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 Le blog de Léonce Lebrun

Dans aucun pays du Monde il n’y a un tel vocabulaire de marginalisation des minorités, qu’elles soient politiques ou sociétales, en vertu des diktats de la "Démocratie" qui impose la loi d'une majorité, certes légale, mais non légitime, d’un point de vue morale, car elle peut être idiote, obtenue sous le coût d’un enfumage  bien rodé, destiné aux naïfs d’un Système à bout de souffle…

... Et vous avez : communautarisme, diversité, populisme, islamisme radical,  radicalisation et le dernier né, terrorisme, dont le Pouvoir exploite politiquement les conséquences, avec le concours de médias affidés, tout  en  niant délibérément les causes, par exemple la destruction de l’Etat libyen….

Lavage de cerveau-Résistance

 

Lorsque le 9 avril 1994, j’ai débuté cette émission, bien assise désormais dans le paysage audio caribéen et africain, ou PACA, de la région de LYON, je déclarais :

..<<  On ne vieillit pas avec le temps qui passe, on devient vieux quand on a trahit son idéal.>>.. L’idéal, un concept venu de partout et de nulle part , un concept qui nous habite au quotidien, un concept qui nous encourage à vivre , un concept qui nous autorise à espérer....

...A espérer, vous, moi, madame, monsieur, originaire de l’Afrique, la Caraïbe, la Réunion, la Guyane. Vous, moi, dont les ancêtres ont connu le malheur et l’indignité sur cette planète, au cours de ces derniers siècles.

  Vous peut-être, moi certainement qui cultivons ce devoir de mémoire.

Un devoir de mémoire qui nous enseigne, qu’un peuple sans Histoire, ne peut avoir d'avenir...

...Faire croire le contraire relève de l’escroquerie intellectuelle. Ne pas croire à cette évidence, vous, moi, c’est être victime d’un lavage de cerveau.

  Alors si tel est le cas, organisons, et sans plus tarder, une ferme résistance individuelle et collective au niveau de nos peuples, pour l’honneur et la dignité de notre race.

  Il est du devoir impérieux pour un prisonnier de guerre, de chercher par tous les moyens, à se libérer. Il cultive, et vit au titre de cet idéal-là.

  Or, depuis des siècles, nos ancêtres, vous, moi, nous sommes les prisonniers d'un système qui a placé notre race, sous la tutelle du monde occidental.

  Un monde qui ne fait pas de quartier, un monde dont la seule règle, est la loi impitoyable du marché.

  Or, dans ce cadre-là, notre handicap est trop énorme pour opposer une résistance crédible, à un adversaire potentiel.

  On se soumet ou on résiste, c’est la dure réalité de la vie des hommes.

  Et pourtant, il va falloir que, coûte que coûte, on gagne, le temps au temps, avec l’imagination au pouvoir.

  Pour ma part, n’ayant jamais été victime d’aucun quelconque lavage de cerveau, j’ai tout naturellement opté pour la seconde alternative, la résistance, et nul ne peut être étonné.

  C’est dans ce contexte que j’ai présenté à l’occasion d’événements historiques touchant nos pays, deux chroniques – Un rêve et prémonition – exposant la situation d’une nation de la Caraïbe qui arrache son indépendance. Je précise bien « qui arrache ». La nuance a tout son intérêt, on le verra plus loin.

  Il s’agissait en l’occurrence de la Martinique. Une Martinique dont les enfants, ont pour un temps, dominé les vieux démons que sont, entre autres, l’irresponsabilité, le culte ou la peur de l'indo européen

  Chassé ses fantasmes que sont : l’imaginaire attachement à une non moins imaginaire et lointaine "mère patrie" ; la peur du non-versement des prestations sociales ; la peur de la liberté, un paradoxe, eux, les enfants des nègres marrons d’antan.

  Comme à l’accoutumée, les inconditionnels de cette émission qui pensent que votre serviteur exprime haut et fort, ce que beaucoup, et ils sont de plus en plus nombreux, ressentent dans le silence et l’inquiétude, ont applaudi à deux mains, ce morceau de courage, cette vision sur le destin de notre pays.

  Mais que penser de ces égarés du système, français ou caribéens, en particulier celles et ceux originaires de la Martinique, qui ont été pris de panique, à l’idée que ce pays serait dirigé par des nègres...

...Alors que dès leur plus jeune âge, on leur avait dit et martelé que ces gens-là sont des sauvages, des irresponsables, incapables d’imagination et d’esprit d’entreprise, race inférieure, voire maudite, tout juste destinée à être dominée pendant mille ans par l'indo européen.

  Quelle catastrophe, mon bon monsieur, ma bonne dame, notre Martinique, "sans la mère patrie", dirigée malgré tout, par des hommes compétents.

Une Martinique disposant de ses institutions, son programme économique, social et culturel, son drapeau, son hymne national. Libre de sa diplomatie, assurant sa sécurité. Une Martinique qui a fait voler en éclat la francophonie. Bref, une Martinique souveraine.

  De vous à moi, nous pensons que le lavage de cerveau a fait des ravages et que c’est dans le proche environnement de ces personnes-là, que seront arrêtés, celles et ceux qui auront été reconnus, coupables de haute trahison.

  Pour ces gens-là, on instituera un visa

  Pire, la Martinique n’a pas négocié sa liberté et encore une fois, j’en réfère à FrantzFanon

"L’indépendance ne s’octroie pas, elle s’arrache", oui, elle s’arrache. Et là, remontons le cours de la courte histoire contemporaine, si vous le voulez bien.

  Nous sommes au début des années 1960, la France précisément, est empêtrée dans le bourbier sanglant algérien.

  L’Hôte de l’Elysée qui a gagné la bataille de la Constitution de 1958 , en instaurant la 5e république, décide de fairre la part du feu.

  Depuis le 16 septembre 1959, il a déjà arrêté le principe que l’Algérie sera algérienne malgré les ultras. Principe qui sera concrétisé à compter du 1er juillet 1962, date de l’indépendance de ce pays.

Il est fait la part du feu, ai-je souligné, faire face à plusieurs conflits coloniaux, n’est pas une bonne chose pour le pays, d’autant plus qu’avec l’affaire algérienne, la diplomatie française est au plus bas. Les grandes nations ne suivent pas sa politique.

  Alors, on décide de décoloniser l’Afrique les semblants d’état, concentrés dans les zones dites AOF et AEF sont libérés à tout va. C’est gratuit, ça ne mange pas de pain, mais ça se paiera plus tard, et au prix fort.

  A l’Organisation des Nations Unies, ils se bousculent sous le parrainage de la France, bien évidemment.

La France qui demeure une nation impérialiste, une nation colonialiste et nationaliste, une nation qui a vu avec effroi, disparaître ses possessions d’antan.

  Qu’importe, les dirigeants africains de l’époque n’ont pas reniflé l’embrouille, le piège, la supercherie de l’Indépendance octroyée de toute façon. Ils sont formés pour, aux ordres, trop pressés qu’ils sont, de se bousculer les uns les autres, sur le perron de l’Elysée. Ils ne se rendent pas compte, qu’ils vont, à un nouveau CANOSSA

  Entre leurs peuples piétinés, leur race écrasée, et le dîner soi-disant officiel, ils ont choisi le champagne de Paris.

  Comme pour la Caraïbe, laRéunion, la Guyane, on a inventé l’asimilation en 1946

Pour les Africains, on mettra en place, la coopération, le fourre-tout, l’auberge espagnole, la bonne affaire qui permet à l’ex-puissance dominatrice, de demeurer sur place et se servir à bon compte. Des indépendances comme ça, merci !

  Oui, merci, car plus de 40 ans après, tout le monde descend sans buffet, mais on paye.

  Oui, l’Afrique paye le prix fort, à cause de cette absence totale, de sens politique, de vision globale qui n’a pas permis à des dirigeants incapables, de comprendre, que l’Indépendance s’arrache.

  Le prix fort, ai-je précisé.

Comment accepter, sans l’ombre d’une réflexion, le rôle de la France sur le continent africain, son armée paradant en République Centre-Africaine protégeant un général président au Tchad. ..

  Vous avez dit coopération, mais avec qui, pour quoi faire et dans quel but. A ce rythme là, la francophonie a de beaux jours devant elle. Et aux coopérants, le haut niveau de vie, et le soleil en prime.

  Mais voici que face à ce gigantesque lavage de cerveau avéré, s’organise ici et là, la Résistance.

  Voici venu le temps, où la diaspora afro-caribéenne s’organise autour d’une idée simple, ils sont tous des nègres, fiers et dignes. Pendant des siècles, le système leur avait caché la vérité.

  Mais avec le temps nouveau, ils découvrent, qu’il y a toujours plus d’une chaîne à briser. Pour cela, ils donnent rendez-vous à l’Histoire

 Léonce Lebrun

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