MOI2

Le point de vue de Léonce Lebrun 

 

Le Communautarisme (suite)

 

Ces éternelles questions qui sont posées à la classe politique toutes tendances confondues…

…qu’est ce que le communautarisme…

… en quoi ce mode de rencontre notamment culturel et fraternel peut-il mettre en danger les fondements de cette République version monarchique…

 

…quelles sont ces minorités ethniques qui sont l’objet de cet acharnement politico- médiatique que je subodore être les Africains les Caraïbéens les Maghrébins et autres musulmans(nes) …

 

…ces empêcheurs de tourner-en-rond…

 

…ces descendants du commerce triangulaire, de l’Esclavage et la Colonisation, dont la présence sur le territoire européen français, rappelle à son peuple, des heures sombres peu glorieuses…

 

…mais n’est pas visée la communauté hébraïque, de race indoeuropéenne, hyper organisée de grande solidarité, financièrement solvable et disposant d’énorme influence politique héritéeS des conséquences de la Guerre 1939-1940, malgré le nombre réduit de membres…

 

…à un moindre degré, la colonie arménienne que je connais bien…

 

…les békés de la Martinique, d'origine européenne, descendants des négriers d’antan, quoi que peu nombreux monopolisent toute l’économie du territoire, et vivent en état autarcique…

 

…les expatriées Français installés dans l’ouest du Continent africain, véritables missi dominici, servant de relais au système impérialo-néocoloniailme, ne se mélangent pas avec les autochtones africains.

 

Pour bien cerner cette problématique je vais exposer une affaire qui a concerné deux couples  ,l’une d’origine caraïbéenne et l’autre européenne –souchiste-…

 

Propos d’un membre du couple caraïbéen…

 

… « tu te rends compte Léonce, nous faisons tout pour être agréables et conviviales à nos voisins européens, invitations, offres, de nos spécialités culinaires…

 

… mis voilà depuis des années nous ne connaissons même pas la couleur de la moquette de leur salon… »

 

… « seulement si nous arrêtons ce mode de voisinage ce sont nos enfants qui en souffrirons par mesure de représailles »…

 

En fait c’est une affaire sociétale, dont connaissent des milliers de nos compatriotes, que je lui ai recommandé de s’en sortir de ce guêpier « servito-colonialiste »…

 

… et se rapprocher davantage de nos communautés caraïbéennes qu’il s trouverons de la solidarité, une vraie fraternité une, réelle convivialité…

 

…ai-je fait du communautarisme au sens politique du contexte actuel…

 

…oui, et je l’assume totalement

 

Car dans une société où ça craque de partout, identitaire par là, racisme anti blanc par ci ,la confiance vis-à-vis de nos hôtes européens est mise à rude épreuve…

 

… et ce n’est pas la charge brutale gouvernementale en direction de ses collaborateurs nationaux qui modifiera l’ordre des choses au regard d’une Nature têtue et vindicative….

 

…qu’avec le temps qui passe, les incohérences politiques des uns et la bêtise des autres, le Communautarisme est devenu une doctrine comme le Communisme et le Capitalisme…

 

…que les uns et les autres soutenus par des médias hyper affidés ne pourront pas éradiquer….

 

…vous avez dit listes communautaristes…ah bon …pour la suite.

https://www.youtube.com/watch?v=FGqMMpMkKXs&t=19s

 

l'Esclavage est le système socio-économique

 

 

L'Esclavage désigne les conditions sociales des esclaves, des travailleurs non libres et généralement non rémunérés qui sont juridiquement la propriété d'une autre personne et donc négociables  achat, vente, location au même titre qu'un objet ou un animal domestique.

 Au sens large, l'Esclavage est le système socio-économique reposant sur le maintien et l'exploitation de personnes dans cette condition.

 

Défini comme un outil animé  par Aristote , Éthique à Nicomaque, VI, chap. VIII-XIII, l’esclave se distingue du serf, du captif ou du forçat, conditions voisines dans l'exploitation, et de la bête de somme, par un statut juridique propre, déterminé par les règles , coutumes, lois, en vigueur dans le pays et l’époque considérés.

 

 Ces règles fixent notamment les conditions par lesquelles on devient esclave ou on cesse de l'être, quelles limitations s'imposent au maître, quelles marge de liberté et protection légale l'esclave conserve, quelle humanité , quelle âme, sur le plan religieux on lui reconnait .

 

 L'affranchissement d'un esclave , par son maître ou par l'autorité du prince fait de lui un affranchi avec un statut proche de celui d'un individu ordinaire.

 

Les traites négrières sont les plus emblématiques des pratiques esclavagistes, de par leur durée plusieurs siècles, leur ampleur , plusieurs dizaines de millions d'esclaves, et leur impact historique , notamment aux États- Unis et sur l'Afrique.

Ponctuellement condamné depuis l'antiquité , ralement et parfois juridiquement, et plus récemment par les droits de l'homme, l'abolition de l'esclavage a pris long temps.

 

 L'esclavage est aujourd'hui officiellement banni , a par exemple le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Néanmoins, outre le fait qu'il ne suffit pas d'interdire une pratique pour la voir totalement disparaitre, il peut encore exister localement des tolérances des pouvoirs publics.

 

Définitions

Étymologies

Le terme moderne esclavage  vient du latin médiéval sclavus déformation du mot latin slavus ,  slaveLe mot esclave serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise, où la plupart des esclaves étaient des Slaves des Balkans, une région qui s'appelait autrefois Esclavonie , puis Slavonie, et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de  Croatie .

 

 La même racine se retrouve dans le mot arabe saqaliba, ce qui n'a rien d'étonnant puisque les Turcs se procuraient leur futurs janissaires en achetant ou capturant des enfants chrétiens dans la même région.

 

Rome pratiquant l'esclavage, comme tous les peuples antiques, le latin disposait évidemment d'un terme pour désigner l'esclave , ervus, qui a conduit aux termes servile  et servilité , relatifs à l'esclave et à sa condition. Ce mot a aussi donné naissance aux termes serf  du Moyen Âge et aux modernes service , serviteur , voire ciao .

 

Définition française

Selon l'Académie française, l'esclave est une personne qui n'est pas de condition libre, qui appartient à un maître exerçant sur elle un pouvoir absolu . L'esclavage est donc avant tout la condition d'esclave, et la réduction d'un homme à l'état d'esclave.

 

L'esclave peut dépendre de toute autorité , pesonne, groupe, organisation ou encore État. L'Académie française ajoute à cela, par extension, toute institution sociale fondée sur l'existence d'une classe d'esclaves 

 

Par analogie, l'esclavage est donc l’ état, la condition de ceux qui sont soumis à une tyrannie, à une autorité arbitraire , asservissement, servitude. 

 

La définition n'exclut donc pas formellement la notion de servitude volontaire.

Autres sens /

 

         Au sens figuré, l'esclavage est l'état d'une  personne qui, par intérêt ou par goût, se met dans la dépendance d'une autre et suit aveuglément ses volontés.

          Par extension, se dit d'une personne qui se tient dans un état d'assujettissement, de dépendance, qui subit l'empire d'une chose

         Au figuré, se dit de tout ce qui tient dans un état d'assujettissement, de dépendance. L'esclavage du tabac. L'esclavage de la mode. L'esclavage des passions. Par métonymie, activité imposant une sujétion. Ce travail est lucratif, mais c'est un véritable esclavage. 

Définitions juridiques

         La convention relative à l'esclavage, 1926,  de la Société des nations dispose en son article premier que L'esclavage est l'état ou condition d'un individu sur lequel s'exercent les attributs du droit de propriété ou certains d'entre eux.

          L'article définit également la traite des esclaves comme tout acte de capture, d'acquisition ou de cession d'un individu en vue de la réduire en esclavage,  tout acte d'acquisition d'un esclave en vue de le vendre ou de l'échanger,  tout acte de cession par vente ou échange d'un esclave acquis en vue d'être vendu ou échangé, ainsi que, en général, tout acte de commerce ou de transport d'esclaves

        L'Organisation internationale du travail a adopté en 1930 une définition du travail forcé que l'on peut rapprocher de celle de l'esclavage , le terme travail forcé ou obligatoire désignera tout travail ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lequel le dit individu ne s'est pas offert de plein gré 

         La convention relative à l'abolition de l'esclavage ,195 des Nations unies renvoie à la définition de la convention de 1926, en ajoutant en son article premier plusieurs Institutions et pratiques analogues à l'esclavage , rvitude pour dettes, servage, mariage forcé,

Usages particuliers

        L'OIT assimile au travail forcé, le travail des enfants .

        La notion d'esclavage ou de servitude est souvent utilisée comme argument politique ou idéologique  notion anticapitaliste d'esclavage salarié, notion libérale d'esclavage fiscal, raisonnements de pacifistes et raisonnements de libéraux.

         Pacifistes ou non assimilant le service militaire à une forme d'esclavage , ce que la convention de l'OIT de 1930 exclut clairement, notion d'esclavage animal

Histoire

Les sources de l'esclavage

Une condition héréditaire

La transmission héréditaire du statut d'esclave est historiquement récurrente. Les modalités et le degré de formalisation des règles de transmission sont cependant variables.

 

 Durant la période romaine classique, ce statut s'hérite par la mère, sans qu'aucune attention ne soit portée à la condition du père.

 

 On nomme verna un esclave de naissance. Aux États-Unis, si la législation est mouvante dans le temps et, surtout, différenciée selon les États, la transmission de la condition d'esclave par la mère est très largement dominante.

 

 Les premiers textes en attestant sont le statut du Maryland de 1664 et le code virginien de 1705. La loi a parfois répondu aux rares cas d'union entre femmes libres et esclaves en imposant aux enfants de servir le maître de leur père, à vie ou pour une durée déterminée.

 

À compter d'Omar, dans la seconde moitié du VIIe siècle, la législation islamique prend le contre-pied de ce mode de transmission, en posant que l'enfant d'une esclave est libre si le propriétaire est le père de l'enfant. La  mère d'enfant  - le titre est officiel - est libérée à la mort de son maître.

 

 La législation islamique se situe sur ce point dans la continuité des législations mésopotamiennes qui nous sont parvenues ,  un père libre et veuf qui épouse une esclave peut même faire de l'enfant qui naîtrait de cette union son héritier s'il l'a expressément adopté. La descendance d'une mère libre et d'un esclave est automatiquement libre.

 

La décision judiciaire

Le code d'Hammourabi mentionne pour la Mésopotamie des sanctions juridiques conduisant à l'esclavage comme, par exemple, la répudiation de ses parents par un enfant adopté.

 

 Sous la République romaine, certaines infractions entraînent la déchéance des droits civiques , capitis deminutio maxima , les déserteurs et les citoyens qui se sont dérobés au cens peuvent ainsi être vendus comme esclave par un magistrat, en dehors de Rome toutefois.

 

Sous l'Empire, la condamnation aux mines , ad metalla est l'une des peines les plus redoutées. Aux États-Unis, les Noirs libres peuvent être condamnés à l'esclavage pour un ensemble d'infractions juridiques assez larges , l'accueil d'un esclave fugitif, le fait de rester sur le territoire de certains États, telle la Virginie, un an après son émancipation.

 

Les abandons d'enfants

L'esclavage touche historiquement les populations les plus fragiles et en premier lieu les enfants. Le sort de l'enfant abandonné le conduisait ainsi souvent à l'esclavage en Mésopotamie et plus tard en Grèce et à Rome.

 

 

Dans ces deux dernières civilisations antiques, le droit d'exposition autorise l'abandon d'un enfant, le plus souvent devant un bâtiment public, un temple par exemple. L'enfant recueilli est soumis à l'arbitraire de son  bienfaiteur et échappe rarement à l'esclavage.

 

Quand il n'est pas abandonné, l'enfant peut aussi être vendu. Des contrats de vente d'enfants , datant de la troisième dynastie d'Ur, indiquent que la pratique semble être répandue au sein des civilisations mésopotaniennes.

 

Servitude pour dettes

 

La servitude pour dettes est une façon de repayer une dette en fournissant directement un travail plutôt qu'avec de l'argent ou des biens.

 

 Aboutissant très souvent au travail forcé, la servitude pour dettes est assimilée à de l'esclavage par de nombreux pays ainsi que par certaines conventions internationales, notamment en ce qui concerne le travail des enfants.

 

Le fonctionnement est théoriquement le suivant , une personne s'endette auprès d'un créancier, communément pour une dot, un enterrement, un traitement médical, etc.  pour repayer sa dette, il effectue un travail, et le temps travaillé , ou le produit de ce travail,  rembourse un montant équivalent de sa dette.

 

En pratique, ce travail devient effectivement une servitude, car le travail fourni ne parvient pas à rembourser la dette. Le débiteur fait ainsi travailler sa famille dont ses enfants, et le système peut se transmettre aux descendants, qui naissent ainsi déjà débiteurs.

 

D'après Anti-Slavery International, 20 millions de personnes seraient concernées dans le monde.

 

Aspect historique

Antiquité

Des systèmes de servitude pour dettes existaient déjà en Grèce antique ainsi qu'à l'époque romaine. Athènes pratique l’asservissement pour dettes, jusqu'à son interdiction par Solon  un citoyen incapable de payer sa dette à son débiteur lui est asservi.

 

 Il s’agit principalement de paysans dits  hectémores , louant des terres affermées à de grands propriétaires terriens, et incapables de verser leurs fermages. En théorie, l’asservi pour dettes est libéré quand il peut rembourser sa dette initiale.

 

 Le système, développé avec des variantes dans tout le Proche-Orient et cité par la Bible , Deutéronome, 15, 12-17, semble avoir été formalisé à Athènes par le législateur Dracon.

 

Solon y met fin par la σεισάχθεια , seisakhtheia, la libération des dettes, l’interdiction de toute créance garantie sur la personne du débiteur et l'interdiction de vendre un Athénien libre, y compris soi-même. Aristote fait ainsi parler Solon dans sa Constitution d'Athènes , XI, 4 

 

J’ai ramené à Athènes, dans leur patrie fondée par les dieux, bien des gens vendus plus ou moins justement , subissant une servitude , douleia,  indigne et tremblant devant l’humeur de leurs maîtres despôtes, je les ai rendus libres.

 

Bien que le vocabulaire employé soit celui de l’esclavage  classique , la servitude pour dettes en diffère parce que l’Athénien asservi reste Athénien, et dépendant d’un autre Athénien, dans sa cité natale.

 

 C’est cet aspect qui explique la grande vague de mécontentement populaire du VIe siècle av. J.-C. qui n’entend pas libérer tous les esclaves mais seulement les asservis pour dettes.

 

Enfin, la réforme de Solon laisse subsister une exception à l'interdiction de vendre un Athénien , le tuteur d'une femme non mariée ayant perdu sa virginité a le droit de la vendre comme esclave.

 

À Rome, la servitude pour dettes existe aussi, dans le Nexum codifié dans la droit romain. Elle est abolie par Appius Claudius Caecus en -326, -324 ou -312 par la Lex Poetelia-Papiria.

 

Moyen Âge

Le système de servitude pour dettes existait aussi dans le féodalisme au Moyen Âge, principalement en Europe mais également en Amérique latine d'après certains historiens.

 

 Il existait ainsi le système de  péonage  en Amérique, par exemple au Pérou depuis le XVIe siècle jusque dans les années 1950 lors de la réforme agraire. Dans le monde anglo-saxon, cela était comprit dans le système d indenture pour, par exemple, payer le voyages vers les colonies d'outre-mer.

 

Situation actuelle

Le système de servitude pour dettes existe toujours actuellement, bien qu'officiellement banni dans les législations nationales  l'Inde a aboli la servitude pour dette en 1975, sous l'impulsion d'Indira Gandhi et le Pakistan a voté une loi en ce sens en 1992, pourtant ces législations demeurent peu appliquées.

 

 On le trouve notamment au Népal avec le système de kamaiya au Népal dans de tels systèmes, des parents peuvent placer un enfant dès 7 ou 8 ans pour un travail en usine afin d'obtenir un prêt ou de payer des dettes.

 

Placé à la merci d'un patron pas nécessairement scrupuleux, le travail que fait l'enfant peut vite tourner à de l'esclavage.

 

Les exemples les plus connus de servitude pour dettes sont au Népal, au Pakistan et en Inde  dans ce dernier pays, la pratique est répandue dans l'agriculture et les industries de la cigarette, de la soie ou des tapis, et concerne surtout les Dalits.

 

 Les débiteurs, quels que soient les pays, sont fréquemment les plus pauvres  minorités ethniques, castes inférieures , paysans sans terre . Une étude portait sur les conditions de vie des milliers d'enfants travaillant dans l'industrie du tapis et les décrivait

 

Kidnappés, déplacés ou placés par leurs parents pour de faibles sommes d'argent. La plupart d'entre eux sont retenus en captivité, torturés et forcés à travailler 20 heures par jour sans une pause.

 

Ces petits enfants doivent s'accroupir sur leurs orteils, de l'aube au crépuscule chaque jour, handicapant sévèrement leur croissance. Les activistes sociaux dans ce domaine n'arrivent pas à travailler en raison du contrôle proche de celui d'une mafia exercé par les gérants des ateliers de tissage.

 

D'autres situations similaires se retrouvent au Brésil avec les plantations de canne à sucre et les charbonniers. En 1993, des enfants de 4 ans avaient été reportés au travail dans une plantation de coton à Paraná.

 

 En Mauritanie, malgré l'abolition de l'esclavage en 1980, il reste encore environ 400 000 personnes d'Afrique noire servant d'esclaves à des Berbères, les enfants comme les adultes.

 

Estimer le nombre de personnes concernées est un défi, étant donné l'aspect souvent caché et illégal de ce travail.

 

 Certaines évaluations ont été conduites en ce qui concerne le travail des enfants pour dettes , les chiffres évoquent ainsi entre 250 000 et 5 millions d'enfants , d'après la ministère américain du travail.

 

Dans les briqueteries du Pakistan, et la South Asian Coalition on Child Servitude , SACCS évoque 500 000 enfants travaillant dans d'atroces conditions dans les ateliers textiles, toujours au Pakistan.

 

On peut citer le cas de Iqbal Masih, enfant dont la vie a été largement médiatisé et qui a servi de porte-parole aux mouvements civiques avant d'être assassiné. En Inde, les enfants travaillant dans les ateliers de tapis en servitude pour dettes seraient entre 300 000 , d'après Human Rights Watch, et 500 000 ,d'après la SACCS.

 

En France, Le Comité Contre l'Esclavage Moderne , CCEM estime que plusieurs dizaines de milliers de personnes sont contraintes de travailler dans des ateliers clandestins pour rembourser une dette exorbitante contractée le plus souvent pour prix de leur entrée dans le pays.

 

Guerre et razzias

Il est fréquent au cours de l'Histoire que la réduction en esclavage soit le sort réservé aux prisonniers de guerre. Cette dernière est ainsi souvent un facteur de recrudescence de la pratique esclavagiste.

 

 En attestent l'afflux d'esclaves à Rome à la suite de ses différentes campagnes militaires victorieuses , guerres puniques, guerre des Cimbres, guerre des Gaules ou le maintien de l'esclavage dans la péninsule ibérique à la suite des luttes que se livrent arabes et chrétiens du VIIe siècle au XVe siècle.

 

 Dans la période contemporaine, le conflit du Darfour est un exemple des liens que peuvent entretenir esclavage et conflits guerriers.

 

Les razzias, pratiquées par les pirates ou au nom d'une entité politique, sont un autre moyen d'approvisionnement en marchandise humaine.

 

 Dans l'Antiquité romaine, la piraterie méditerranéenne alimente un commerce florissant qui possède ses intermédiaires spécialisés et ses places de commerce comme l'île de Délos. La piraterie des barbaresques en Méditerranée restera pour sa part active jusqu'au XIXe siècle.

 

Lors des différentes traites qu'a connu l'histoire de l'humanité, la capture des esclaves est fréquemment assurée par des groupes n'utilisant pas eux-mêmes les esclaves ou seulement en proportion limitée.

 

 Si les lançados portugais, actifs sur le sol africain, ont approvisionné les navires négriers, leur participation à l'alimentation du commerce triangulaire fut par exemple minoritaire.

 

 La grande majorité de l'approvisionnement des places de commerce était le fait d'États côtiers, de chefs locaux ou de marchands eux-mêmes africains, dont l'activité s'est progressivement centrée sur le trafic d'esclaves.

 

 De la même manière, durant l'Antiquité grecque, les marchands d'esclaves achetaient les captifs à des intermédiaires, souvent non grecs, dont les modalités d'approvisionnement nous restent largement inconnues.

 

 La capture des esclaves était donc dans une large mesure  externalisée  par les sociétés en mesure d'établir un système durable d'échange marchand d'humains avec les sociétés qui les fournissaient en main d'œuvre servile.

 

Le commerce

Les réseaux commerciaux ont évolué en fonction de la demande en esclaves qui s'est longtemps confondue avec les grands centres économiques et politiques. Dans l'Antiquité, les réseaux commerciaux sont tournés vers la Grèce, Carthage puis l'Empire romain.

 

 Si un trafic est attestée dès la période archaïque, c'est l'augmentation de la demande au VIe siècle av. J.-C. qui entraîne semble-t-il le développement d'un circuit commercial de grande ampleur.

 

Des marchés, alimentés par des trafiquants spécialisés, fournissaient une main-d'œuvre barbare directement dans les places grecques , Corinthe, Chypre, Délos, Athènes. À Rome, un marché se tenait au cœur de la ville, sur le Forum, près du temple de Castor.

 

Au cours du Moyen Âge, la traite s'oriente vers l'Afrique du Nord, la Mésopotamie et l'Europe méditerranéenne , Italie, Catalogne, Crète, Chypre, Majorque.

 

Les principales routes commerciales trouvent leurs sources en Afrique subsaharienne et les régions européennes non christianisées , traite des slaves païens et chrétiens depuis les Balkans, traite des blancs capturés au cours de la conquête ottomane.

 

Après l'exploration des côtes africaines au XVe siècle, le Portugal initie une traite tournée vers les îles atlantiques et la péninsule ibérique.

 

 À l'époque moderne, ce commerce européen des esclaves évolue vers une forme transatlantique connue sous le nom de commerce triangulaire qui perdure du XVIe au XIXe siècle.

 

 Les estimations du nombre de déportés varient, selon les auteurs, de 11 millions (pour Olivier Pétré-Grenouilleau à 50 millions , pour Victor Bissengué.

 

Le commerce arabe des esclaves est resté actif de l'Antiquité à l'époque moderne, ses zones d'approvisionnement traditionnelles sont l'Afrique noire , traite subsaharienne, les régions de la mer Noire ou la côte orientale de l'Afrique , Zanzibar.

 

 Les ramifications de ce trafic semblent rayonner, bien que sans doute dans des proportions réduites, jusqu'en Extrême-Orient , on retrouve ainsi au XIIIe siècle des traces d'esclaves noirs sur la route de la soie.

 

 Pour ce qui est de la traite organisée par des Africains eux-mêmes, dite  traite intra-africaine , les traces écrites quasi-inexistantes jusqu'au XIXe siècle rendent difficile une évaluation quantitative crédible.

 

Cependant la traite arabe ne se limite pas à la traite des Noirs puisque durant le Régence d'Alger , époque précédant la conquête de l'Algérie par la France, les prisonniers chrétiens sont vendus comme esclaves au marché d'Alger.

 

Les formes actuelles de l'esclavage répondent aux mêmes caractéristiques, notamment les réseaux de proxénétisme, tournés vers les lieux de consommation.

 

Fonctions de l'esclavage

Les fonctions de l'esclavage ont fortement varié selon les sociétés et les périodes historiques. En premier lieu, on opère traditionnellement une distinction sur la base de l'importance tenue par les esclaves dans l'économie générale des rapports de production et des relations symboliques.

 

On désigne ainsi une société dont les esclaves occupent une fonction indispensable à son fonctionnement global sous les termes de  société esclavagiste , slave society, pour la distinguer des  sociétés à esclaves society with slave qui emploient des esclaves sans en faire un maillon indispensable de leur système économique et social.

 

 L'historiographie considère généralement les sociétés antiques grecques et romaines, le système économique et social , du Brésil et dans la Caraïbe  durant la période coloniale , du XVIIe siècle au XIXe siècle et du Sud des États-Unis avant la guerre de Sécession comme des exemples de sociétés esclavagistes.

 

À l'inverse, le Moyen Âge occidental ou le monde arabe, qui connaissent l'esclavage, sont considérées comme des sociétés à esclave et non comme des sociétés esclavagistes.

 

Les esclaves ont rempli au cours de l'histoire une large palette de métiers et de fonctions sociales. Dans les sociétés antiques, les esclaves sont ainsi présents dans l'ensemble des secteurs de l'économie, sans qu'aucun métier ne leur soit réservé en propre.

 

 Ils peuvent exercer le métier de pédagogue ou de médecin, sont très présents dans les secteurs qui nécessitent la manipulation de l'argent, la banque en particulier, mais aussi dans l'artisanat , ateliers de céramique.

 

 Le cas fait cependant figure d'exception ,  il est fréquent au cours de l'histoire que des esclaves aient été exclus de certaines professions, et confinés dans les travaux considérés comme les plus dégradants.

 

On peut distinguer, au cours de l'Histoire, un certain nombre d'usages récurrents de l'esclavage. Dans le secteur primaire, l'utilisation dans les mines et les carrières et comme main d'œuvre agricole, notamment dans l'économie de plantation, est commune à une grande partie des sociétés esclavagistes.

 

 L'esclavage domestique ainsi que l’esclavage sexuel sont, peut-être plus encore que l'utilisation strictement économique des esclaves, largement représentés tout au long de l'histoire humaine.

 

 Enfin, l'utilisation par l'État est fréquente pour l'accomplissement de tâches de travaux publics et de voirie. L'emploi d'esclaves à des fins militaires ou de police publique, plus rare, est une des caractéristiques saillantes de la civilisation musulmane.

 

Les mines et carrières

Dans l'Antiquité, les esclaves sont indispensables au fonctionnement des carrières qui fournissent les matériaux des grands ensembles architecturaux des grandes cités romaines ou grecques.

 

 À Athènes, les esclaves sont les principaux extracteurs des mines d'argent du Laurion, nécessaires à la stabilité monétaire de la cité grecque.

 

 Lauffer estime même que près de 30 000 esclaves ont pu travailler dans ses seules mines et leurs moulins de traitement.

 

 Sous l'Empire, à Rome, la condamnation aux mines , ad metalla fait partie des sanctions juridiques les plus redoutées. Au Moyen Âge, les esclaves sont utilisés, à Gênes par exemple, dans l'exploitation des salines.

 

 Dans les colonies espagnoles américaines, les esclaves noirs mais surtout indiens sont massivement utilisés dans les mines d'or, d'argent et de cuivre. Les Portugais importeront de leur côté des esclaves noirs pour l'exploitation des riches gisements aurifères brésiliens du Minas Gerais, découverts à la fin du XVIIe siècle.

 

L'esclavage agricole

Souvent lié à de grands domaines, l'esclavage agricole s'est massivement développé dans l'Antiquité. À Athènes, il domine dans les exploitations dont les besoins en main d'œuvre dépassent les seules forces d'une famille.

 

 À Sparte, les hilotes, dont le statut est proche de celui d'esclave, fournissent l'essentiel de l'approvisionnement de la cité.

 

 À la fin de la République, les grandes oliveraies et les grands vignobles de l'Italie centrale utilisent quasi-exclusivement des esclaves ,  l’ergastule est une des modalités de gestion de la population d'esclaves considérée comme la plus dangereuse.

 

 C'est de ces régions à forte concentration en esclaves, notamment le Sud de la péninsule et la Sicile, dans des zones pratiquant un élevage extensif, que partiront les grandes révoltes serviles auxquelles sera confrontée la République.

Malgré le développement du servage en Occident à partir du VIIe siècle, l'esclavage restera présent dans le monde rural, notamment au sein des domaines agricoles des monastères.

 

 

Dans le monde arabe, l'emploi à grande échelle des esclaves sur les domaines agricoles est quasiment absent, à deux exceptions près  en Mésopotamie au IXe siècle et à Zanzibar au XIXe siècle siècle à la suite de l'explosion de la demande en clou de girofle. En Mésopotamie, les esclaves sont notamment utilisés pour la culture de la canne à sucre, fortement consommatrice de main d'œuvre.

 

 Après les croisades, l'Europe reprendra ce mode d'organisation du travail dans les régions où elle tentera d'importer cette culture, notamment dans la péninsule ibérique et dans les îles méditerranéennes.

 

L'exportation de cette économie de plantation par les Portugais dans les îles Atlantiques , Canaries, Sao Tomé puis par les Espagnols sur le continent américain s'inscrit dans la continuité de ce déplacement vers l'ouest ,  ce système devient caractéristique de la colonisation américaine qui se tourne presque immédiatement vers l’esclavage pour l'exploitation du sol.

 

 La canne à sucre sera ainsi à l'origine de la traite négrière qui se met en place au XVIe siècle siècle. Puis, le développement des cultures du tabac et du coton soutiendra, dans le sud des États-Unis, le niveau de la demande en main-d'œuvre servile.

 

L'esclavage domestique

S'il n'a pas une fonction directement économique, l'esclavage domestique permet aux propriétaires de dégager un temps libre , l'otium indispensable aux activités sociales, politiques et artistiques.

 

Il est très répandu à Rome et à Athènes, où même les citoyens pauvres possèdent souvent un esclave domestique. Ainsi, selon Finley, à Athènes, tout homme, financièrement en mesure d’avoir des esclaves, en possède au moins un.

 

 Il s'agit le plus souvent d'un homme à tout faire, qui le suit dans tous ses déplacements et, en fonction de ses ressources, d’une femme, astreinte aux tâches ménagères

 

Quasiment absent du monde agricole, l'esclave est au contraire omniprésent dans la sphère domestique arabe.

 

 La division sexuelle du travail est, comme dans l'Antiquité gréco-romaine, nettement marquée , là où les hommes servaient de jardiniers, gardiens et homme à tout faire, les femmes occupaient les fonctions de nourrices, femme de chambre, couturières ou cuisinières.

 

 La grande majorité des  petits européens , les paysans pauvres de la  Caraïbe, possédaient eux aussi un esclave destiné aux tâches domestiques. Dans les couches les plus aisées de la société, l'esclavage domestique revêt souvent une fonction ostentatoire.

 

 On évalue qu’à l'apogée de l'empire assyrien, une famille aisée de Babylone possède en moyenne de trois à cinq esclaves. Au Xe siècle, un calife de Bagdad, sous la dynastie Abbasside, ne possède pas moins de 10 000 esclaves.

 

L'esclavage sexuel

L'exploitation du corps des femmes pour des fonctions reproductives ou de plaisir constitue un motif récurrent de réduction en esclavage. Les récits mythologiques antiques sont un indice du caractère commun que revêtait cet esclavage sexuel.

 

Le cycle troyen mentionne à plusieurs reprises cette forme d'esclavage ,c'est notamment le sort réservé par les Achéens aux femmes troyennes après la prise de la cité d'Asie Mineure.

 

L'esclavage sexuel est de fait largement répandu dans l'Antiquité, par le biais de la prostitution mais aussi à travers les relations entretenues entre maîtres et esclaves des deux sexes , les témoignages semblent indiquer que ces dernières n'étaient pas rares à Rome.

 

Dans le monde arabe, l'exploitation sexuelle constitue pour Gordon Murray  la raison la plus courante d'acquérir des esclaves .

 

 Le statut de concubine est ainsi réservé aux seules esclaves, en cas d’enfantement, ces dernières étaient protégées de la vente et pouvaient se voir accorder un affranchissement.

 

 Dans les maisons les plus aisées, la surveillance des femmes dans les harems est confiée à un ou plusieurs eunuques, qui constituent une autre incarnation du pouvoir accordé au maître sur les fonctions de reproduction de ses esclaves.

 

La dynastie Safavides ou les sultans de Constantinople entretinrent des harems de grande dimension dont le fonctionnement influa de matière notable sur la vie politique. Plus généralement, harems et concubinage constituaient deux éléments fondamentaux de la société patriarcale.

Si aucun statut équivalent à celui de concubine n'existait dans la chrétienté, l'exploitation sexuelle des esclaves des colonies américaines étaient fréquentes comme en atteste le nombre élevé des métissages qui obligea souvent les autorités à se pencher sur le statut des enfants nés de ce type d'union.

 

Les esclaves publics

Ils sont la propriété de l'État et assurent les tâches d'intérêt général. Les esclaves sont donc employés comme ouvriers , pour les travaux de voirie, secrétaires ou comptables dans les administration essentielles au bon fonctionnement des différents services publics ou encore la surveillance des égouts et des bâtiments publics.

 

 Les premières apparitions de services de pompiers remontent aux temps égyptiens mais Rome a réutilisé ce principe avec des esclaves. Les pompiers romains , Vigiles urbani,  étaient très souvent appelés au feu dans les incendies criminels ou accidentels , notamment dans les immeubles Romains, dénommés insula.

 

La valeur économique de l'esclavage

L'économie classique et la critique de l'esclavage

La question de la rentabilité de l’esclavage émerge au XVIIIe siècle avec la pensée économique préclassique et classique. Arguant de la supériorité du travail libre, les physiocrates et Adam Smith ont à cette époque contesté la valeur économique de l'esclavage.

 

 On trouve aussi trace de cet argumentaire chez certains penseurs des Lumières et, plus tard, au sein des anti-esclavagistes.

 

Le physiocrate Dupont de Nemours résume l’ensemble des arguments avancés à l’appui de cette thèse quand il déclare que  l'arithmétique politique commence à prouver  que des ouvriers libres ne coûteraient pas plus, seraient plus heureux, n'exposeraient point aux mêmes dangers et feraient le double de l’ouvrage .

 

 Suivant ce point de vue, la productivité est induite par l'intérêt du travailleur libre pour son travail, et par l'absence de coût d'achat et de surveillance. Pour reprendre le raisonnement de Smith, le salaire remplace avantageusement les frais d'entretien et d'achat qui incombent aux propriétaires.

 

Un des arguments les plus couramment avancés pointe ainsi le coût de surveillance et d'entretien des esclaves , les abolitionnistes, tels Victor Schoelcher, font état de l'insécurité qui règne dans les colonies esclavagistes .

 

Et de la charge financière qui en résulte pour les états européens sous forme d'envoi et d'entretien de troupes nombreuses, ainsi que d'indemnités à verser aux propriétaires dont les biens sont détruits à l'occasion de révoltes d'esclaves.

 

S'ajoutent aussi des arguments que l'on qualifierait aujourd'hui de macroéconomiques. Pour les physiocrates français, le développement d'un marché intérieur est indissociable du développement du travail salarié.

 

C'est ce qui pousse les plus audacieux d’entre eux à réclamer la suppression des avantages des planteurs coloniaux qui pénalisent les cultivateurs métropolitains de betterave sur le marché du sucre.

 

Enfin, l'esclavage a été dénoncé comme un frein à l'innovation technique, le dynamisme industrieux des États du Nord des États-Unis étant pointé face à l’apparente stagnation de l'industrie des États du sud.

 

Pour une grande part, l'affirmation de la supériorité économique du travail libre sur l'esclavage est restée sans fondement empirique. Adam Smith s'appuie pour la justifier sur  l'expérience de tous les temps et de tous les pays , sans toutefois qu'aucune comparaison autre que spéculative ne vienne étayer son raisonnement.

 

Approches contemporaines de la rentabilité de l'esclavage

Dans les années 1960, le développement de la cliométrie a relancé aux États-Unis le débat sur la rentabilité de l'esclavage. L'irrationalité du système esclavagiste, à bout de souffle face au développement du capitalisme du nord du pays, était alors communément admise.

 

 Outre le faible développement industriel du Sud, l'un des indices de cette crise constituait pour les défenseurs de cette thèse l'augmentation du prix des esclaves, interprétée comme une hausse du prix du travail.

 

L'approche cliométrique a renouvelé, non sans polémiques, les conclusions traditionnellement retenues à ce sujet. La question de la rentabilité de l'esclavage aux États-Unis ne fait aujourd'hui aucun doute, et seul son taux est encore discuté.

 

Le taux de profit des planteurs serait, pour Meyer de 5 à 8%, avec des pics de 10 à 13% en Caroline du Sud ou en Alabama. Robert Fogel et Stanley Engerman l'estiment pour leur part à  10% du prix de marché des esclaves , soit un niveau comparable à celui des investissements des industriels du nord des États-Unis.

 

 Les études américaines insistent notamment sur le fait que l'esclave est non seulement une force de travail mais aussi un investissement , pour Conrad et Meyer, l'augmentation du prix des esclaves était au contraire un indice de la croissance du marché.

 

 Fogel a par ailleurs souligné que le Sud avait développé une industrie  domaniale , dynamique bien que dépendante des productions agricoles, à travers la transformation des matières premières sucreries, égreneuses de coton, trieuses de riz, scierie.

 

S'agissant des plantations  dans la Caraïbe à l’apogée du prix du sucre, Paul Butel estime que le taux de profit des planteurs oscille entre 15 et 20%.

 

La sortie de l'esclavage

La révolte

Marronnage

 

Le marronnage était le nom donné à la fuite d'un esclave hors de la propriété de son maître en Amérique, dans la Caraïbe ou dans les Mascareignes à l'époque coloniale. Le fuyard lui-même était appelé Marron ou Nègre Marron, Negmarron voire Cimarron ,d'après le terme espagnol d'origine.

 

Étymologie

Le terme de marron  vient de l’espagnol cimarrón  vivant sur les cimes ,  cima = cime qui apparaît dès la conquête d’Hispaniola  c’est un mot emprunté aux arawak et qui désigne des animaux qui de domestiques retournent à l'état sauvage comme le cochon.

 

A partir de 1540, ce terme désigne les esclaves fugitifs. Ce terme sera initialement appliqué aux Indiens fugitifs et finira par désigner peu à peu le sauvage, celui qui retourne vers l’état de nature.

 

Lieux de fuite

Les Marrons se réfugiaient généralement dans des lieux inaccessibles. À la Réunion, par exemple, ils fuyaient systématiquement dans les Hauts de l'île, dont ils furent les premiers habitants.

 

Les Nègres Marrons qui se sont réfugiés loin dans les forêts , et montagnes ont su sauvegarder et transmettre leurs modes de vie africains et même partiellement leurs langues d'origine.

 

Communautés d'origine Marron

Parfois, ils parvenaient à se regrouper en de véritables communautés clandestines organisées dont les membres étaient alors appelés Nègres marrons. On peut citer à titre d'exemple les sociétés fondées par les Alukus et les Djukas au Suriname.

 

À la Réunion, ce seraient même de véritables royaumes qui auraient émergé de leur regroupement , on dit de Cimendef qu'il fut roi.

 

On note en tout cas que de nombreux sites naturels des trois cirques de l'île portent toujours le nom de Marrons. Ainsi, Anchaing a laissé son nom à un sommet de Salazie.

 

Les communautés qui ont perduré se trouvent /

·         au Brésil,

·         en Guyana,

·         au Surinam ,les Djukas, Aucans, Kwinti, Matawi, Paramaccans et Saramaccans,

·         en Guyane, les nègres marrons , ethnies Aluku ou Bonis, Saramacas, Paramaca et Djuka y sont appelés génériquement busi-nengue et représentaient environ 50% de la population au début du XXXe siècle,

·         en Colombie,

·         au Honduras,

·         marginalement à la Jamaïque,

·         à la Réunion , Cilaos.

Elles habitent généralement sur les bords des fleuves qui constituent les seules voies de circulation en forêt profonde.

 

En Jamaïque

En Jamaïque, en 1738, les Marrons tiennent tête à des troupes britanniques. Ils obtiennent un territoire encore aujourd'hui indépendant en contre-partie de leur collaboration avec le gouvernement.

 

 Certains vieillards descendant des Nègres marrons , Neg'Marrons parlent encore d'anciens dialectes africains tel le coromanti. La symbolique des Neg'Marrons est très présente dans le reggae car elle véhicule, elle aussi, une image de rébellion.

 

En Guyane

Estimés à plus de 70 000 en Guyane, bien que ne reconnaissant généralement pas la frontière entre le Surinam et la France. Ils s'appellent aussi Busi Nenge , pronconcer buchi-nénngué, ou Bosneger au Surinam.

 

 

Les Nègres Marrons sont les descendants d'esclaves nègres révoltés ou enfuis des plantations avant l'abolition de l'esclavage, ou d'esclaves libérés.

 

 Leurs ancêtres ont été capturés le long des côtes africaines par les négriers puis déportés aux Amériques pour servir de main-d'œuvre, essentiellement dans les plantations de cannes à sucre et de café.

 

D'abord réfugiés en forêt profonde pour éviter d'être repris, ils se sont ensuite installés sur les rives des grands fleuves, et surtout sur le Maroni. Ils sont encore constitués de 6 groupes ethniques /

 

·         les Bonis , ou Alukus,

·         les Saramacas,

·         les Paramacas,

·         les Djukas,

·         les Kwintis,

·         les Matawais.

Ils parlent aujourd'hui le sranan-tongo , ou taki-taki, mélange complexe d'origines africaine, néerlandaise, anglaise, espagnole, portugaise, française ayant incorporé des mots hébreux et amérindiens.

 

Ils vivent principalement de chasse, pêche et de culture sur abattis. Certains commencent à avoir des activités d'entrepreneur en orpaillage , et non plus seulement d'ouvrier et de vente d'objets aux touristes.

 

 Leur société est centrée autour de la famille et du Gran-Man, chef spirituel et religieux, qui peut être une femme, détenant les pouvoirs de juge, sage, et conciliateur.

 

 L'abolition de l'esclavage a mis fin à leur traque, mais l'orpaillage a généré une exploitation d'hommes sous- payés et menacés qui fait penser à une nouvelle forme d'esclavage.

 

 Le RMI ,revenu minimum d'insertion apporte parfois un appoint non négligeable, mais comme les amérindiens, ils sont assez peu représentés par les élus départementaux et régionaux.

 

Culture en évolution

La culture marron fait encore vivre une partie des traditions des ancêtres africains , vocabulaire, peintures, danses, musiques, vie communautaire bien qu'ayant évolué différemment. Couleurs vives et formes géométriques symboliques et, ou décoratives caractérisent l'art Noir-Marron appelé art Tembé.

 

 On les trouve sur les portes, les pirogues, les sièges sculptés, les fresques et certains objets vendus aux touristes , sculptures, sièges pliants présentant des formes originales qui diffèrent des sculptures africaines traditionnelles.

 

 L'accès à l'école, reste parfois difficile, mais est mieux réalisé que pour les populations amérindiennes de la forêt. Il modifie la perception et les comportements des jeunes, comme le football, la télévision, la voiture, le téléphone portable, le quad qui deviennent objets d'intérêt éloignant les enfants de la culture de leurs parents.

 

Chasse et sanctions

Le développement du marronnage a rapidement contraint les maîtres à engager des chasseurs d'esclaves.

Dans la Caraïbe, ceux qui étaient rattrapés étaient châtiés par mutilation ,  leur tendon d'Achille était sectionné afin qu'ils ne puissent plus courir.

 

À la Réunion, ils étaient parfois tués lors de la chasse. Le chasseur ramenait alors au maître une oreille et une main du fuyard en guise de preuve de la réussite de sa chasse, le corps entier ne pouvant être transporté par un homme seul le long de sentiers escarpés.

 

Ces prises étaient parfois exhibées à l'entrée des plantations pour dissuader d'éventuels nouveaux fuyards.

 

Selon un épisode célèbre de l'histoire de l'île Maurice, un important groupe d'esclaves n'hésita pas à se précipiter dans le vide du haut d'un rocher élevé , le Morne Brabant dans le sud de l'île, lorsqu'ils se retrouvèrent acculés au bord d'une falaise par des hommes qu'ils prenaient pour des chasseurs.

 

 Ils n'étaient en fait que des messagers chargés de leur annoncer l'abolition de l'esclavage.

 

Affranchissement

 

L’affranchissement est une procédure juridique qui permet au propriétaire d'un esclave de lui rendre sa liberté.

 

Antiquité

Grèce antique

.La pratique de l’affranchissement est attestée à Chios dès le VIe siècle. Il est probable qu’elle remonte à l’époque archaïque, la procédure se faisant alors par oral.

 Des affranchissement informels sont également attestés à la période classique , il suffit de s’assurer des témoins, ce qui conduit des citoyens à affranchir leur esclave en pleine représentation théâtrale ou en pleine délibération du tribunal.

 La chose sera au reste interdite à Athènes au milieu du VIe siècle, pour éviter des troubles à l’ordre public.

 

La pratique devient plus courante à partir du IVe siècle et donne lieu à des actes gravés sur pierre, qui ont été retrouvés dans des sanctuaires comme ceux de Delphes ou Dodone.

 

 Ils datent principalement du IIe et du Ier siècle, ainsi que du Ier siècle apr. J.-C. S'il existe des cas d'affranchissement collectif, il s'agit dans la grande majorité des cas d'un acte volontaire de la part du maître - un homme mais aussi, surtout à partir de l'époque hellénistique, une femme.

 

 L’esclave ne paraît guère avoir son mot à dire et les femmes ne semblent guère en bénéficier plus que les hommes.

 

L’esclave est souvent tenu de se racheter, pour un montant au moins équivalent à sa valeur marchande.

 

 Pour se faire, il peut prélever sur son éventuel pécule, contracter un prêt amical , eranos ou emprunter à son maître.

 

 L’affranchissement a souvent une nature religieuse soit l’esclave est réputé vendu à la divinité , bien souvent Apollon delphien, soit il est consacré après son affranchissement.

 

 Le temple perçoit alors une partie de la somme versée en rachat, et garantit la validité du contrat. L’affranchissement peut aussi être entièrement civil, des magistrats jouant alors le rôle de la divinité et percevant également une taxe.

 

La liberté gagnée par l’esclave peut être totale ou partielle, au choix du maître. Dans le premier cas, l’affranchi est protégé juridiquement contre toute tentative de le réduire de nouveau en esclavage, par exemple de la part des héritiers de son ancien maître.

 

Dans le second, l’affranchi peut être soumis à un certain nombre d’obligations vis-à-vis de son ancien maître. Le contrat le plus contraignant est la paramonê, sorte de servitude à durée limitée , souvent jusqu'à la mort de l'ancien maître durant laquelle le maître garde presque tous ses droits sur l’affranchi.

 

Au regard de la cité, l’affranchi est loin d’être l’égal d’un citoyen de naissance. Il est soumis à toutes sortes d’obligations dont on peut se faire une idée au vu de celles que propose Platon dans les Lois , XI, 915 a-c  présentation trois fois par mois au domicile de l’ancien maître, interdiction de devenir plus riche que ce dernier. En fait, le statut de l’affranchi se rapproche de celui du métèque.

 

Rome antique

Dans la Rome antique, un affranchi ,  libertus ou libertinus est un esclave qui a été affranchi par son maître. Il devient un homme presque libre, il reste client il n'a pas tous les droits de l'homme libre.

 

 Les enfants seront des hommes libres à part entière. L'esclavage est donc tempéré par l'affranchissement , celui-ci est une étape intermédiaire entre l'esclavage et la liberté , libertus.

 

Le milieu servile romain est très hétérogène et l'on peut distinguer plusieurs catégories au sein desquelles le taux d’affranchissement n’a pu qu’être différent /

         les artisans et les commerçants , les inscriptions témoignant dans ce secteur d’un grand nombre d'affranchis, qui sont, par définition, entrés dans le métier comme esclaves, laissent entrevoir l’esclavage comme une forme normale d’apprentissage, une propédeutique à la liberté.

       les domesticités urbaines ,Cicéron, Pro Verei.

        les esclaves ruraux, la familia rustica. Il y a une grande différence entre le sort de l'esclave qui travaille dans une petite propriété ou dans une exploitation moyenne et celui de l'esclave attaché à un grand domaine.

À une époque ancienne, le petit agriculteur possède peu d'esclaves, parfois même un ou deux seulement, qui lui suffisent à cultiver sa terre. Le maître demeurait proche de l'esclave. Maîtres et esclaves travaillaient côte à côte et leurs vies présentaient, dans sa rudesse, bien des traits communs , Juvénal, Satires.

 

Méthode d'affranchissement

Un esclave pouvait être affranchi grâce au testament du maître ou en raison de services exceptionnels rendus au maître par l'esclave , manumissio testamento. Il peut aussi être affranchi en échange d'une somme d'argent relativement importante.

 

 L'esclave affranchi prend le nom et le prénom de son maître, devenu son patronus. Le cognomen est son nom d'esclave.

 

 Il existe un avantage financier pour le maître ,  les sénateurs ne peuvent faire du commerce, alors ils utilisent un affranchi qui va leur servir de prête-nom pour exercer des activités financières. Pour affranchir un esclave, un simple texte pouvait suffire ou la présence d'un magistrat , témoin.

 

 Il existait un rituel religieux, un geste symbolique du maître affranchissait l'esclave , manumissio vindicta. La troisième forme d'affranchissement était l'inscription de l'affranchi sur les listes de citoyen , manumissio census.

 

 Au cours de l'Empire, l'affranchissement n'a cessé de croître. Auguste a promulgué plusieurs lois, comme la Lex Aelia Sentia, qui limitait l'âge minimum du maître qui affranchit , 20 ans,  et l'âge de l'esclave à affranchir 30 ans.

 

 Si cette loi n'était pas respectée, l'affranchi devenait un Latin Junien , latini iuniani, et ne possédait que le droit latin. Les maîtres affranchissaient souvent les enfants illégitimes de leurs esclaves, cependant ces enfants restaient pauvres, ne pouvant hériter.

 

Certains étaient gladiateurs , certains gladiateurs étant des esclaves, ou d'autres de simples esclaves domestiques.

 

Statut social

L'affranchi prend le statut social de son ancien maître, et devient soit citoyen latin soit citoyen romain, avec toutefois une restriction , l'accès aux honneurs de la cité , jus honorum , le droit aux magistratures ne lui est pas ouvert.

 

 Le sommet de l'ascension sociale est pour les plus riches affranchis l'appartenance aux seviri augustales. La pleine citoyenneté commence à être prise en compte pour les enfants de l'affranchi.

 

 L'affranchi devient le client de son ancien maître, qui devient son patron, et qui l'intègre à sa famille élargie en lui donnant son nom de famille , nomen. De plus, le maître peut devenir l'avocat de son affranchi dans un procès.

 

Concernant ses droits, l'affranchi n'a pas tous les droits de l'homme libre. Il n'a pas le droit de vote , jus suffragii, ni le droit d'être élu , jus honorum. Il n'a pas le droit d'entrer dans l'armée. Il a le droit de participer à certains cultes de la cité.

 

 Concernant ses devoirs, comme pour un client, l'affranchi reste à la disposition de l'ancien maître et n'a pas le droit de l'attaquer en justice. L'affranchi garde des liens de loyauté avec le maître.

 

 L'affranchi a donc son statut et sa place dans la société romaine. Le développement des activités financières interdites à la classe sénatoriale, la plus riche, fait qu'il est souvent apparenté à un nouveau riche.

 

 Le nombre d'affranchissements augmente lors de l'Empire, au point que Auguste promulgue des lois qui limitent le nombre maximum d'esclaves affranchis par testament.

 

Les abolitions

En France, le 16 pluviôse an II , 4 février 1794, la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises , ou ce qu'il en reste. Cette mesure sera abrogée par Napoléon Bonaparte le 20 mai 1802 sous l'influence, notamment, du traité d'Amiens.

 

De retour de l'île d’Elbe en 1815, Napoléon décrète l'abolition de la traite des esclaves, qui aligne la France sur la décision que vient de prendre le congrès de Vienne.

 

Sa résolution est confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815. L'esclavage est aboli en 1833 en Angleterre et 1847 dans l'Empire ottoman ainsi que dans la colonie suédoise de Saint- Barthélemy.

 

 La France, elle attendra 1848, année qui voit Victor Schoelcher faire adopter, définitivement, le décret d'abolition pour ce qui concerne l'hexagone.

 

En 1865, les États-Unis promulguent le 13e amendement interdisant l'esclavage. La question de l'esclavage conduisit Abraham Lincoln à promettre son abolition s'il était élu. Son élection conduisit donc les États du Sud à demander la sécession.

 

 Celle-ci leur fut refusée , elle aurait en effet privé les caisses fédérales de l'essentiel de ses impôts, conduisant à la guerre civile. La guerre de Sécession qui en suivit sera la plus meurtrière de toute l'histoire de ce pays.

 

Bien que l’affranchissement d’esclaves soit une œuvre charitable selon l’islam, les pays musulmans hésitent encore plus que les Européens à abolir l’esclavage , les derniers pays du monde à ratifier l’abolition de l’esclavage sont l’Arabie saoudite en 1962 et la Mauritanie en 1981

 

En droit positif, la prohibition de l'esclavage est contenue dans les articles 4 de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, l'article 8 du Pacte des droits civils et politiques de l'ONU, dans la convention de Genève de 1926, de New York de 1956, de l'OIT de 1930 et 1936.

 

Mémoires de l'esclavage

Des jours de commémoration de l'abolition existent dans toutes les îles des Antilles sauf dans l'île de Saint-Barthélemy. 2006 marque l'année de la reconnaissance de la responsabilité historique de l'État français à propos de l'esclavage, dont les victimes seront dorénavant commémorées tous les 10 mai.

 

 Ce jour est également l'anniversaire de l'adoption de la loi promulguée du 21 Mai 2001, grand pas dans la démarche mémorielle touchant à l'esclavage, qu'elle qualifie en particulier de  crime contre l'humanité .

 

La place réservée dans la mémoire collective à certaines personnalités est également notable, notamment les  nègres marrons  et certaines figures comme la mulâtresse Solitude, qui a donné lieu à un roman.

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