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 Le blog de Léonce Lebrun

Dans aucun pays du Monde il n’y a un tel vocabulaire de marginalisation des minorités, qu’elles soient politiques ou sociétales, en vertu des diktats de la "Démocratie" qui impose la loi d'une majorité, certes légale, mais non légitime, d’un point de vue morale, car elle peut être idiote, obtenue sous le coût d’un enfumage  bien rodé, destiné aux naïfs d’un Système à bout de souffle…

... Et vous avez : communautarisme, diversité, populisme, islamisme radical,  radicalisation et le dernier né, terrorisme, dont le Pouvoir exploite politiquement les conséquences, avec le concours de médias affidés, tout  en  niant délibérément les causes, par exemple la destruction de l’Etat libyen….

Les Non-alignés

 

L’impossible unité politique Les Non-alignés

Le quatorzième Sommet des pays Non-alignés se déroulera à La Havane à Cuba en 2006. Fidel Castro a d’ores et déjà déclaré que la prochaine réunion devra  démontrer que le mouvement est redevenu une force effective dans l’arène internationale .

Reconquérir une place ne sera pas facile. Le non-alignement désignait l’attitude politique indépendante face aux deux blocs qui s’affrontaient pendant la Guerre froide. Depuis la fin de celle-ci, le mouvement peut paraître désuet.

Mais si les tensions Est-Ouest ont disparu, les préoccupations qui se pensaient dans ce cadre, elles, ont plus que jamais survécu.

En effet, le monde  multilatéral où la paix, la liberté, le développement et le progrès peuvent régner pour tous , ce monde dont parle Fidel Castro dans son discours, n’existe toujours pas.

Les principes énoncés lors du sommet fondateur à Belgrade en 1961 et basés sur la Conférence de Bandung, sont encore d’actualité. Reste à savoir si tous les pays non-alignés peuvent les respecter.

Entre les membres, qui sont pieds et mains liés par le système économique mondial, ceux qui ont réussi à prospérer dans le néolibéralisme et les pays corrompus, occupés ou ruinés, les divergences sont énormes et les fameux principes soumis aux exigences de la réalité.

Le Neutralisme Actif

Le mouvement des pays Non-alignés naît à Belgrade en 1961. Tito, Nasser et Nehru, respectivement présidents de la Yougoslavie, de l’Egypte et de l’Inde, exposent le principe de  neutralisme positif  ,ou actif, c’est selon.

Le neutralisme rejette l’adhésion à l’un ou l’autre bloc en Guerre froide. Il s’agit de tirer parti de chaque « camp » au mieux de ses intérêts, voire de profiter de la rivalité entre les opposants.

Conscients de représenter un enjeu entre les Grands , les neutralistes entendent se faire courtiser. La Yougoslavie de Tito par exemple, bien que communiste, perçut des aides occidentales.

L’Afghanistan reçut des aides des deux camps. Le neutralisme rejetait aussi le néocolonialisme qui substitue la dépendance économique à la dépendance politique.

Ce qui peut paraître un peu contradictoire car comment rejeter la dépendance économique envers des pays dont on perçoit des aides . Surtout quand l’on sait que les aides internationales sont rarement gratuites.

Le neutralisme refuse également l’engagement militaire permanent. L’Inde de Nehru favorisait d’ailleurs délibérément les dépenses civiles pour faire décoller l’économie de son pays.


A chacun son non-alignement !

Le premier sommet des Non-alignés réunit vingt-cinq pays, parmi lesquels l’Arabie Saoudite, l’Ethiopie, l’Afghanistan, le Congo, le Liban, la Tunisie, la Birmanie, le Cambodge, le Soudan, l’Irak, le Maroc ou encore Cuba.

En 1961 déjà, le Monde Diplomatique écrivait . Il n’y a pas de non-alignement, il n’y a que des non-alignés . Les pays se classaient aisément en trois catégories : les neutralistes purs et durs, les pro-occidentaux et les pro-soviétiques.

  Non-alignés . On dirait plutôt non-embrigadés. Neutralisme . On peut tout au plus parler avec les théoriciens de la nouvelle diplomatie afro-asiatique de Belgrade, d’une position  hors blocs .

Depuis le premier sommet, les membres n’ont cessé d’augmenter. Aujourd’hui, le mouvement compte 116 pays, la quasi-totalité du Tiers-Monde.

Le nombre grandissant des Non-alignés , qui cultivent chacun leur différence par rapport à la doctrine de référence , rendra vite impossible le respect des règles posées à Belgrade .


La crise d’identité des années 70

Affaibli par des querelles internes et par l’influence de certains leaders communistes du Tiers Monde ,Fidel Castro, pour ne citer que lui, le mouvement traverse une crise. Soupçonné d’être plus proche du bloc soviétique, il perd aux yeux du monde occidental la neutralité qu’il revendiquait.

La crise éclate au grand jour lors de la quatrième conférence des non-alignés, à Alger en 73. Khadafi, le président libyen, s’oppose au leader communiste cubain, Fidel Castro. Afin de recoller les morceaux, le président algérien Boumediene tente de trouver un terrain d’entente.

Ce seront les problèmes économiques. Boumediene recentre les débats sur le droit au développement et propose de lutter pour un nouvel ordre économique international. Mais les divisions restent réelles.


Loin de l’esprit de Bandung

Le Tiers-Monde est resté à l’écart des progrès économiques. Les aides internationales ne suffirent pas et la crise de la dette à plongé la plupart des pays dans la pauvreté pour longtemps.

Face aux  dragons  d’Asie qui profitent de la mondialisation, l’Afrique, et de plus en plus, le Moyen-Orient, sont plongés dans la misère. De telles disparités rendent évidemment la tache du mouvement très difficile.

Ajoutées à cela la disparition ou la destitution de certains leaders charismatiques, tel Tito ou Nasser, le mouvement a perdu de son aura. De plus, le Tiers Monde est la principale zone de conflits armés depuis 1945.

Alors que la course à l’armement est totalement contraire au non-alignement, des pays n’hésitent à dépenser sans compter dans la défense. Sans oublier que certains pays n’ont de Non-aligné que le nom, comme l’Arabie Saoudite, une fidèle alliée des USA.

Bref, les objectifs de paix mondiale sont loin d’avoir été atteints. Le Tiers Monde, via le mouvement des pays non-alignés, n’est pas devenu une troisième force diplomatique.

Les grandes puissances ont toujours réagi en fonction de leurs intérêts. Et elles continuent de le faire aujourd'hui, vu leurs réticences à conclure des accords réellement égalitaires avec le Sud.

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