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 Le blog de Léonce Lebrun

Dans aucun pays du Monde il n’y a un tel vocabulaire de marginalisation des minorités, qu’elles soient politiques ou sociétales, en vertu des diktats de la "Démocratie" qui impose la loi d'une majorité, certes légale, mais non légitime, d’un point de vue morale, car elle peut être idiote, obtenue sous le coût d’un enfumage  bien rodé, destiné aux naïfs d’un Système à bout de souffle…

... Et vous avez : communautarisme, diversité, populisme, islamisme radical,  radicalisation et le dernier né, terrorisme, dont le Pouvoir exploite politiquement les conséquences, avec le concours de médias affidés, tout  en  niant délibérément les causes, par exemple la destruction de l’Etat libyen….

AFCAM a 10 ans

 

Je dois tout d’abord  rassurer nos nombreux amis(es) de mon appartenance à la société civile, certes, un discours de conquérant à l’intention de mes frères africains, distillé avec un esprit de rigueur, de responsabilité, et de solidarité, directement lié au mode de fonctionnement des légions romaines, et mes années de PME (1) et PMS (2) prélude à la préparation des officiers de réserve, mais je ne suis pas un militaire de carrière.

 D’autre part je remercie toutes celles  et ceux qui ont manifesté leur sympathie à l’occasion de la disparition du regretté Edouard Glissant, par l’envoi de textes de l’écrivain, et de gravures qui  seront exploités en temps utile.

 Certains se sont risqués à une similitude  de notre combat, sauf qu’on a divergé sur des thématiques telles que l’antillanité que je ne partage pas, et le  panafricanisme qui est le ressort de notre identité et de nos racines.

 Néanmoins je rappelle que l’Homme a été expulsé de son pays, la Martinique, dans les années 1960, pour ses activités nationalistes, ce qui ne l’a pas empêché quelques années après d’être le brillant lauréat  du doctorat es lettres délivré par la prestigieuse Sorbonne.

Cela étant, AFCAM a 10 ans…

Dix ans, les anciens se rappellent, était l’âge pour subir les épreuves du concours  d’entrée en 6è des Lycées et collèges, synonyme par la suite de la poursuite éventuelle d’études supérieures.

A  l’époque, dans l’école coloniale, je savais parfaitement maitriser le calcul, la dictée, et la rédaction avec ses trois parties, entrée en matière, développement, conclusion, remplacée plus tard par la dissertation qui demandait un supplément de connaissances et de réflexion à l’élève.

Nous étions deux ou trois gamins depuis le CP1 à saisir l’enjeu, pour concourir dans une saine émulation en vue d’arracher la pôle position et remporter les prix d’excellence, ouvrages d’auteurs à la mode et autres récompenses.

Du reste quand je reviens au pays, mon grand  bonheur est de rendre visite à ces faiseurs de cerveaux, mes anciens maîtres encore de ce monde, dont un me disait avec gravité… «  mon garçon, pour un élève de votre âge, vous aviez cette faculté de dominer le temps et l’espace… 1789, n’est pas 1815 , Le Canada n’est pas le Brésil, plutôt rare à l’époque, cette faculté… » et de conclure en créole…

 …sar ka fai en pays moune en, a den fret tala, sé moune conre nou bisoin ici ya, pou fouté ces vié blancs en  déro…

Traduction… Qu’est que vous faites toujours en Europe, dans ce climat froid, ces sont des hommes de votre valeur que nous avons besoin ici pour chasser les Européens...( politiquement s’entend)

Mon vieux maître n’avait pas  changé, et j’éprouvais cette immense satisfaction de constater que malgré les années qui passent, ce penseur avéré  conservait intact ses idées nationalistes.

Je ne lui avait jamais fait part de mon implication dans ce  difficile combat, tout juste  une allusion pour lui  faire comprendre que les révolutions anti colonialistes, étaient conduites par des femmes et des hommes intellectuellement  politiquement et mentalement  libres, ce qui dommage n’est pas le cas de cette partie de la Caraïbe, dominée par les vestiges de l’Assimilation et cela probablement pour longtemps.

Chacun son destin, et moi de me remémorer ma fiction…..

« « « En acceptant cette mission j’étais un soldat, avec le grade de général de brigade, spécialiste des armes stratégiques et bactériologiques, un secteur très sensible, dont pourtant je fus maintenu en fonction à ce niveau de responsabilité...

 ...Malgré une opposition connue avec la hiérarchie en raison de mes prises de position ferme sur l’avenir de toutes ces colonies dites outre mer,  dès lors  pour l’Etat major, j’avais un statut de déserteur...

 ...Considéré comme étant passé à l’ennemi, relevant d’une cour martiale en temps de guerre, suivant le Code des Armées, pour un prononcé de la sentence  avec au bout, le peloton d’exécution.

L’assaut de ma cachette fut caractérisé par un échange violent d’armes automatiques, au cours duquel sept de nos hommes furent tués, dont deux proches collaborateurs, des amis, le lieutenant colonel Girard ( 37 ans) et le commandant Gasparin (29 ans)

Sortis majors de leur promotion, l’un de l’Ecole Polytechnique, l’X, l’autre, de l’Ecole Spéciale d’Application inter armées de Saint Cyr Coëtquidan, de brillants officiers promis à un bel avenir.

Tous deux, nés en Europe, drôle de destin, et qui m’avaient suivi à ma demande, dans cette aventure meurtrière, par amour pour la patrie d’origine de leurs parents.

Manifestement le commando, composé des meilleurs tireurs des troupes d’occupation, n’avait  pas pour mission de m’abattre, selon  la tactique employée, mais d’avoir un prisonnier de haut niveau dans  la rébellion...

...dans la perspective d’un procès public, à l’occasion duquel le pouvoir colonial  tablait sur la destruction du mouvement de décolonisation, mais dans mon rêve nous en connaissons la suite..

Par l’intermédiaire de mon avocat, j’ai exigé  qu’aucune  entreprise ne soit mise en œuvre pour une évasion éventuelle, j’avais joué, j’ai perdu pour un temps, il faut savoir partir sans regret, ma mission accomplie, c’est la dure loi du destin…

Demain, à l’aube endeuillée, quand l’officier commandant le peloton d’exécution, aura au paravent lu l’acte d’accusation  consécutif à la sentence…

…Mon Général… au nom du…

tombera l’ordre fatal… en joug…avant le … feu…debout, fier sans bandeau, fixant mes suppliciés d’un jour… tous des indo européens, les soldats autochtones ayant refusé de participer à cette mission macabre, sont placés en arrêt de forteresse avant leur procès  pour  refus d’obtempérer en temps de guerre, rébellion, haute trahison, de lourdes charges politico- colonialistes…

… avant de mourir, avec force et honneur, je pousserai cet ultime cri de conquête faisant trembler ce ciel voilé du matin…

 Vive la Caraïbe, Vive l’Afrique libre…

  Vive la Caraïbe Vive l’Afrique éternelle...

Mais alors que sont devenus mes anciens camarades de la communale, et j’espère qu’ils ont épousé la voie de la conscience, parce qu’ils en avaient les aptitudes…

 La conscience au regard de laquelle, un brillant cerveau disait…. -Tout homme peut se passer de religion, mais nul ne peut se passer de conscience -Henri Bergson, 1859- 1941

 La conscience ce perpétuel combat entre le bien et le mal, dont nous observons qu’il est plus difficile de faire le bien qui réclame de la réflexion et de l’intelligence, que se livrer au mal qui par définition relève de l’espèce animale.

C’est bien à ce niveau que s’établit une hiérarchie des valeurs entre les hommes, quels que soient leur race ,sexe ou  religion, et que je suis efforcé depuis mon entrée dans la vie politico-associative de prendre la mesure en proposant des actions  de nature à susciter l’intérêt, d’où est né AFCAM , et vous observerez  dans la deuxième partie du massage prochainement que le bien n’est pas toujours récompensé, à travers un fait vécu dans l’Ile sœur de la Guadeloupe.

A suivre

Léonce Lebrun

(1)    PME préparation militaire élémentaire

(2)     PMS préparation militaire supérieure

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