificité: sa durée, la population visée: l'Africain Nègre. Son organisation morale, juridique et intellectuelle.

Organisation morale et intellectuelle, parce que l'idéologie du racisme s'est faite à travers la traite. Les sociétés qui pratiquaient la traite étaient des sociétés chrétiennes qui se disaient " civilisées ".


Nous sommes dans l'Europe des Lumières.

Il fallait donc rassurer les consciences et justifier la vente d'être humains en tant que marchandise. Une justification passée par le dénigrement culturel de l'homme noir et de l'Afrique.

Beaucoup de gens sont étonnés d'apprendre que les plus grands penseurs des Lumières y ont joué un rôle important, comme Voltaire qui a écrit que l'épiderme de l'homme noir est faite de telle manière qu'elle est nécessairement adaptée à l'esclavage.

Rappelons que l'auteur de Candide avait des intérêts dans des sociétés esclavagistes. Il faut remonter aux sources de ce racisme, à sa construction intellectuelle, bref à son archéologie.


Autre spécificité. La traite était, avant tout une opération commerciale qui se devait d'être rentable, est son organisation juridique.

C'est la seule forme d'esclavage dans l'histoire de l'homme organisée et réglementée par des codes noirs. Des lois - infamantes aujourd'hui - qui organisaient la traite et réglementaient dans les moindres détails la société coloniale.


Mémorial parce qu’il n’est rien de pire que l’oubli qui mêle dans le néant la grandeur et la bassesse humaines, parce qu’il faut aussi lutter contre l’amnésie sélective qui permet d’éviter les réponses aux vraies questions.

Le Mémorial de la Traite des Nègres est porteur d’un message de compréhension mutuelle, d’ouverture et de valorisation de la diversité culturelle.


Au delà du thème abordé, c’est aussi un événement culturel, initiation à la démarche, à l’itinérance culturelle. La traite des Nègres est une histoire de générations successives dont nous sommes les héritiers et dont nous portons les marques génétiques et culturelles.

Réf Eric Saugera, Bordeaux Port Négrier, Ed Karthala, 1995

Du milieu du XVIIe au milieu du XIXe siècle, la France métropolitaine fut à l'origine d'au moins 4 220 expéditions négrières qui abordèrent aux rivages d'Afrique et d'Amérique. C'est de Nantes que partirent le plus grand nombre d'entre elles, soit 1 744 expéditions représentant 41,3 % du total.

Nantes est la capitale incontestée de la traite française et les autres villes négrières sont ses lointaines dauphines : on en relève dix-huit - neuf sur l'Atlantique, sept sur la Manche, deux sur la Méditerranée - qui s'impliquèrent dans la traite en fonction de leurs moyens ou de leurs ambitions.

Bordeaux, La Rochelle et Le Havre totalisent 33,5 % des armements négriers et peuvent se prévaloir de quelques références.

A Bordeaux, l'opiniâtreté : ses bâtiments négriers se comptaient sur les doigts d'une main avant 1730 quand Nantes comptait les siens par centaines, mais en 1802-1803, ils furent plus nombreux à descendre la Gironde que leurs rivaux bretons la Loire.

Réf Eric Saugera, Bordeaux Port Négrier, Ed Karthala, 1995

1520. Le port de la Lune, qui jusque là ne pratiquait que le cabotage, commence à mettre sur pied des expéditions transocéaniques.


1571. Le Parlement de Bordeaux s’oppose à la vente d’esclaves débarqués par un capitaine normand et les déclare libres. Cet humanisme ne fera pas long feu.


1672. Le 08 mars, le Saint-Étienne, navire de 180 tonneaux, part pour la guinée. Son capitaine est Jean Le Cordier, et l’armateur la Compagnie des Indes Occidentales. C’est le premier navire négrier recensé à partir de Bordeaux.


1786-1792. 50% des navires négriers sont armés à Bordeaux, soit 70% du tonnage total du siècle. Les armateurs se nomment Nairac, Cabarrus, Balguerie, Baour, Gradis, attirés par la richesse de Nantes mais aussi par la forte prime attribuée pour chaque Nègre introduit aux Iles d’Amériques.


1794. Le 04 février, l’esclavage est aboli par la Constituante. Les négociants investissent dans l’immobilier et les vignobles.


1802. Le conseil de commerce( Chambre de Commerce actuelle) de Bordeaux déclare dans un mémoire du 15 février, qu’ « une trop fatale expérience nous a démontré que la liberté des noirs est incompatible avec les travaux qu’on a besoin d’en exiger(…). De là la nécessité de la Traite. » L’esclavage est rétabli le 20 mai par Bonaparte.


1825. Le Guide ou Conducteur de l’Etrangé(sic) à Bordeaux omet, tout en rappelant que « le commerce de la capitale de Guyenne était jadis immense », de mentionner ses activités négrières, alors que le dernier navire négrier bordelais recensé quitte Bordeaux en septembre 1826.


1848. Le 27 mars, loi sur la libération de tous les esclaves.

L’Office de tourisme Parmi les produits vendus aux touristes à l’Office de Tourisme de Bordeaux, on trouve un objet représentant un mascaron à tête de nègre soit en terre cuite soit en pierre. Il coûte 35€


Rues de Bordeaux portant les noms de négriers Balguerie-Stuttenberg – Vignes – Nairac – Gramont – Mareilhac – Gradis – Laffon – Baou – Journu – Feger – Guérin – Saige – Bigo - Laine


Les Hôtels Particuliers Dans le centre de Bordeaux trônent quelques jolies demeures ayant appartenu à de riches armateurs négriers : Ce sont les hotels : Boyer-Fonfrede, Féger-Latour, Journu, Saige, Maison Camescasse, Ilot Bonnaffe, Maison Meyer et hotel Nairac

Certains historiens, comme Serge Daget, considèrent que tout port ayant participé, de près ou de loin, à la traite est dit négrier : « Est-on moins négrier pour avoir déporté un seul Nègre esclave qu’une cargaison de deux cents individus ? » Port négrier au 18ème siècle, la ville de Bordeaux reste amnésique à ce passé peu glorieux.

Pourtant l’année 2001 a vu le parlement français décider que la traite des noirs était un crime contre l’humanité.

Bien au paravent, la ville de Nantes, premier port négrier français, avait organisé pendant deux années consécutives, un ensemble de manifestations reconnaissant la place qu’elle avait tenu dans le commerce triangulaire.

C’est ainsi que depuis plus d’une vingtaine d’années des associations diverses et variées militent pour que la mémoire de ce génocide sorte de l’ombre. Pendant la mandature de l’ancien maire Jacques Chaban-Delmas, il était hors de question de s’interroger sur la vérité historique de la ville.

Depuis l’arrivée d’Alain Juppé, on note quelques tentatives. Ainsi en juin 2001, Alain Juppé avait reçu l’association et fait des promesses qui attendent d’être tenues. Alors que demeure, le scandale des rues qui portent les noms de négriers.

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