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 Le blog de Léonce Lebrun

Drôle de monde dans lequel nous vivons, un monde  où la Démocratie, ne fait pas bon ménage avec l’éthique et la déontologie, il suffit pour une chapelle de ramasser la mise, que dis-je le pactole du Palais Bourbon ave à peine 20% du corps électoral...

Car Il a fallu la maladresse d’un courant, et une chance extraordinaire, pour  rétablir la Bourgeoisie dans toute sa splendeur, sous couvert d’une habile monarchie républicaine.

Oui mais dans tout ce climat idyllique, il y a une masse qui attend son heure pour renverser la table, par tous les moyens, y compris un remake à la mode de la Commune de Paris (1871) alors là, il n’y aura pas de Versaillais pour sauver la mise, car l’Histoire m’a appris qu’on avait toujours tort d’abuser du peuple,...dure sera la chute... 

Une alliance afro caraïbéenne

 Au même titre que l'Histoire rend ses verdicts, la mer, dit-on, rejette toujours ses cadavres. Bien évidemment, je ne précise pas la nature de ces cadavres, ni même la durée pendant laquelle ils ont séjourné hors du temps. Une heure, une année, des siècles ...

 Peu importe, il s'agit là de convenance personnelle, façonnée par l'éducation, le temps, l'environnement, la maîtrise de l'événement…

Bref, à chacun son destin. Le destin, on y croit ou on rejette, un mot magique qui ne peut laisser personne dans l'indifférence.

 Au plus profond de lui-même, tout être conscient, scrute l'avenir avec bonheur ou tristesse, que demain me réserve- t'il!…

Si un destin existe pour une personne, il est aussi valable pour un peuple, une nation, une race et nous en revenons toujours au même point.

Rien n'est définitif, car nous sommes les contemporains de l'Histoire et nous avons, chacune et chacun, l'impérieux devoir d'en modifier la trajectoire.

De fait, en 1993, j'écrivais qu'en cette fin du 20ème siècle, le Monde Nègre était placé sous tutelle, un constat qui n'emporte nullement adhésion car de même que la mer rend ses cadavres , "chaque cochon a son samedi"…

 A l'évocation de ce proverbe bien caraïbéen , les choses bougent et comme il faut.Pour bien comprendre cette nouvelle donne, il faut revenir en arrière si vous le voulez bien. 

Précisément, à partir de 1946, après la seconde guerre mondiale, l'empire français, quoiqu'attaqué sérieusement sur le front oriental avec l'offensive indochinoise, conserve de solides bastions en Afrique, dans le Pacifique, en Caraïbe.

Plus que le pillage des richesses, détenues dans les colonies, l'administration française a montré son vrai visage. C'est le temps où l'obscurantisme des masses colonisées est à son apogée.

D'une façon générale, sur l'ensemble de la planète, l'homme nègre est présenté comme un objet de la nature. On lui dénie le droit d'être un sujet de l'Humanité, privilège qui est réservé au seul monde indo-européen.

En Caraïbe, où nous descendons des Gaulois, dit-on, Martiniquais et Guadeloupéens sont divisés sur l'essentiel, leur racine, alors même que la " mère patrie " prépare ses enfants zélés qui seront pour certains, devenus administrateurs de colonies " plus indo européen que moi tu meures ".

Ayant à leur service des "mamas", des "zoulous", des "nègres guinés", des "nègres marrons", autant d'expressions largement répandues dans nos pays pour la gloire de la puissance coloniale .

Et puis est venu le temps de la décolonisation, un temps où les administrateurs de colonies ont dû se résigner à partir, laissant derrière eux, trahison, mensonge, humiliation. L'Afrique avec sa Coopération…

La Caraïbe, installée dans la désillusion de l'assimilation…Tout avait été mis en place pour que ces deux peuples caribéens et africains s'ignorent, se haïssent, se combattent.

Mais voici que le destin est passé par là, à Lyon, ce fut la rencontre de deux mondes, une aventure qui a priori n'était pas programmée par les actes, mais qui sait, dès lors qu'il n'y a pas de hasard, où plus exactement, que le hasard n'a que peu de place dans le destin des hommes.

Oui, ce fut à Lyon que des femmes et des hommes originaires de la Caraïbe et de l'Afrique décidèrent de mettre en commun leur courage, leur intelligence, leur imagination, pour se lancer dans l'aventure de la radio et de la communication.

De ces retrouvailles naturelles, est né SUN.FM station de radio afro-caraïbéenne que chacune et chacun se plaît à écouter, notamment à l'occasion de ces longues heures de détresse, consécutives au déracinement et à l'éloignement de nos pays respectifs.

Radio SUN F.M. 101.5, ce fantastique instrument de diffusion des idées, de divertissement, c'est le résultat le plus tangible de l'alliance afro- caribéenne, une expérience exemplaire en France, et probablement unique en Europe.

Qui a pu voir le jour et se pérenniser, grâce à la ténacité, la vigilance, l'intelligence et le sens de la diplomatie d'un homme, que nous connaissons en la personne de "Gilles".

Ils sont venus, ils sont tous là, il y a même l'enfant maudit. Cet enfant maudit, par qui arrivent tous nos malheurs.

Cet empêcheur de tourner en rond, qui prend un malin plaisir à nous tenir régulièrement un discours sur la responsabilité, la dignité, l'indépendance de la Caraïbe, de toute la Caraïbe, du devoir de mémoire, des nègres marrons, des institutions, de la souveraineté de nos peuples encore sous tutelle…

Bref, s'en est trop pour nous, ces "descendants de gaulois", qui rasons les murs, prêts à toutes les compromissions au service de l'homme indo-européen, qui ne se gênera pas de poursuivre sa domination, mille ans, ad vitam aeternam, si personne ne se dresse pour dire ..

Non.Cet enfant maudit qui exhorte le courage, méprise la lâcheté, et nous fait "mal voir" par les français, glorifie le nègre, voue aux orties les négrillons.

Eh ! Oui, cet enfant maudit, c'est votre serviteur, un fervent et chaud partisan de l'alliance afro- caraïbéenne, l'Homme des Assises de 1993 qui scrute l'Histoire,et dont la perspective de 1998 ne pouvait lui échapper.

1998, 150ème anniversaire de l'Abolition de la Traite des Nègres en Afrique, de l'Esclavage en Caraïbe, à la Réunion, en Guyane…

1998, le rendez-vous du Monde Nègre1998, le rendez-vous de l'axe Afrique, Amérique, Caraïbe, un temps fort pour nos peuples, un espoir pour notre race, une chance pour l'Humanité…

N'est-ce pas que la mer rend toujours ses cadavres.…

Léonce Lebrun 

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