MOI2

Le point de vue de Léonce Lebrun  

 

Le populisme

 

L’étranger qui débarque  ne sait pas où se situer dans ce pays ,la France, avec une telle division  disparate de sa population, allant du communautariste au dihadiste, du républicain à l’islamiste radicalisé, du gauchiste à l'ultra-droite, de l'orléaniste au bonapartiste, du terroriste au populiste...  

…bref avec un tel attelage humain peut-on parler de « vivre ensemble », un discours   habillé  de manipulation idéologique

 

Précisément parlons du populisme, un concept qui a fait son apparition dans le domaine médiatique, mettant dangereusement en scène la qualité des personnes, avec d’un côté ceux qui gouvernent et dirigent 

 

… de l'autre, la masse des citoyens  se pliant aux injonctions d’un système suivant la couverture de la démocratie

 

Mais dès qu’un besoin  de changement se fait sentir  par des manifestations violentes, les médias affidés au Pouvoir politique, ont baptisé ce mouvement de populisme, un qualificatif  péjoratif ô combien insultant…

 

…  car il s'avère sous-entendu que le peuple n’ayant pas droit au bouleversement institutionnel, est considéré comme dépourvu d’intérêt…

 

… il lui est concédé  un droit de vote qui l’autorise à s’exprimer périodiquement en vertu des règles de la démocratie, un mode de fonctionnement que n’avait pas prévu l’auteur de l’esprit des lois…(Montesquieu)

 

… il en ressort que  comme le spécifiait en son temps un éminent homme politique disparu…

 

… le citoyen vote le Dimanche et vaquière à ses occupations le Lundi…

 

Mais ce modèle ne peut plus perdurer et exige le respect de chacune et chacun en conformité avec l'esprit républicain.

 

Car les élites aux affaires politiques depuis des lustres ont  montré leurs failles et faiblesses…

 

…En effet prenons le cas de l’Occident, avec le XXème siècle le Monde a connu  deux guerres sanglantes provoquées par les politiciens au Pouvoir...

 

...alors que ce sont les paysans et autres ouvriers au front, qui ont payé lourdement les conséquences de leurs ambitions irresponsables....

 

...que du reste en l'espèce il ne peut être exigé du citoyen un quelconque patriotisme, et l'on comprend mieux ces désertions massives des époques en cause dans les rangs de l'Armée, qu'à postériori j'approuve totalement.

 

Et depuis 1945 malgré le plus jamais ça, des peuples ont senti durement les comportements colonialistes et impérialistes des gouvernements successifs de certaines Nations de l'Occident...

 

...vis à vis des Etats de l'Ouest africain, de l'Algérie de Madagascar de l'Indochine et des territoires dits outre-mer.

 

Enfin j'observe en ce qui concerne la France, que le peuple a été volé  de sa colère de 1789… en faisant confiance à des clans antirévolutionnaires. 

 

…que depuis l’ avènement de la République  sous la domination d’une Bourgeoisie féroce et arrogante…

 

… tous les mouvements populaires ont été écrasés par la force ou la ruse.

 

Mais les soubresauts actuels entrevoient de nouvelles perspectives pour les populistes…

 

Alors, pour ces intouchables, dure sera la chute… allons nous vers le crépuscule des dieux...

 

...en tout cas ces personnages devraient retenir que les cimetières sont remplis de gans indispensables ( Clémenceau)

 

Le racisme

 

Le racisme est une idéologie fondée sur la croyance en l'existence de différents groupes humains, appelés races , ainsi qu'en la supériorité de certains de ces groupes par rapport à d'autres.

Cette idéologie peut entraîner une attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes.

Ces actes d'hostilités se traduisent par la discrimination, une forme de xénophobie ou d'ethnocentrisme.

Certaines formes d'expression du racisme, comme les injures racistes, la diffamation raciale, la discrimination , embauche, service, sont considérées comme des délits dans un certain nombre de pays.

Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations sociales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences, allant jusqu'au génocide.

Étymologie


Le pamphlétaire Gaston Méry, collaborateur à La Libre Parole, le journal d'Édouard Drumont, est la première personne connue à avoir utilisé le mot raciste en 1894 selon Charles Maurras.

Toutefois, l'adjectif raciste et le nom racisme s'installent dans le vocabulaire général dans les années 1930. Il fait ainsi son entrée dans le dictionnaire Larousse en 1930

Le racisme , idéologie, perception et pratique
La littérature met aujourd’hui en avant le caractère pluridimensionnel du racisme. On peut distinguer /

sa dimension conceptuelle et idéologique , il s’appuie sur des systèmes de discours qui prétendent à la scientificité.

sa dimension perceptive , il constitue un regard, un prisme qui oriente et instruit notre perception de l'Autre .

sa dimension pratique , le racisme en actes se manifeste par des actions individuelles , violences, insultes, ou des systèmes de domination institutionnalisés apartheid, ségrégation, colonisation, esclavage.

Race et racisme


Si race et racisme ont partie liée, l’étude de leurs relations nécessite d’opérer une première distinction entre la race en tant que concept biologique...

...et la race en tant que construction sociale que l’on peut définir comme un signe ou un ensemble de signes par lesquels un groupe, une collectivité, un ensemble humain est identifié...

...dans certains contextes historiques précis, cette apparence socialement construite variant suivant les sociétés et les époques .

Au cours de l'histoire, les définitions sociales de la race se sont largement appuyées sur la race en tant que concept biologique.

Mais la race, dans sa dimension sociale, est largement indépendante des travaux menés sur la classification des êtres humain.

Cette autonomie se manifeste pleinement depuis la seconde moitié du XXe siècle où les effets du système de perception raciste perdurent en dépit du rejet unanime de la pertinence du concept de race par la communauté scientifique.

Le terme racisme tend de nos jours à être de plus en plus employé pour qualifier l’intolérance religieuse, bien que celle-ci ne s'appuie sur aucune différence raciale présumée.

Théories raciales au XIX siècle


Le racisme comme système de perception
Le mécanisme perceptif du racisme peut être décomposé en plusieurs opérations logiques.

Focalisation
Le racisme se fonde sur la focalisation du regard du raciste sur une différence, souvent anatomique.

Elle peut être visible , la pigmentation de la peau , mais ne l’est pas nécessairement , le regard raciste peut exister sans s’appuyer sur des différences visuelles évidentes.

La littérature antisémite a ainsi abondamment cherché, sans succès, à définir les critères qui pourraient permettre de reconnaître visuellement les hébreux et a finalement dû mettre en avant des différences invisibles, imperceptibles pour l'œil humain.

Totalisation


Le racisme associe des caractères physiques à des caractères moraux et culturels. Il constitue un système de perception, une vision syncrétique où tous ces traits sont organiquement liés et en tout cas indistinguables les uns des autres .

L'identification des traits physiques ou la reconnaissance du signe distinctif , l'étoile juive par exemple, génère immédiatement chez le racisant une association avec un système d'idées préconçues.

Dans le regard du racisant, l'homme précède ses actes . Si la focalisation du regard raciste rend le corps visé plus visible que les autres, il a donc aussi pour effet de faire disparaître l’individualité derrière la catégorie générale de la race.

Essentialisation et limitation


Le raciste considère les propriétés attachées à un groupe comme permanentes et transmissibles, le plus souvent biologiquement.

Le regard raciste est une activité de catégorisation et de clôture du groupe sur lui-même.

Hiérarchisation


Le racisme s’accompagne souvent d’une péjoration des caractéristiques du groupe visé. Le discours raciste n’est toutefois pas nécessairement péjoratif.

Pour Colette Guillaumin, les bonnes caractéristiques font, au même titre que les mauvaises caractéristiques, partie de l’organisation perceptive raciste .

La phrase les Nègres courent vite constitue ainsi un énoncé raciste malgré son apparence méliorative.

Le discours raciste peut évoquer la supériorité physique des groupes visés , ainsi la vigueur ou la sensualité des Nègres, pour souligner par contraste leur infériorité intellectuelle.

Les qualités qui leur sont attribuées , l’habileté financière des hébreux par exemple, sont la contrepartie de leur immoralité ou alimentent la crainte de leur pouvoir souterrain.

Mais plus encore, au-delà du contenu , positif ou négatif ,des stéréotypes racistes, l’activité de catégorisation, de totalisation et de limitation de l’individu...

...à des propriétés préconçues n’est en soi pas une activité neutre du point de vue des valeurs.

Dans cette perspective, voir et penser le monde social dans les catégories de la race relève déjà d'une attitude raciste.

Origines du racisme


Historiens et ethnologues ne sont pas d'accord sur la question de l’origine du racisme ; deux conceptions principales s'opposent à ce propos.

La première considère que différentes formes de racisme se sont succédé au cours de l’histoire, et ce depuis l'Antiquité.

La seconde considère que le racisme est un produit de l'Europe occidentale moderne, exporté dans le sillage de l'impérialisme européen.

Le racisme dans les sociétés pré modernes


Il existait entre les historiens, depuis la seconde moitié du XXe siècle, un consensus relativement large pour considérer que l'utilisation de la notion de racisme dans l’Antiquité est un anachronisme.

En effet, toutes les sociétés antiques et primitives, sont, de notre point de vue contemporain, des sociétés racistes et xénophobes.

Les Anciens Grecs distinguent les peuples de l'Hellade, des autres peuples qu'ils appellent barbares.

Presque tous les autres peuples antiques avaient la même représentation duale du Monde en deux races...

...les peuples apparentés, et les peuples étrangers ou ennemis, cette opposition entre deux collectifs est ce qui définit le domaine politique et le droit des gens

Parmi les peuples considérés comme étrangers, tous ne sont pourtant pas ennemis les relations militaires, commerciales et diplomatiques instituaient des peuples amis, clients, alliés...

...ou invités qui pouvaient alors être reconsidérés fictivement comme des peuples apparentés.

De ce fait, le racisme antique ou primitif est fondamentalement différent du racisme ou racialisme contemporain.

Race et parenté


Les structures de parenté, donc les questions de race, sont toujours fondamentales et fondatrices dans la représentation que les peuples antiques ou primitifs ont d'eux-mêmes et des autres peuples.

Tout le système d'obligation et de solidarité sociale des sociétés antiques ou primitives est basé sur l'appartenance au groupe familial, et à la plus ou moins grande proximité de parenté l'affiliation.

On note que celle-ci n'est pas nécessairement biologique, mais peut être la fiction résultant d'une adhésion ou d'une adoption, et d'apparentements de convenance.

À côté de la société grecque avec son genè et ses phratries, on trouve des structures politiques claniques chez d'autres peuples comme les celtes avec les notions de peuples apparentés, alliés.

Cette conception dure pendant tout le Moyen Âge et une partie des Temps Modernes.

La mythologie et les prescriptions religieuses fixent les règles d'exogamie qui favorisent les alliances hors du groupe consanguin, tout en interdisant celles avec les membres des peuples étrangers.

De ce fait, depuis la plus haute antiquité, jusqu'à ces derniers siècles, les peuples du Monde restent extrêmement endogames.

Qu'ils soient sédentaires et sans contacts avec des étrangers, ou qu'ils soient au contraire nomades au milieu des peuples étrangers.

Dans ce dernier cas, l'identité du groupe est maintenue par des prescriptions sociales ou religieuses interdisant une trop grande proximité de vie et des alliances étrangères qui finiraient par provoquer son assimilation.

C'est pourquoi, plus on s'éloigne dans l'histoire, plus on remarque que les peuples qui sont traditionnellement des migrants ou créent une colonie, continuent à se marier dans la moitié du génome dont ils se sont détachés, et non dans le peuple au milieu duquel ils vivent.

Il faut remarquer qu'à ces époque, ces règles concernent l'immigration qui ne se fait pas individuellement, mais comme pour les colonies phéniciennes, grecques ou carthaginoises.

Par groupes complets capables de recréer ailleurs une nouvelle société identique et fermée.

Les questions de guerre et de paix entre les tribus ou les peuples débutent par des refus ou des ruptures d'alliances matrimoniales et se terminent par des alliances.

Ou des enchaînements d'alliance, entre les lignages des chefs, et à partir de là la possibilité de relation et d'alliance entre toutes les autres familles.

Il importe de préciser que ces prescriptions s'imposent aux groupes, mais pas à des individus isolés ou à des familles désaffiliées.

Bible et racisme


Comme tous les peuples dont l'organisation sociale est tribale, la Bible fait de l'histoire de l'Humanité une histoire raciste qui recommence après le déluge avec les trois fils de Noé, Sem, Cham, et Japhet...

...dont descendent les trois grandes races humaines qui peuplent les trois rives de la Méditerranée les Sémites pour le Moyen-Orient, les Chamites l'Afrique, et les descendants de Japhet, l'Europe.

La Genèse donne ensuite, avec la descendance de ces trois frères, l'origine généalogique de tous les peuples de la Terre qui sont présentés à la fois comme des peuples généalogiquement distincts, et en même temps apparentés.

Ce dernier trait, qui rappelle l'unicité du règne humain, est une originalité qu'on ne trouve pas chez beaucoup de peuples primitifs qui se réservent l'appellation d'homme, rejetant les autres dans le monde animal.

La destruction du Temple de Jérusalem par l'empereur Hadrien s'accompagne d'une destruction des généalogies qui sera pour le peuple, la cause de sa dispersion et d'un grand désarroi quant à son identité.

Ce genre de représentation généalogique totalisante des différents groupes ethniques connus se retrouve souvent dans les descriptions ethnologiques des peuples primitifs.

Antiquité gréco-romaine


Le conception selon laquelle l'utilisation de la notion de racisme dans l’Antiquité est un anachronisme, est remise en question par les travaux de l'historien Benjamin Isaac qui propose la notion de proto-racisme traversant l'Antiquité...

...grecque puis romaine, notion qui relève déjà d'un racisme conceptualisé, fondé sur une argumentation d’allure scientifique qui se veut démonstrative .

La pensée proto-raciste, qui évoluera évidemment au fil des siècles et des déplacements de centres d'influence et de pouvoir, se fonde, selon l'historien...

...sur deux théories qui ne seront que peu remises en question d'une part, suivant le traité Des airs, des eaux, des lieux datant du Ve siècle av. J.-C. et attribué à Hippocrate.

Un classement déterministe des groupes humains basé sur la géographique qui définirait des traits de caractère collectifs immuables , dans une conception qui induit rapidement une hiérarchisation des peuples...

...d'autre part, la notion plus radicale de pureté de la race , commune aux Grecs et aux Romains, qui préconise de ne pas se mélanger à d'autre peuple pour ne pas dégrader leur supériorité morale et physique.

Maurice Sartre nuance toutefois le propos, expliquant qu'il existe de conceptions divergentes, voire opposées, à cette représentation, citant notamment l'explorateur et historien antique Hérodote...

...ou encore le géographe Strabon qui montre avec une force tout aussi convaincante les limites de la théorie environnementaliste dont il ne fait pas usage dans la description qu'il fait des peuples et de leurs mœurs.

Le philosophe Christian Delacampagne perçoit, quant à lui, dans l’attitude païenne  égyptienne, grecque puis romaine  face à l'hébreu.

Et dans la partition entre hommes libres d’un côté, femmes, enfants et esclaves de l’autre, des classifications biologiques , de type raciste .

Il convient néanmoins de noter que si les arguments de types raciste ont pu servir à justifier la domination des Grecs et des Romains, ils n'ont jamais débouché sur des politiques d'exclusion ni a fortiori d'extermination.

Au contraire, la capacité d'intégration, d'assimilation voire promotion des étrangers dans l'empire gréco-romain dans un relatif respect de leurs culture et de leurs traditions est bien connue des historiens.

Néanmoins, on peut voir un lien entre le proto-racisme antique et la théorie raciste contemporaine dans une commune négation des évidences.

Au profit de théories préconçues dont peu importe le bien-fondé scientifique pourvu qu’elles justifient la situation dominante et le statut privilégié d’un groupe .

Moyen Âge


C’est surtout le Moyen Âge qui donne des arguments aux partisans de l’existence d’un racisme antérieur à la modernité. Pour l’historien spécialiste de l'antisémitisme Gavin I.

Langmuir, l'une de ses manifestations serait la cristallisation de l’antijudaïsme des premiers théologiens chrétiens en un antisémitisme chrétien dès le XIIIe siècle.

D’autres en voient les premières manifestations dès la fin du XIe siècle et les premiers pogroms qui jalonnent la première croisade populaire menée par Pierre l'Ermite.

Au XIIIe siècle, la crise rencontrée par l’Église catholique, menacée par les hérésies cathares, albigeoises, vaudoises aboutit à une rigidification de sa doctrine.

Qui se manifeste notamment par la création de l'Inquisition dans les années 1230 et par ce que Delacampagne désigne comme la démonisation des infidèles .

Selon Delacampagne, l’idée que la conversion absout l'hébreu s’efface alors devant la croyance que la judéité est une condition héréditaire et intangible.

Ce mouvement n’épargne d’ailleurs pas d’autres catégories de la population.

Sa manifestation la plus probante est la mise en place progressive à partir de 1449 d’un système de certificat de pureté de sang .

Iimpieza de sangre dans la péninsule Ibérique pour accéder à certaines corporations ou être admis dans les universités ou les ordres.

Ce mouvement, qui se traduit par le décret de l'Alhambra de 1492, concerne quatre groupes précis , les hébreux, les musulmans convertis.

Les pénitenciers de l’Inquisition et les cagots, c’est-à-dire les descendants présumés de lépreux.

Delacampagne mentionne la ségrégation qui touche cette dernière catégorie de population comme une étape majeure dans la constitution du racisme moderne.

Selon lui, c'est la première fois que la discrimination d’un groupe social reçoit au XIVe siècle une justification appuyée sur les conclusions de la science.

Les chirurgiens, tel Ambroise Paré, apportent en effet leur caution à l’idée que les cagots, descendants présumés de lépreux, continuent de porter la lèpre bien qu’ils n’en manifestent pas les signes extérieurs.

Dans les sociétés non européennes


Plusieurs études ont mis en avant l’existence d’attitudes que leurs auteurs considèrent comme racistes dans des sociétés extérieures à l’aire culturelle européenne.

Au Japon, la transmission héréditaire de l’appartenance à la caste des burakumins jusqu’au début de l'ère Meiji a pu être analysée comme le produit d’une construction symbolique de type raciste.

Les travaux menés par l’historien Bernard Lewis sur les représentations développées par la civilisation musulmane à l’égard des autres êtres humains concluent sur l’existence d’un système perceptif qu’il qualifie de raciste, notamment à l’égard des populations nègres

Au Moyen Âge, le racisme des Arabes à l'égard des Nègres, en particulier des Nègres non musulmans, fondé sur le mythe de la malédiction de Cham, le père de Canaan, prononcée par Noé...

...servit de prétexte à la traite négrière et à l'Esclavage, qui, selon eux, s'appliquait aux Nègres, descendants de Cham qui avait vu Noé nu lors de son ivresse une autre interprétation les rattache à Koush.

Les Nègres étaient donc considérés comme inférieurs et voués à l'Esclavage. Plusieurs auteurs arabes les comparaient à des animaux.

Le poète al-Mutanabbi méprisait le gouverneur égyptien Abu al-Misk Kafur au Xe siècle à cause de la couleur de sa peau.

Le mot arabe abid qui signifiait esclave est devenu à partir du VIIIe siècle plus ou moins synonyme de Nègre .

Quant au mot arabe zanj, il désignait de façon péjorative les Nègres.

Ces jugements racistes étaient récurrents dans les œuvres des historiens et des géographes arabes ,ainsi, Ibn Khaldoun a pu écrire au XIVe siècle.

Les seuls peuples à accepter vraiment l'Esclavage sans espoir de retour sont les nègres, en raison d'un degré inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade de l'animal .

À la même période, le lettré égyptien Al-Abshibi écrivait Quand il]a faim, il vole et lorsqu'il est rassasié, il fornique .

Les Arabes présents sur la côte orientale de l'Afrique utilisaient le mot cafre pour désigner les Nègres de l'intérieur et du Sud. Ce mot vient de kāfir qui signifie infidèle ou mécréant .

Le racisme moderne


Les différents auteurs qui conçoivent le racisme comme une spécificité de la modernité européenne s’accordent pour mettre en avant la conjugaison de deux facteurs dans la genèse de cette nouvelle attitude /

le développement de la science moderne. Il inaugure un système de perception essentialiste de l’altérité et un système de justification des conduites racistes qui s'appuient sur des théories à prétention scientifique de la race.

La réinterprétation des textes religieux face au fait scientifique. La théorie préadamiste de Isaac La Peyrère un fondement.

l’expansion européenne qui débute au XVe siècle. Elle entraîne la mise en place d’un système économique et social esclavagiste, et d’une traite négrière à destination des colonies...

...parallèlement, elle s'accompagne du développement d’une attitude coloniale à l’égard des populations non européennes qui pénètre progressivement la métropole.

La biologisation du social


Pour Colette Guillaumin le racisme est contemporain de la naissance d’un nouveau regard porté sur l’altérité .

Il est constitué par le développement de la science moderne et la substitution d’une causalité interne, typique de la modernité, à une définition externe de l’homme qui prévalait avant la période moderne.

Alors que l’unité de l’humanité trouvait auparavant son principe à l’extérieur de l’homme, dans son rapport à Dieu, l’homme ne se réfère désormais qu’à lui-même pour se déterminer.

Comme en attestent les débats théologiques sur l’âme des indiens ou des femmes, le rejet de la différence et les hiérarchies sociales s’appuyaient sur une justification religieuse.

Ou basée sur un ordre sacré ,caste , ils se parent désormais des habits de la justification biologique, renvoyant à l’ordre de la nature.

La conception de cette Nature elle-même connaît une mutation profonde , elle devient mesurable, quantifiable, réductible à des lois accessibles à la raison humaine.

Ce changement de regard engendre un système perceptif essentialiste , l’hétérogénéité au sein de l’espèce humaine ne doit son existence qu’à une différence logée dans le corps de l’homme.

Que les scientifiques européens s’acharneront à mettre en évidence tout au long du XIXe siècle et au cours de la première moitié du XXe siècle.

Pour Pierre-Henri Boulle, on peut percevoir en France dès la fin du XVIIe siècle les premières expressions de ce mode de perception.

C’est au XVIIIe siècle qu’il se répand parmi les élites politiques, administratives et scientifiques, avant de se généraliser au plus grand nombre dans le courant du XIXe siècle.

Pour Colette Guillaumin ce mode de perception se généralise au tournant des XVIIIe siècle et XIXe siècle.

Dans la première partie de son ouvrage Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt date l’apparition de l’antisémitisme...

...qu’elle différencie de l’antijudaïsme, du début du XIXe siècle , c’est aussi la date d’origine qu’assigne le philosophe Gilbert Varet aux « phénomènes racistes expressément dits .

La propagation hors de l’Europe apparaît dans cette optique comme un produit de l’influence européenne. 

André Béteille développe ainsi la thèse d’une racialisation du système de castes en Inde après la colonisation britannique.

Au Japon, des travaux menés par John Price, Georges De Vos, Hiroshi Wagatsuma ou Ian Neary au sujet des Burakumin parviennent à des conclusions identiques.

La colonisation et l'Esclavage


La question de l’antériorité ou de la postérité du racisme au développement de l’esclavage dans les colonies européennes fait l’objet de nombreux débats.

Le consensus s’établit néanmoins au sujet du rôle joué par le développement de l’Esclavage sur le durcissement et la diffusion de l’attitude raciale.

Selon l’historien américain Isaac Saney, les documents historiques attestent de l'absence générale de préjugés raciaux universalisés et de notions de supériorité et d'infériorité raciale avant l'apparition du commerce transatlantique des esclaves.

Si les notions d'altérité et de supériorité existaient, elles ne prenaient pas appui sur une vision du monde racialisée .

Développement de l’esclavage et de la science moderne ont étroitement interagi dans la construction du racisme moderne.

La catégorie de nosopolitique qualifie chez la philosophe Elsa Dorlin l’usage des catégories de sain et de malsain par le discours médical appliqué dans un premier temps aux femmes, puis aux esclaves.

Alors que l'indo européen, considéré comme naturellement supérieur par les médecins, est défini comme l’étalon de la santé, le tempérament des Nègres est par contraste déclaré pathologique...

...il est porteur de maladies spécifiques, que seule la soumission au régime de travail imposé par les colons peut atténuer, mais difficilement guérir, tant elles paraissent intrinsèquement liées à sa nature.

Le racisme dit scientifique


Le racisme scientifique , ou racialisme ou raciologie , classifie les êtres humains d'après leurs différences morphologiques en application d'une méthode héritée de la zoologie.

Les théoriciens du racialisme comptent des personnes tels que Blumenbach ou le Arthur de Gobineau, célèbre pour son traité sur l'inégalité des races .

L'idéologie raciste


En Europe et aux États-Unis, le paradigme racial s’est étroitement articulé à partir du XIXe siècle, à l’extérieur avec la politique impérialiste et, sur le plan intérieur, avec la gestion politique des populations minoritaires.

Pour Hanna Arendt, la pensée raciale est ainsi devenue une idéologie avec l’ère de l’impérialisme débutant à la fin du XIXe siècle.

L’idéologie raciste devient alors un projet politique qui engendre et reproduit des structures de domination fondées sur des catégories essentialistes de la race .

À l’image de la diversité des positions racistes dans le monde académique, les formes de racisme et donc les usages politiques de la race.

Ont fortement varié selon les contextes nationaux et la position occupée par leurs promoteurs dans l’espace politique.

La hantise du métissage , le racisme différentialiste


En 2006, théorisant le mélange humain et le distinguant du métissage , à fortes connotations racialistes, le philosophe Vincent Cespedes utilise le concept de mixophobie mixo, mélange , phobia, peur pour rendre compte de la peur du mélange...

...fondement psychologique du repli des racistes sur leur prétendue race , opposée aux autres races avec lesquelles ils ne veulent pas se mélanger.

 Il oppose à ce concept un autre néologisme la miophilie , l'amour du mélange.

L’un des points fondamentaux d’opposition des doctrinaires racistes est la question de la mixité raciale.

La position mixophobe se caractérise par un rejet du métissage , présenté comme un facteur de dégénérescence des groupes humains.

Il existe toutefois un large spectre de positions mixophobes, depuis le rejet pur et simple de tout contact entre les races jusqu’à la promotion du métissage, sous réserve du respect des conditions de son efficacité.

La mixophobie radicale


La position mixophobe radicale est le corollaire de la construction du mythe de la pureté de la race qui affirme la supériorité des races pures sur les races dites métissées.

L’imaginaire médical de la souillure ou de la contamination du sang en constitue l’un des motifs récurrents.

Au milieu du XIXe siècle, deux des chefs de file du racisme biologique, Joseph Arthur de Gobineau ,1816-1882, et Robert Knox , 1791-1862 contribueront largement à l’introduction de cette position en France et en Grande-Bretagne.

Les promoteurs du mythe de la race aryenne , Vacher de Lapouge, Houston Chamberlain, et plus tard Adolf Hitler- qui voient dans la race germanique.

La survivance à l’état pur de la race indo-européenne se caractérisent tous par une mixophobie radicale.

Le métissage sous condition


Le rejet de la mixité peut connaître des gradations. Nombreux sont les scientifiques qui réfutent la thèse du choc des hérédités de Vacher de Lapouge selon laquelle le métissage peut être tenu pour un facteur d’infécondité

Pour les partisans du métissage, les bienfaits de celui-ci restent toutefois conditionnés au respect de certaines règles.

Comme l’affirment la majorité des raciologues, pour que le métissage soit profitable, il convient notamment que la distance entre les races ne soit pas trop grande .

Pour ces mixophobes modérés, comme les philosophes Gustave Le Bon, Ernest Renan, Théodule Ribot ou la grande majorité des polygénistes républicains, seul le métissage entre les races blanches ne présente aucun risque et devrait être préconisé.

Pour les rares mixophiles, le métissage peut répondre à deux préoccupations /

l’acclimatement ,qui figure au centre des préoccupations des colonialistes.

Les Européens sont en effet jugés inaptes à s’adapter aux climats tropicaux des colonies.

Le métissage apparaît comme le moyen d’acquérir, en s’unissant aux indigènes, les caractéristiques qui leur permettront de surmonter ce handicap physiologique.

L’amélioration des races inférieures. Le sang régénérateur de l'indoeuropéen peut pour certains raciologues, être un facteur d’amélioration de la race.

Un métis sera ainsi jugé pour le monogéniste Armand de Quatrefages comme plus évolué qu’un Nègre

Conséquences politiques de la mixophobie


La hantise du métissage ne s’accompagne pas nécessairement d’une prescription politique , dans l’Essai sur l'inégalité des races humaines, qui énonce la première philosophie de l'histoire basée sur le concept de race...

...le pessimisme romantique antimoderniste et aristocratique d'Arthur de Gobineau ne fait que ruminer la décadence de la civilisation occidentale dont l’essence aurait été altérée par la contamination du sang de la race blanche.

S’il voit dans la pénétration des idées républicaines l’une des manifestations de cette dégénérescence, il n’en tire pas de conséquences politiques , le processus en cours lui semble irréversible.

Cette position est toutefois restée extrêmement marginale et la longue liste des suiveurs de Gobineau a tiré de ses postulats des conclusions nettement plus volontaristes.

La position mixophobe conduit à la défense d’une stricte séparation des groupes humains constitués en races.

Sur le plan de la politique extérieure, les mixophobes se caractérisent souvent par des positions anti-colonialistes, conséquences de leur refus du modèle assimilationniste produit par la colonisation.

Gobineau, Robert Knox, Gustave Le Bon, ou Hitler marquent tous leur réprobation devant les aventures coloniales de leurs pays respectifs.

Le philosophe Pierre-André Taguieff considère que l’ethno-différentialisme est l’actualisation sur des bases culturalistes de cette position mixophobe.

Sur le plan de la politique intérieure, la conséquence logique de ce racisme d’exclusion est l’instauration d’un système ségrégationniste .

Lles lois de Nuremberg en Allemagne, les lois Jim Crow aux États-Unis ou l’apartheid sud-africain en sont autant de manifestations.

La défense de la pureté de la race peut aussi aboutir à un racisme purificateur ou d’extermination , c’est celui qui sera mis en œuvre par le régime nazi avec le génocide des hébreux et des Tziganes.

La mixophobie est aussi, comme pour Vacher de Lapouge ou le régime nazi, l’une des positions idéologiques compatibles avec l’eugénisme.

À l’opposé, le racisme mixophile s’incarne au XIXe siècle dans une position colonialiste et assimilationniste dont l’objectif est la réduction universelle des différences à un modèle unique , celui de l’impérialisme occidental.

Le racisme impérialiste


La suprématie de la race indo européenne et l’idéologie coloniale.

La suprématie de la race indo européenne ou caucasienne est un postulat sur lequel s’accordent très largement les scientifiques, philosophes et hommes politiques du XIXe siècle.

Combiné avec la mission civilisatrice, le suprématisme indo européen est un élément fondamental de l’idéologie coloniale.

Une fois opérée la conquête, il constitue aussi le principe justificatif des législations opérant des distinctions de droit sur une base raciale, la forme paroxystique de cet ordre juridique inégalitaire étant la ségrégation raciale.


Les idéologies coloniales des pays se réclamant d’un fonctionnement démocratique se sont trouvées confrontées au problème de leur légitimité, au regard des principes censés régir leur ordre politique et juridique.

En France tout particulièrement, elle doit surmonter sous la Troisième République le paradoxe de l’affirmation d’une volonté de conquête et d’assujettissement d’une part, et de principes émancipateurs et égalitaires d’autre part.

Le programme colonial français ne peut se réaliser que par l’affirmation d’une infériorité tenue pour évidente et incontestable des populations visées, laquelle justifie une mission civilisatrice dont le fardeau repose sur les seules épaules de la race blanche

Le darwinisme social , du laissez-faire à la lutte des races
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les rapports entre science et politique évoluent considérablement.

Les politiciens recourent non seulement à l’autorité des scientifiques, dont le prestige va croissant, pour légitimer leurs décisions.

Mais plus encore, ils sont imprégnés d’une représentation du monde qui voit dans le mécanisme de la nature la loi organisatrice de la destinée humaine.

La vogue du paradigme évolutionniste constitue la toile de fond scientifique de l’idéologie coloniale de la fin du XIXe siècle.

Le système évolutionniste d’Herbert Spencer, traditionnellement tenu pour le précurseur du darwinisme social , marque un glissement de la théorie darwinienne du monde naturel au monde social.

Postulant, avec Lamarck mais contre Darwin, l’hérédité des caractères acquis, Spencer considère que le libre jeu du marché, qui est selon lui le plus à même d’assurer efficacement la sélection des plus aptes , doit être le moteur du progrès humain

. Le libéralisme de Spencer, qui se traduit notamment par un refus des visées coloniales étatistes, ne prône pas d’interventions de l’État dans le processus civilisateur , les État y sont au contraire amenés à disparaître.

Étendu aux collectifs, nationaux ou ethniques, conçus comme des entités homogènes, le mot d’ordre évolutionniste de Spencer connaîtra cependant une large fortune dans le camp colonialiste, au travers du concept de lutte des races .

Selon cette conception, la lutte que se livreraient depuis l’origine les différents groupes humains doit conduire à la domination des races les plus aptes et à la disparition inexorable des races inférieures.

Après la conquête de l'Algérie par la France, les médecins français, constatant la baisse de la population indigène .

N’y verront que la confirmation d’une extinction prochaine et prévisible de la race arabe, qu’ils considèrent inadaptée aux nouvelles conditions de leur temps.

La lutte des races n’implique ainsi pas nécessairement un processus violent d’extermination les tenants du darwinisme social sont persuadés que les races inférieures;

Disparaîtront silencieusement de la surface du globe, sans que l’homme indo européen et civilisé ait à se souiller les mains d’un sang innocent .

Le racisme comme loisir de masse les zoos humains


Sur le continent européen lui-même, le succès énorme des zoos humains constitue pour Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire l’une des modalités de transmission du racisme scientifique à une large partie de la population.

À partir des années 1870, ces zoos exposent dans les grandes capitales européennes et américaines des échantillons des peuples colonisés dans un environnement reconstitué, aux côtés des bêtes sauvages.

Le principe en sera repris pour les Expositions universelles, les Expositions coloniales et jusqu’aux foires régionales.

Ces exhibitions humaines contribuent à fixer un rapport à l’autre fondé sur son objectivation et sa domination .

Elles s’insèrent dans le schéma évolutionniste en mettant en scène la frontière entre civilisés et sauvages et s’accompagnent du déploiement d’un racisme populaire dans la grande presse

La perfectibilité des races et la question de l'assimilation


Une fois les territoires conquis, la question de l’administration des populations colonisées fut à l’origine de nombreux débats.

Dans quelle mesure ces peuples inférieurs pouvaient être associés à la gestion de leurs territoires .

La France, initialement porteuse d'un modèle assimilationniste qui visait à l’exportation des institutions françaises sur le territoire colonial.

Se tourna progressivement vers une politique d’association pendant qu’elle appliquait à travers l’indigénat un régime d’exception aux populations conquises.

Cet ordre juridique exorbitant au droit commun trouvait sa justification dans deux principes qui peuvent être considérés comme complémentaires.

D’un côté, un principe pragmatique considérait que le maintien de l’ordre colonial nécessitait des règles et des sanctions plus sévères à l’encontre des indigènes.

Rien ne devait laisser paraître que la pression du colonisateur se desserrât un jour.

De l’autre, un principe idéologique, qui prenait racine dans une perception raciste du colonisé...

...n’entendait pas laisser droit au chapitre à des peuples qui n’était pas dignes, pas aptes ou pas murs pour exercer un pouvoir à l’égal des colonisateurs.

L’étude des races , à travers l’anthropologie ou l’ethnologie, fut largement mobilisée , elle devait permettre de déterminer avec qui le pouvoir colonial pouvait s’associer, quelles étaient les races civilisables...

...et celles qui étaient par nature rétives ou incapables d’accéder à un niveau supérieur de civilisation.

En Algérie, ce travail aboutit à la construction de l'opposition entre Arabes et Kabyles.

Considéré comme plus proche biologiquement et culturellement de la race française , le Kabyle est présenté comme un allié potentiel contre l’Arabe, présenté comme fier, nomade, insoumis et fainéant.

La notion de race qui s’élabore dans la situation d’occupation coloniale n’est cependant pas uniforme.

Des présupposés plus ou moins biologisants s’opposent dans des conceptions concurrentes de la race.

Une grande partie des anthropologues conclut ainsi à l’origine biologique de l’inégale perfectibilité des races.

Cependant, selon l’historienne Emmanuelle Saada, les représentations de la majorité des élites coloniales empruntent peu au modèle anthropologique des raciologues.

Mais se fondent sur une conception organique des rapports entre le milieu et la culture.

L’imprégnation du milieu et les habitudes multiséculaires sont considérés comme les déterminants de comportements sociaux largement réifiés et essentialisés.

Chaque race possède des caractéristiques psychologiques et des aptitudes qui lui sont propres.

Seul un travail de longue haleine, basé sur l’éducation de plusieurs générations successives, peut conduire les indigènes à s’arracher à leur civilisation originelle.

Pour embrasser les principes supérieurs qui gouvernent les races européennes .

Ces deux conceptions partagent toutefois le présupposé du différentialisme racial et se rejoignent dans leurs conclusions pratiques.

Dans tous les cas, le retard biologique ou civilisation el des races inférieures nécessite de prolonger leur mise sous tutelle.

Et le maintien d’un ordre juridique et politique différencié entre métropole et colonies et, sur le territoire colonial, entre colons et colonisés.

La mission civilisatrice imposa donc des mesures à double tranchant.

Si elle fut un frein à la mise en œuvre d’une politique radicalement ségrégationniste, elle justifia le maintien d’une tutelle présentée comme indispensable.

A l’accomplissement du dessein civilisateur que s’octroyaient les colonisateurs.

Une hiérarchie au sein de la race blanche , antisémitisme et nationalisme
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la question de la hiérarchisation au sein de la race indo européenne...

...est sur le continent européen au cœur de deux phénomènes appelés à jouer un rôle prépondérant dans les deux conflits mondiaux du XXe siècle , l’exacerbation des rivalités nationales et la montée de l’antisémitisme.

La distinction entre l’Aryen et le Sémite
La distinction opérée au sein de la race indo européenne entre Aryens et Sémites constitue l’un des vecteurs de la biologisation de l’antisémitiste.

En France, Vacher de Lapouge est parmi les premiers à prétendre donner une caution scientifique à la doctrine aryaniste, en s’appuyant sur des bases anthropométriques, et plus particulièrement craniométriques .

Si la méthode de Lapouge est rapidement discutée, la distinction entre Aryens et Sémites est d’usage courant au sein des milieux politiques ou savants européens.

Le philosophe Ernest Renan distingue ainsi les Indo-européens des Sémites , les seconds, novateurs quand ils ont introduit le monothéisme.

Doivent selon lui s’effacer devant les premiers qui sont désormais appelés à gouverner le genre humain.

Le mythe aryen nationalisé


Comme le note l’historien George L. Mosse, le racisme est à l’origine d’un système symbolique de mythes et de symboles qui, s’emparant de la question des origines, des difficultés et des triomphes de la race.

Dessine une trajectoire qui tend à se confondre avec le récit national en construction.

Le stéréotype national physique, qui s’élabore au XIXe siècle prend, en Allemagne par exemple, une apparence raciale , l’Allemand blond.

L’usage du mythe aryen, rapidement récupéré en Allemagne par le nationalisme de droite, illustre bien les effets de cette concurrence nationale.

Si pour le Français Vacher de Lapouge la race aryenne a une signification strictement zoologique, elle prend avec Houston Chamberlain un tournant nationaliste.

La race germanique devient, sous la plume de cet essayiste d’origine britannique évoluant dans les milieux wagnériens, la plus pure des branches de la race aryenne.

Outre des hébreux, la doctrine aryaniste permet aux Allemands de se distinguer des Latins, et en particulier des Français, considérés comme inférieurs car métissés.

Pour faire face à ce glissement de l’usage de l’aryanisme, défavorable à la nation française, Renan refuse, comme nombre de ses compatriotes, notamment républicains.

Le concept de race pure et défend la thèse du métissage historique des peuples européens.

Le refus de l’aryanisme se présente comme le refus du jeu de l’exacerbation des rivalités nationales.

Le sentiment anti-allemand influencera néanmoins en France les études de psychologie des peuples et de leurs caractères nationaux.

S’il place la race aryenne au sommet de la hiérarchie des races, Hippolyte Taine distingue en son sein les races germaniques des races latine et hellénique.

Les premières, inclinées vers l’ivrognerie et la grosse nourriture par la fréquentation des forêts humides et froides, s’opposent aux secondes dont l’environnement favorable a permis le développement d’une culture raffinée.

Aux États-Unis , l’anglo-saxonisme contre l’immigration
Les enjeux diffèrent considérablement outre-atlantique où la problématique raciale est essentiellement concentrée sur la distinction entre indoeuropéens et Nègres.

Toutefois, en réaction à l’immigration irlandaise des années 1840, et dans le contexte de la guerre avec le Mexique, est forgé aux États-Unis le concept d’ anglo-saxonisme .

Il connaîtra une grande fortune lorsqu’à la fin du XIXe siècle une campagne visant à restreindre l’immigration en provenance du Sud et de l’Est de l’Europe, menée notamment par Madison Grant.

Cherchera à vanter la supériorité de la race nordique sur les autres races blanches .

Racisme et politique
Racisme d’État


L’historien américain George M. Fredrickson recense trois régimes politiques ouvertement racistes au XXe siècle le Sud des États-Unis sous les lois Jim Crow, l’Afrique du Sud sous l’apartheid , 1948-1991, l’Allemagne nazie , 1933-1945.

Ces régimes présentent la caractéristique commune d’afficher une idéologie officielle explicitement raciste et d’avoir institutionnalisé dans la loi une hiérarchie présentée comme naturelle et indépassable entre le groupe dominant et le groupe dominé.

L’une des mesures les plus significatives de cet arsenal juridique ségrégationniste est la prohibition des mariages interraciaux.

Elle transcrit dans l’ordre juridique l’idéologie mixophobe de la pureté de la race .

Sur le plan économique, la restriction des opportunités du groupe ségrégué le maintient dans un état de pauvreté qui alimente le discours sur sa prétendue infériorité.

La très grande majorité des régimes colonialistes, sans organiser une ségrégation aussi stricte que les trois régimes précédents.

Ont tous imposé aux colonisés un corps de règles juridiques différenciés et une citoyenneté dégradée, tous deux justifiés par des principes racistes.

Seule parmi les nations colonisatrices, l’Allemagne, avant la prise de pouvoir du Parti nazi, avait interdit les mariages entre indo européens et non indo européens , y compris les métis sur ses territoires coloniaux.

Historique
 Le nazisme est une théorie politique raciste et biologisante qui prend les peuples pour des  races et prône l'extermination entre autres des hébreux et des tziganes.

Ne descendant prétendument pas des aryens, à l'inverse des peuples germaniques.

La mise en application de cette doctrine par le IIIe Reich allemand a provoqué la mort de millions de personne de confession judaïque

Génocide des Arméniens, population endémique du Caucase par les Turcs originaires des steppes d'Asie centrale.

Dans les années 1980, des scientifiques afrikaners imaginent le Project Coast et élaborent une substance stérilisante destinée aux Nègres.

Elle pouvait être répandue dans l'eau ou les produits de consommation courante.

En Australie, les Aborigènes ont été décimés par les maladies infectieuses, les migrations forcées, à l'instar des Amérindiens.

Certains historiens soutiennent qu'ils ont été victimes d'un génocide. Ils ont obtenu le droit de vote en 1967, bien après les autres citoyens australiens.

Interdiction d'accès à la prêtrise dans le mormonisme , 1844-1978

Les épurations ethniques modernes , Nigeria, Biafra, Kosovo, Rwanda

Guerre civile au Darfour, au Soudan.

Indépendamment de toute comparaison de la valeur de ces races, le racisme a également désigné le droit pour un groupe.

De pratiquer un eugénisme visant à se protéger contre les conséquences supposées néfastes pour les générations futures d'un métissage.

Le racisme aujourd'hui


Aujourd'hui, le terme de race reste toujours d'usage courant dans certains milieux et le racisme se manifeste toujours sur les cinq continents sous des formes plus ou moins directes.

Racisme individuel


Le racisme à l'échelle des relations individuelles se traduit par des paroles ou des actes racistes envers d'autres individus.

Le racisme individuel est apparenté à la xénophobie, la haine, le bellicisme, l'ethnisme, l'intolérance et l'idéologie de supériorité culturelle ou personnelle.

Racisme politique

En raison de la connotation très négative du mot en Occident, peu de partis politiques se revendiquent ouvertement comme racistes.

De nombreux partis d'extrême droite ont cependant été accusés de véhiculer des discours de ce type à travers des positions xénophobes.

L'apologie du racisme étant condamnée, ils peuvent promouvoir des doctrines dérivées comme l'ethno-différentialisme ou le racialisme.

Lutte contre le racisme

Réfutation du concept de race


Après des études et recherches diverses au sein de la génétique, la théorie de l'existence des races humaines a été définie par des scientifiques comme arbitraire.

Subjective et non pertinente, du fait de l'impossibilité de classifier telle ou telle personne dans une race présupposée.

Dès 1885, le chercheur Anténor Firmin publie un essai, intitulé De l'égalité des races humaines, dans lequel il réfute les affirmations de Gobineau.

La publication de la déclaration sur la race en 1950 par l'UNESCO encouragera nombre de biologistes à rappeler régulièrement l'absence de validité scientifique de la notion de races humaines .

On peut citer notamment Albert Jacquard, auteur de L'Équation du nénuphar en 1998.

La revue Science a publié en février 2008 l'étude génomique la plus complète effectuée à ce jour.

Les chercheurs ont comparé des fragment d'ADN de 650 000 nucléotides chez 938 individus appartenant à 51 ethnies.

La conclusion de ces travaux est qu'il existe sept groupes biologiques parmi les hommes les Africains subsahariens, les Européens, les habitants du Moyen-

Orient, les Asiatiques de l'Est, les Asiatiques de l'Ouest, les Océaniens et les Indiens d'Amérique. Howard Cann, chercheur de la fondation Jean-Dausset, cosignataire, précise

Tous les hommes descendent d'une même population d'Afrique noire, qui s'est scindée en sept branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs.

Leurs descendants se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques , montagnes, océans, favorisant ainsi une légère divergence génétique.

En approfondissant encore leur étude, les généticiens ont pu déterminer des sous-groupes , huit en Europe et quatre au Moyen-Orient.

Mais avec moins de certitude. Cependant, les convergences génétiques qui rassemblent les hommes au sein de chacun des sept groupes ne concernent qu'un relativement faible nombre de nucléotides.

Plus clairement, deux hommes appartenant à un même groupe peuvent être très différents en ce qui concerne les très nombreux nucléotides non pris en compte pour établir la classification.

Si différents même que deux membres d'un même groupe peuvent être plus éloignés, globalement, que deux individus appartenant à deux groupes distincts , Européens et Africains, par exemple.

En outre, la portion du génome humain relative à l'expression des caractères morphologiques, en l'occurrence le gène codant la production de la mélanine.

Ne représente qu'une infime partie de l'ensemble de ce génome , trois gènes communs aux divers vertébrés sur les 36 000 du génome.

D'autre part, selon de nombreux généticiens dont Luigi Luca Cavalli-Sforza, les descendants d'individus d'origine différente, ou même de races profondément différentes.

Semblent plus robustes et pour assurer une fertilité et une santé normales, il faut éviter les mariages entre parents proches donc favoriser le métissage.

Politiquement correct


Appliquée au racisme, cette expression désigne une volonté de faire disparaître des propos racistes ou tenus pour tels, par une censure collective ou une auto-censure, visant à long terme la disparition des termes racistes.

Cependant, le politiquement correct étant une contrainte permanente, soulevant parfois des problèmes qui apparaissent infondés aux yeux du locuteur, n'ayant pas d'impact immédiatement visible, son usage est controversé.

Mais d'autres voient d'un œil beaucoup plus sombre l'imprégnation politically correct, apparue sur les campus américains au début des années 1990, car elle répandrait la pensée raciale en tout aveuglement sous couvert de zèle antiraciste.

On peut trouver un écho de cette position chez l'écrivain canadien Marc Provencher qui, dans une short-short story à saveur orwellienne intitulée Le Régime , imagine une série de camps de rééducation destinés qui aux caféinomanes, qui aux obèses...

...mais aussi à ceux sur qui une enquête généalogique avait révélé l'appartenance à une race raciste, diligemment accueillis dans de jolis baraquements surmontés de la devise L'antiracisme, c'est la race , Ceux-là n'étaient pas sortis de sitôt.

Législation

Les pratiques racistes constituent une violation des droits de l'homme et sont réprimées par de nombreux pays , parfois sous l'appellation de hate speech, ou discours de Pour la plupart des pays occidentaux...

...la discrimination et le racisme sont beaucoup plus que des délits, punis pénalement , ils représentent également une atteinte aux valeurs qui fondent la démocratie.

Celle-ci reconnaît l'égale dignité de chaque citoyen à participer à la chose publique, à poursuivre son bonheur et son épanouissement indépendamment de sa naissance.

En France, par exemple, le législateur n'a cessé au fil du temps, et particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, de compléter le dispositif législatif...

...afin de réprimer plus efficacement toutes les formes de racisme. Dès 1881, la loi sur la liberté de la presse punit la diffamation raciste d'un emprisonnement de un mois à un an et d'une amende de 1,000 F à 1 000 000 de francs .

Il a pour cela créé ou modifié en 1990 , loi Gayssot un certain nombre d'incriminations d'une part dans le code pénal, d'autre part dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et dans la loi relative à la communication audiovisuelle.

La loi de 1881 avait déjà été modifié par la loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme qui punit entre autres l'injure raciste, la discrimination raciale effectuée par un agent dépositaire de l'autorité publique.

La loi de 1972 introduit en outre à l'art. 24 de la loi de 1881 la disposition suivante:

« Ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine...

...ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 2.000 F à 300.000 F ou de l'une de ces deux peines seulement.

La peine prévue est aujourd'hui d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement

Sondages sur la question du racisme


D'après un sondage mené sur 1 011 personnes entre le 17 et le 22 novembre 2005 par l'institut CSA, un tiers des Français se déclare raciste...

...sans toutefois préciser dans laquelle des trois acceptions de ce terme. Toujours selon la même enquête, 63 % de la population pense que certains comportements peuvent justifier des réactions racistes .

Un sondage similaire réalisé au Québec du 22 décembre 2006 au 3 janvier 2007 par l'institut Léger Marketing, prétend donner comme analyse que 59 % des Québécois sont faiblement, moyennement ou fortement racistes.

Comme le précédent, ce sondage réalisé dans le contexte d'un débat parfois tendu sur la question des accommodements raisonnables a déclenché une polémique dans la province...

...en particulier sur la même absence de définition claire au concept de racisme. 

La question posée était Vous, personnellement, à quel point vous considérez-vous raciste .

Les études scientifiques sur le racisme ne sont jamais menées de manière aussi directe, mais par l'utilisation de différentes questions servant à définir des indicateurs de racisme.

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