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 Le blog de Léonce Lebrun  

 

Au pays du "vivre ensemble" et d’absence de race on supporte difficilement la présence ou la supériorité d’un Nègre en pôle position.  C'est ainsi que  Barack Obama fut l’objet de tous les quolibets des médias français durant sa présidence aux USA  de 2008 à  2017 et voilà q'à l'occasion du Grand Prix de formule 1 (sport automobile) du Mexique, le dimanche 29/10)

Lewis Hamilton Britannique, ayant été déclaré champion du Monde pour la 4è fois de sa carrière, on eût doit à un  déchaînement de haine à caractère racial, sur les forums de la presse sportive de ce côté de l’Atlantque...

En vérité , Barck Obama et Lewis Hamiton, même combat pour le prestige de la Race NEGRE

La grandeur de l'Afrique

Cheikh Tidiane Gadio,

"La grandeur de l'Afrique passe par une politique vers les États-Unis d'Afrique"

Co-organisateur du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, l'ex-chef de la diplomatie sénégalaise -2000-2009- appelle de ses voeux une réflexion africaine sur les problèmes africains.

 Avant d'évoquer le forum et ses objectifs, en quoi consiste l'Institut panafricain de stratégie -IPS- que vous présidez ? Un think tank, un laboratoire d'idées nouvelle génération made in Africa ?

Cheikh Tidiane Gadio , L'Institut panafricain de stratégie, paix, sécurité et gouvernance -IPS-, a été créé en novembre 2012.

On s'est dit que dans tous les pays qui avancent et réalisent des progrès importants, comme en Asie du Sud-Est, en Corée, au Japon, ou encore en Chine, il y a des centaines et des centaines de think tanks pour planifier le futur de façon très intelligente et ordonnée.

En Afrique, on est dans la dictature du présent et malheureusement les crises éclatent ça et là : la crise du Sahel, Ebola... Résultat : nous répondons à ces crises, mais cela est insuffisant. À l'IPS, nous pensons que l'Afrique a un potentiel immense : un milliard d'habitants, dont plus de 60 % de jeunes de moins de vingt ans, un tiers des ressources naturelles du monde, sans doute 50 % des ressources connues.

Ce think tank doit non seulement exister, mais aussi envoyer un message d'espoir aux jeunes Africains, rappeler les élites africaines à leur responsabilité historique par rapport au continent, et réfléchir à des questions la paix et la sécurité, la gouvernance et, de manière ouverte, la promotion du panafricanisme.

On ne s'en cache pas : nous croyons aux États-Unis d'Afrique. Sur une base continentale ou régionale, nous pensons que si l'Afrique rêve de grandeur, celle-ci ne pourra s'exercer que sur la base d'une politique continentale, dans le cadre d'une Fédération.

Les 54 États d'aujourd'hui sont le résultat de la balkanisation de l'Afrique. Cette balkanisation continue d'ailleurs puisque le Soudan a été divisé en deux. "Ils" veulent diviser le Mali avec l'Azawad, le Sénégal avec la Casamance... "Ils", ce sont tous ceux qui ne soutiennent pas notre démarche d'unité africaine.

À leurs yeux, tout problème qui est posé à un État doit se résoudre par une partition. Or, que se passe-t-il avec nos 54 États ? Ils se télescopent, se gênent les uns les autres. Ceux qui sont enclavés, sans accès à la mer, voient leur commerce ralenti. Je passe sur les interminables négociations aux frontières...

C'est pour toutes ces raisons que nous voyons dans les États-Unis d'Afrique une confédération d'États souverains et interdépendants avec chacun sa constitution. Au regard de ce qui se passe aux États-Unis, chaque État souverain peut céder des parcelles de sa souveraineté sur les questions communes que sont la défense, la monnaie, la diplomatie et le commerce extérieur.

En définitive, notre conviction est qu'on est complémentaire. Donc, promotion du panafricanisme, de la renaissance africaine, des femmes, de la jeunesse, et ensuite travailler sur l'idée de paix et sécurité. Sans en faire un préalable. Il s'agit de s'impliquer dans la résolution des conflits et dans les médiations.

C'est ce que nous avons fait pour le Mali et la Centrafrique. Nous faisons parvenir aux autorités le fruit de nos réflexions, de nos brainstormings. Sur le Mali, nous avons dit aux leaders qu'il n'y avait pas d'autres solutions que l'intervention.

L'intervention a eu lieu, mais, vu l'attente observée, il a fallu demander l'aide de la France alors que les djihadistes étaient déjà aux portes de Bamako. La suite, vous la connaissez...

 

Comment se situe l'Union africaine face à ces États-Unis d'Afrique que vous appelez de vos voeux ?

 

D'un point de vue doctrinal, de la démarche, nous ne partageons pas l'idée de l'unité telle qu'elle est vue par les chefs d'État aujourd'hui. Nous pensons que les peuples africains fondamentalement n'ont pas de problèmes.

Ce sont des États nés du système colonial qui tentent de forcer l'existence d'États indépendants, d'identités indépendantes, différentes, et de convaincre les populations qu'un Tunisien est meilleur qu'un Libyen ou qu'un Sénégalais est plus intelligent...

Il est temps de comprendre que l'unité, sur le modèle des États-Unis, se construit progressivement. Les États-Unis ne se sont pas réveillés un matin avec 50 États. Ils ont commencé doucement. L'Afrique doit commencer par ceux qui sont prêts.

 

Qui est vraiment prêt aujourd'hui ?

 

En 2007, au moment du débat sur les États-Unis d'Afrique, avec le Sommet d'Accra, on avait compté jusqu'à une quinzaine de pays prêts et favorables, dont le Sénégal, le Mali, la Libye bien sûr. Neuf étaient hésitants, mais pas contre. On avait alors même réalisé, je me souviens, une carte, il y avait une sorte de continuité territoriale. Il existe des précédents historiques, mais qui ont tous avorté.

 

Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui l'Afrique est plus mûre à tendre vers cette idée ?

 

Non seulement l'Afrique est plus mûre à cette idée, mais elle a le dos au mur. Les tenants de l'économie criminelle ont compris que nos États étaient très vulnérables, je pense aux narcotrafiquants, aux trafiquants d'êtres humains.

En plus des djihadistes, ils nous attaquent et nous déstabilisent. La réponse ne peut être individuelle. Si chaque État essaie de faire face aux djihadistes seul, il n'y arrivera pas. Aujourd'hui, c'est une question de survie. On a désormais compris que les chevauchées individuelles et solitaires ne donneront aucun résultat.

C'est aussi l'idée majeure qui ressort de ce forum, à savoir qu'il faut mettre en place une stratégie africaine commune pour faire face aux défis de paix et sécurité qui se posent à notre continent.

Ce forum s'inscrit dans la continuité avec le Sommet de l'Élysée qui avait posé un problème de fond : un sommet sur la sécurité en Afrique organisé en France, cela prête à interrogation... Cette fois, le rendez-vous se tient à Dakar, mais pensez-vous que les puissances occidentales, elles-mêmes en compétition en Afrique, présentes à ce forum ont intérêt à accompagner cette unité africaine ?

Tout le monde a intérêt à la paix, à la stabilité et à la sécurité, quel que soit le degré de partenariat. Il est plus facile de gagner son argent en Afrique, d'avoir des relations, même si elles sont déséquilibrées, dans un cadre sain et sécurisé où l'on peut mener ses activités sereinement, plutôt que dans un environnement où l'on doit composer avec des milices et des guerres partout.

Le plus important pour moi, c'est que ce forum est inédit dans le sens où nous avons l'Union africaine, une rencontre de 43 pays, tous pas forcément membres de l'UA mais qui ont un intérêt particulier à travailler sur les questions de paix et sécurité en Afrique.

Surtout, le pas qui a été franchi est important : on a réussi à se réunir pour réfléchir. Au départ, on nous a dit : "Réfléchir ? Mais pourquoi ? On perd du temps. Il faut agir, aller sur le terrain et se battre contre les djihadistes !" C'est un point de vue que nous pensons erroné.

Tout ce qui se fait sans une vision, une doctrine claire, va vers le mur tôt ou tard. Donc, de ce point de vue, un forum comme celui-là dans lequel les gens viennent discuter librement, partager leurs expériences et essayer de bâtir ce que nous appelons nous une pensée stratégique africaine commune sur les questions de paix et sécurité, est une grande avancée.

Au nom de quoi, à Halifax, le monde peut se réunir autour des Canadiens et réfléchir sur la sécurité mondiale, souvent du point de vue bien entendu de la vision occidentale ; on peut aller à Manama au Bahrein, ou encore à Shangri-La à Singapour, mais on ne peut pas aller à Dakar réfléchir, penser, montrer qu'il y a beaucoup d'intelligences, de compétences qui peuvent aider à définir les politiques ?

 

L'objectif est donc de mettre en avant le point de vue africain..., y compris face aux partenaires internationaux ?

 

Il y a deux aspects qui nous intéressent : le point de vue endogène des Africains sur leurs propres problèmes, et ensuite le point de vue des Africains en rapport avec leurs partenaires internationaux.

Parce que nous ne sommes pas seuls dans ce monde. Nous ne sommes pas isolés non plus. Ce qui nous arrive peut intéresser les autres de la même manière que ce qui arrive aux autres nous intéresse. Mais, avant d'avoir un discours sur le monde, il est bon d'avoir un discours sur soi-même.

Souvent, je fais cette boutade : l'Afrique est l'avenir stratégique du monde, mais est-ce que c'est l'avenir stratégique des Africains eux-mêmes ? On ne peut pas avoir cette Afrique dont rêvent certains sans les Africains. Des rencontres comme celle-là sont importantes.

Le plus difficile a été de convaincre les Africains ?

 

Toujours. Le monde a compris que l'avenir est en Afrique, sauf les Africains. Ils ont un pessimisme notoire quant à l'Afrique, tout le monde veut partir, émigrer en Europe. Moi, ça me pose problème. Si on réussit le pari de faire accepter une rencontre intra-africaine et internationale pour discuter des problèmes du continent, c'est déjà une bonne chose.

Deuxièmement, si on en sort avec des idées, des recommandations, adressées à nos chefs d'État, avec le fait qu'on a réussi à les faire participer à un panel, alors ce forum aura été utile. Il sera d'autant plus utile qu'il aura un prolongement concret demain dans les politiques de nos États. Surtout si on arrive à pérenniser cette forme de rencontre et de réflexion.

Beaucoup disent qu'il ne s'agit que d'une rencontre et puis plus rien. Pourquoi avoir peur de la pensée, de la réflexion, de la réflexion indépendante et autonome ? Les gens doivent pouvoir réfléchir et penser à l'intérieur comme à l'extérieur des cadres institutionnels. L'essentiel est qu'au final il y a une avancée pour le continent.

Le rendez-vous doit donc être pérennisé, mais entre-temps comment faire pour qu'il ne s'agisse pas d'un énième forum parmi tant d'autres, qu'il aboutisse à des résultats tangibles ?

Notre vocation n'est pas de dire aux chefs d'État ce qu'ils doivent faire. Notre vocation n'est pas non plus de faire des résolutions contraignantes puisqu'il s'agit d'un forum informel. Notre vocation est de faire passer des messages, des recommandations.

Arriver à mettre en place ces ponts entre le monde de ceux qui réfléchissent, écrivent, font des recherches et celui des décideurs politiques. Nous, notre rôle s'arrête à mettre en place des concepts, des analyses et à les déposer entre les mains de ceux qui agissent. Ils prennent les décisions.

S'ils veulent les utiliser, c'est très bien, s'ils ne veulent pas, notre fonction de plaidoyer doit se poursuivre. Si les Européens, les Américains peuvent avoir des bases militaires en Afrique, les Africains devraient avoir des bases panafricaines dans le continent, dans le Sahel, au Niger, etc.

Apprendre à nos jeunes à vivre ensemble, parler ensemble, s'entraîner et se battre ensemble pour défendre le Sahel et défendre l'Afrique. À cela, tout le monde hurle en disant où trouver les financements. Mais une fois que la guerre a éclaté, tout le monde accourt, les nations-unions, l'Union européenne, et ils mobilisent dix milliards de dollars.

Prenez 10 % de ces milliards que l'on mobilise pour éteindre les incendies pour les mettre à la disposition de ces bases panafricaines et vous allez voir, vous n'aurez plus besoin de débourser des sommes astronomiques pour régler les conflits...

Le mot d'ordre de ce forum est "appropriation". Appropriation par l'Afrique des questions de paix et sécurité. Or, le nerf de la guerre, c'est l'argent. Le fait est qu'aujourd'hui, le volet sécurité de l'Union africaine est subventionné par les Européens faute de contributions suffisantes des États africains, ce qui pose des problèmes de souveraineté...

Solutions africaines aux problèmes africains. Quand vous allez frapper aux portes de l'Union européenne pour financer l'Union africaine, c'est incohérent. Je ne dis pas qu'il faut refuser les partenariats avec les Européens, mais à chaque fois qu'il y a un problème, les Africains devraient être les premiers sur le terrain.

Quand il y a un problème en Guinée, nos médecins qui ont une expertise dans le traitement d'Ebola devraient être les premiers à intervenir. Il faut que l'Afrique apprenne à aider l'Afrique, à la protéger, la défendre. Si on veut défendre l'Afrique au Darfour, en Somalie, on doit être les premiers sur le terrain, ce qui passe par mettre la main à la poche.

On a des puissances économiques et financières. La Libye, actuellement en crise, l'Algérie, le Maroc, le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Angola. Ce dernier peut cotiser à hauteur de 100 millions de dollars dans une mission africaine, le Sénégal pour 20 millions, la Gambie 2 ou 3 millions... Chacun selon ses moyens. L'essentiel étant que les Africains prennent en charge leurs propres problèmes.

Pensez-vous que les leaders africains en place veulent vraiment voir arriver cette force panafricaine ?

Ce n'est pas une question de moyens comme vous l'avez souligné, mais un État comme l'Algérie, en mesure de prêter de l'argent au FMI, refuse toute idée de force panafricaine jugée comme une source d'ingérence... Je pense qu'il y a eu une prise de conscience globale de la nécessité de le faire.

L'intervention occidentale en Libye, largement condamnée en vain par les États africains, suivie de la crise malienne, a suscité cette prise de conscience ?

Oui, comme la crise au Sahel. Mais en même temps les questions de sécurité sont tellement sensibles que chacun comprend l'importance de trouver des solutions. Quelque part, on s'est installé dans une culture de chevauchée individuelle dans laquelle chacun essaie de régler ses problèmes lui-même et c'est quand c'est impossible qu'on s'arrête pour réfléchir.

Et la communauté accourt, sans moyen aucun. On ne met pas de budget à la disposition de la Cedeao, l'Union du Maghreb ne marche pas, on ne dote pas l'Union africaine des moyens nécessaires... À un moment, on a envisagé de mettre en place une sorte de taxe.

Un dollar par permis de conduire, sur les exportations, ou les importations, un financement non douloureux parce que non ressenti tellement il est infime. Une partie irait à la sécurité, une autre au fonds contre le sida, l'autre contre Ebola...

Bien organisée, cette démarche peut permettre d'obtenir des sommes énormes et de prendre en charge nous-mêmes les problèmes de notre continent. Le financement innovant, c'est cela.

Il faut d'abord que les Africains commencent et que nos amis nous trouvent en train de financer nos propres problèmes et d'apporter nos propres solutions. Et ils seront alors heureux de nous aider... dans le respect.

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